Bennoo Siggil Senegaal et la société civile seront désormais réunies autour du Mouