Mercredi, 2 Mai 2012

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NEW YORK 7 novembre - Texte de la conférence publique de Ousmane Tanor Dieng

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conf_ny_071109_smallMes chers compatriotes,     
Chers camarades,     
Chers invités,      
Je voudrais avant tout adresser mes vifs remerciements à nos camarades du Parti socialiste et de Bennoo Siggil Senegaal des Etats Unis d’Amérique pour m’avoir invité à animer cette conférence publique.       

En y répondant avec un plaisir renouvelé, je voudrais saluer et magnifier votre combat patriotique dans la défense acharnée de notre Nation et des valeurs qui fondent notre commun vouloir de vivre ensemble.

 

En me retrouvant, à nouveau, ici à New York, me vient à l’esprit la rencontre que nous avons eue, il y a un peu plus d’une année ; une rencontre au cours de laquelle j’avais partagé avec vous mes inquiétudes sur les dérives fâcheuses du régime d’Abdoulaye Wade qui avaient conduit notre pays dans une impasse historique.       

Aujourd’hui, vous mesurez certainement la gravité de la séquence que nous vivons, à un moment crucial où se joue le destin de notre pays et à un moment où les lignes de fracture ont dégénéré pour devenir des voies sans issue, obstruées par une gouvernance toxique qui mène notre pays vers le chaos. Jamais dans notre histoire commune, nous n’avons été confrontés à une telle violence avec des rêves brisés, des espoirs trahis, des vies volées, des destins confisqués ; tout se passe comme si le peuple sénégalais était condamné à une fatalité qui lui coupe les ailes et rend illusoire toute aspiration à une vie décente.       

Car en presque dix ans, Abdoulaye Wade et son régime ont détruit tout ce qu’ensemble, nous avons construit, avec patience et intelligence.      

Les institutions de la République sont toutes dévoyées depuis qu’elles reposent sur un système monocentriste fondé sur une hégémonie présidentielle qui écrase tous les autres pouvoirs et depuis qu’elles sont destinées à servir d’instruments politiques à l’agenda personnel d’Abdoulaye Wade.      

Nos libertés et notre sécurité sont menacées par une violence d’Etat suscitée, alimentée et encouragée par ceux qui ont justement la charge de les protéger et de garantir leur existence et leur exercice.      

La Constitution et les normes démocratiques font l’objet, par un abus systématique de majorité, de tripatouillages indécents et de manipulations politiciennes qui jettent un discrédit définitif sur notre démocratie.      

Les finances publiques sont fortement éprouvées par une mal gouvernance endémique qui organise les circuits de détournements et de ponctions de deniers publics ainsi que la spoliation du patrimoine public national.      

Notre économie s’est effondrée tandis que les secteurs de production sont tous, sans exception à l’arrêt entraînant un recul dans la création de richesses et corrélativement une aggravation de la pauvreté. Le libéralisme patrimonialo-affairiste d’Abdoulaye Wade a définitivement tourné le dos à l’efficacité économique, en poussant les entreprises et les opérateurs économiques à la faillite et en excluant la plupart d’entre eux de l’attribution de la commande publique.       

Les conditions de vie des populations se dégradent de jour en jour ainsi qu’en témoignent la paupérisation du monde rural par les effets des multiples campagnes agricoles ratées et la perte du pouvoir d’achat fortement érodé par la hausse vertigineuse des prix des denrées et produits de première nécessité.       

Notre peuple, jadis respecté à l’étranger, fait l’objet des plus viles moqueries.      

Mais le plus inquiétant, c’est, sans aucun doute, cette inversion des valeurs et cette perversion du référentiel éthique qui consacrent une hégémonie des contrevaleurs et donnent du Sénégal l’image honteuse d’un pays miné par des pratiques immorales.     

Oui, chers compatriotes, nos valeurs ont volé en éclats, emportées par une subversion institutionnalisée et par le culte de l’argent corrupteur, considéré par le régime d’Abdoulaye Wade comme étant la mesure de toute chose. La vérité est que si notre pays en est arrivé à ce niveau de recul, c’est principalement à cause d’un mode de gouvernance qui n’obéit à aucune éthique et ne se donne aucune limite morale.      

Il n’y a pas, à cet égard, meilleur indicateur que cette sordide affaire « Alex Segura/Abdoulaye Wade » qui met, tristement, au devant de la scène le Président de la République en personne. Et il a fallu, après une période de dénégations, d’intimidations et de silences, le soumettre à l’interrogatoire du FMI pour qu’il passe enfin à des aveux circonstanciés, admettant, toute honte bue, avoir tenté de soudoyer l’ancien représentant résident du FMI à Dakar. Pour toute explication, Abdoulaye Wade convoque une pseudo-tradition de convivialité qui justifierait que l’on couvre d’or un homme déjà à l’abri du besoin, au moment où la grande majorité de nos compatriotes sont ballotés entre la misère et la faim.       

Il pousse l’indécence en ajoutant qu’il s’agit là d’une pratique courante. Bien entendu, ces propos sont faux ; dans la tradition républicaine sénégalaise, ce sont des tapisseries de Thiès, des baobabs en bronze et des tableaux d’art qui sont offerts à nos hôtes. Qu’il sache que si la légendaire Téranga sénégalaise est bonne fille, et peut avoir, au besoin, bon dos, il lui manquera toujours pour servir à grimer le crime le plus abject sous le masque de l’innocent présent de bienséance.      

Le système de défense utilisé par Abdoulaye Wade pour se dédouaner, aurait été risible si hélas cette affaire ne portait pas sur des faits graves de corruption qui impliquent la plus haute autorité de l’Etat. De mensongère, la défense d’Abdoulaye Wade devient pitoyable lorsque, pour se dédouaner, il en vient à se défausser un loyal collaborateur, de surcroit officier supérieur de notre valeureuse armée, respectée partout dans le monde, et pour qui la dignité et l’honneur ont encore un sens.       

Décidément, la fonction présidentielle frise aujourd’hui le vaudeville ! Toujours prompt à se dépêtrer d’un mauvais pas en se défaussant sur les enfants d’autrui alors qu’il couve chaudement les siens, Abdoulaye Wade, pose, avec cette affaire, un nouvel acte de parjure et de haute trahison qui pourrait le conduire, aujourd’hui ou demain, devant la Haute Cour de Justice. D’ailleurs, dans un système démocratique qui se respecte, l’Assemblée Nationale et le pouvoir judiciaire devraient être déjà à l’œuvre pour l’y attraire.       

Mes chers compatriotes, chers invités,      Je suis revenu sur l’affaire « Alex Segura/Abdoulaye Wade » pour mettre en exergue la face hideuse de ce système mafieux dont le parrain, qui confond immunité et impunité, sombre dans une délinquance institutionnalisée qui sert ses desseins funestes.      

Rappelez-vous ! Il n’y a guère longtemps, c’était encore Abdoulaye Wade qui se retrouvait au centre du scandale qui porte sur la cession du domaine foncier de l’Aéroport Léopold Sédar Senghor à un privé ; une cession organisée sous le couvert de l’Etat mais qui, en définitive, s’est révélée être une opération de spoliation adossée à une collision négative entre l’Etat et son premier responsable. Ce qui apparaît dans cette affaire, c’est le bradage du patrimoine foncier national, par le procédé courant du fait accompli, à partir d’un montage financier fumeux qui, non seulement, a engendré un préjudice financier de plusieurs dizaines de milliards pour l’Etat, mais a été réalisé suivant un schéma délictuel pour écarter les services financiers de l’Etat et détourner des fonds publics dans des comptes personnels.       

Rappelez-vous encore ! Il n’y a guère longtemps, c’était Abdoulaye Wade, encore lui, qui se retrouvait au cœur d’un conflit d’intérêt en annonçant la confiscation éhontée des droits de l’Etat du Sénégal sur le « Monument de la Renaissance Africaine ». Pour justifier ce holdup up, il n’a rien trouvé de mieux que de prétendre détenir la propriété intellectuelle sur l’œuvre en oubliant de dire que jamais les créateurs n’ont eu l’occasion de faire valoir leur talent et de proposer leurs œuvres à travers une procédure transparente de concours de création artistique.       

Cette affaire a abouti à une situation inédite, voire incongrue : le Sénégal est le seul Etat au monde où le Président de la République en exercice est en relation d’affaires avec son pays. Décidément, on aura tout vu dans notre pays depuis qu’Abdoulaye Wade s’est installé au pouvoir.       

Puisque la République peut s’accommoder des basses œuvres de son premier responsable et puisque le régime d’Abdoulaye Wade assure une impunité automatique à tous ses proches, il ne faut s’étonner, outre mesure, que ces pratiques infamantes soient devenues monnaie courante.       

Ce qui est en cause, c’est la mal gouvernance endémique et son cortège de détournements d’objectif et de procédure, de dépassements budgétaires et de surfacturations patentes dont le déni de gestion accablant de l’ANOCI constitue l’illustration la plus frappante.      

De qui se moque-t-on lorsqu’on cherche à nous faire croire que dans le cadre des chantiers d’infrastructures de l’ANOCI, le kilomètre de route a coûté aux contribuables 5,5 Milliards de FCFA, soit 92 Milliards pour des travaux d’élargissement, d’aménagement et d’embellissement de 14 km d’un linéaire préexistant et des travaux de construction de 4,3 km de nouvelles routes.       

Quid des marchés éclatés pour un montant global de 40 Milliards, imputés sur le budget de différents ministères, de la Présidence de la République, de certaines sociétés nationales et même de la Mairie de la Ville de Dakar, pour financer des travaux, des fournitures et des prestations ?      

Que dire encore des dépenses extravagantes telles les 8 milliards pour l’affrètement à fonds perdus d’un paquebot-hôtel, les 1,4 milliards pour la plantation de cocotiers et de palmiers le long de la Corniche ouest, les 750 millions pour l’aménagement et l’équipement du bureau du Président du Conseil de surveillance, les 400 millions pour l’installation de tentes, les 400 millions pour l’habillement des hôtesses et autres personnels d’appui, la réquisition aveugle de chambres d’hôtels inoccupées, la location, en pure perte, de parcs automobiles curieusement immobiles, l’achat de limousines pour un montant de 4 milliards, les 450 millions pour la communication dans le Golfe, les 20 téléphones portables à 549.000 pièce, les 8 millions pour l’achat d’une lampe, les 9 millions pour un appareil photo, etc.         

Que dire encore des détails des frais de fonctionnement de l’ANOCI fixés  à 18 Milliards en 4 ans, soit 4, 5 Milliards par an dont 1 Milliard d’émoluments versés à un cabinet comptable au moment où l’agence s’est équipée pour une valeur de 259 millions en logiciel de gestion comptable et financière.       

Toutes les forces patriotiques doivent se mobiliser et engager des initiatives énergiques pour exiger la vérité et la justice sur toutes les affaires récentes ainsi que sur toutes celles qui les ont précédées.       

Aussi longtemps que les dirigeants de l’ANOCI refuseront de faire la lumière sur leur gestion, nous devons maintenir l’exigence d’une reddition détaillée des comptes et d’un audit indépendant de l’ANOCI.      

Aussi longtemps que l’Assemblée Nationale et la justice se déroberont à leurs responsabilités dans « l’affaire Alex Segura/Abdoulaye Wade », nous devons continuer à demander la traduction d’Abdoulaye Wade devant la Haute Cour de Justice et exiger du FMI une réaction conséquente contre la tentative de corruption de son agent.      

Aussi longtemps que l’ARMP refusera de déclarer nuls et de nul effet, la cession des terrains de l’Aéroport Léopold Sédar Senghor, le marché  de construction du « Monument de la Renaissance Africaine » et l’appropriation illégale par Abdoulaye Wade des droits sur l’œuvre, nous devons rappeler à toutes les personnes, physiques ou morales, associées à ces affaires que leurs agissements ne sauraient passer par pertes et profits et que demain les nécessaires recouvrements des biens de la Nation seront conduits, sans état d’âme.          

Dans le même temps, nous devons mettre en œuvre un plan d’actions d’occupation du terrain politique, de mobilisation populaire, de l’initiative politique et de lutte. Dans cet ordre d’idées, nous devons transformer les Comités électoraux de Bennoo Siggil Senegaal en Comités locaux et les engager dans la préparation, l’organisation et la coordination des initiatives populaires de lutte. Nous devons également travailler à la jonction avec les luttes du mouvement social et avec l’initiative historique des parties prenantes des Assises Nationales pour l’application des conclusions des Assises Nationales.       

Mes chers compatriotes, chers invités,      

Le régime d’Abdoulaye Wade a installé, dans notre pays, une économie de tripot. L’impéritie des premiers moments de l’alternance a fait ventre à l’amoralisme et au brigandage où tels des malfrats, les membres du clan dépouillent et spolient le peuple de ses deniers et de ses biens.       

La gouvernance toxique du pouvoir actuel, que l’on nous inflige jusqu’à la nausée depuis presque une décennie, ne peut que s’accommoder du mensonge et de la manipulation des consciences. C’est sa nature parce que le pouvoir incarné par Abdoulaye Wade est consubstantiellement amoral.      

Il est donc urgent d’abréger son cours dans l’histoire de notre pays et de son brave peuple dont les vraies caractéristiques ont pour nom : honneur et dignité.      

Cette tâche est loin d’être ardue.      

Car nous savons tous que ce régime n’a plus aucune force sociale, aucune base politique.         

Nous savons tous que le compte à rebours a commencé pour Abdoulaye Wade dont la déclaration de candidature à l’élection présidentielle de 2012 sonne comme le chant du cygne.       

Nous savons tous qu’il a annoncé sa candidature pour faire diversion et nous obliger à nous détourner des urgences actuelles.      

Voilà, pourquoi même si la question de la prochaine élection présidentielle doit être inscrite dans l’agenda de l’opposition, elle ne doit pas occulter les vrais défis auxquels nous devons faire face actuellement. En effet, face à l’impérieuse nécessité de mettre un terme aux souffrances de notre peuple, nous devons travailler à l’unité, avec intelligence et générosité, seules armes qui vaillent pour vaincre et avancer vers le progrès social.       

De mon point de vue, le 22 mars 2009 a incontestablement ouvert un chemin d’espoir, porté par une dynamique politique et citoyenne qui démontre la volonté du peuple sénégalais d’en finir avec le système Abdoulaye Wade et de voir émerger une nouvelle gouvernance du pays au service des besoins des populations. Le principal enseignement de ce scrutin, c’est que l’unité des forces vives a été déterminante dans la victoire de Bennoo Siggil Senegaal et sa consolidation est, entre autres, la condition du soutien populaire à l’opposition, à son combat et à ses initiatives pour l’avenir.       

L’impératif auquel Bennoo Siggil Senegaal est tenu sous peine de décevoir les Sénégalais consiste à renforcer et à consolider son unité pour impulser un nouvel élan au combat pour la démocratie et le progrès économique et social.        

Pour ma part, je demeure convaincu que pour mettre fin à la gouvernance nocive du régime actuel, nous devons travailler au plus grand rassemblement jamais réalisé dans l’histoire politique du Sénégal. Bennoo constitue un jalon important vers cette sainte alliance.       

Mais il me semble tout aussi important d’aller plus loin et au-delà des composantes actuelles de Bennoo. Ensemble et par le pragmatisme le plus avisé, nous devons bouger les lignes et dépasser les démarcations traditionnelles. Je veux dire, qu’en ces temps de montée des périls, notre indispensable unité d’action doit être désormais bâtie sur de nouvelles lignes convergentes. Partis politiques, syndicats, mouvements de la société civile, nous devons tous nous retrouver dans une unité d’action autour de nouvelles offres sociales. Pour ce faire, nous devons impérativement nous ouvrir aux forces politiques et sociales, aux intellectuels, aux masses rurales et ouvrières, aux travailleurs des secteurs non structurés, aux étudiants et élèves, et à toute la majorité silencieuse des Sénégalais, afin que, tous ensemble, nous mettions un terme à l’expérience libérale qui a fini de gangrener notre pays.      C’est pourquoi, une nouvelle fois, je voudrais tendre la main à tous ceux qui ont la ferme volonté de mettre fin aux souffrances du peuple et de reconstruire notre pays sur de nouvelles bases fondées sur le respect, la dignité et l’intégrité, et les inviter à renforcer le camp de l’opposition démocratique.      

L’appel, que je lance ici, concerne toutes les Sénégalaises et tous les Sénégalais. Je voudrais, d’ailleurs, saisir l’occasion de cette tribune, devant nos compatriotes des Etats-Unis d’Amérique, pour lancer un appel solennel à tous les Sénégalais, femmes et hommes, établis à  l’étranger et les inviter à rejoindre notre combat.        

Je sais que les difficultés que traverse notre pays, vous les vivez par procuration à travers vos familles restées au pays, des familles auxquelles vous subvenez aux besoins pour leur permettre de prétendre à une vie décente.       

Je sais également que vous le faites au prix de moult sacrifices car dans votre pays d’accueil la crise financière et économique a considérablement affecté vos revenus.       

Je sais enfin que les Sénégalais qui vivent ici aux Etats-Unis, ceux qui sont établis en Europe, en Asie et sur le continent africain vivent avec la honte, une honte infligée par la conduite indigne de nos gouvernants.      

Mes chers compatriotes, chers invités,      

Si l’unité est un défi, et Bennoo le cadre par lequel nous le relèverons, le deuxième impératif auquel nous devons satisfaire porte sur le projet politique alternatif.       

Ma conviction est que pour relever le défi de l’unité, il faut s’adosser sur un projet politique qui, dans son essence, doit marquer une véritable rupture. Cette rupture que nous tirons des leçons de l’ère Wade, est un défi de gouvernance, celui de notre capacité à fonder l’action publique sur des valeurs et des principes partagés, reconnus et acceptés par tous comme étant le socle inaltérable à partir duquel nous bâtissons l’élan collectif pour une prospérité partagée.      

Oui chers compatriotes, c’est le projet alternatif qui prime parce qu’il fixe le cap, définit la vision et les valeurs que nous partageons.         

C’est le projet alternatif qui prime parce qu’il définit les critères d’un leadership, pluriel et non messianique, transcendant les équations personnelles et les considérations subjectives, nécessaire à sa mise en œuvre.       

C’est le projet alternatif qui prime parce que nous ne sommes plus à l’ère de la démocratie formelle fondée sur un « kit » de règles, de procédures et d’institutions dont nous voyons bien qu’elles peuvent être perverties par l’exercice immodéré du pouvoir par un homme.       

Nous devons élaborer le projet alternatif afin de convaincre définitivement les Sénégalaises et les Sénégalais que Bennoo n’est pas une coalition conjoncturelle, qu’elle n’est pas seulement une coalition électorale mais que Bennoo est bien une coalition de gouvernement et que ses composantes sont prêtes à diriger ensemble le pays en mettant en place des institutions fondées sur l’éthique et en assurant la pérennité du fonctionnement de la République et de la démocratie dans tous les domaines de la vie politique, économique et sociale.       

Sous ce rapport, notre défi n’est plus tant de batailler sur l’ordonnancement exclusivement techniciste du pouvoir que d’ériger et de rendre efficaces des gardes fous contre la tentation d’un pouvoir fou.       

Je reste convaincu que si l’histoire de notre vie politique doit nous servir de leçon pour l’avenir, on n’aura aucune peine à s’apercevoir que l’usage du pouvoir dépend fondamentalement des contre-pouvoirs qui ont pour vocation de le limiter et de lui faire reprendre la course dans une direction rectifiée lorsqu’il s’égare dans les chemins tortueux de l’instrumentalisation au service de fins étrangères à celles pour lesquelles le peuple l’a délégué.        

Notre défi n’est plus tant de batailler sur l’ordonnancement exclusivement techniciste du pouvoir que de répondre à une exigence éthique, car l’inversion des valeurs et la promotion des contrevaleurs ont entamé le lien social, et les valeurs de solidarité et de justice qui le sous-tendent, au profit d’intérêts égoïstes; c’est ce lien que nous devons rétablir si nous voulons préserver notre Nation et ce minimum collectivement défini comme intouchable dont l’altération sera vécue par chaque Sénégalais comme une agression contre sa propre personne.       

Mes chers compatriotes, chers invités,     Le changement est en route, amorcé par les Assises Nationales. En effet, si Bennoo est le cadre par lequel nous porterons la volonté de changement, les Conclusions des Assises Nationales et la Charte de la gouvernance démocratique en fixent le cap et définissent la vision et les valeurs que nous partageons.       

Je n’en doute pas, les Conclusions des Assises Nationales et la Charte de la gouvernance démocratique tracent les sillons d’un espoir collectif par lequel notre pays sortira de cette impasse. Il faut vous en persuader et en convaincre tous les sceptiques afin que tous ensemble nous soyons pénétrés par la force invincible de l’espérance. Car lorsque, de nouveau, le peuple sénégalais commencera à vivre avec espoir, il n’aura aucune peine à trouver l’énergie salvatrice qui permettra à notre pays de se réconcilier avec lui-même et de voir l’horizon d’un monde nouveau s’ouvrir pour tous ses citoyens, femmes et hommes, jeunes et moins jeunes. 

Je vous remercie de votre attention./-

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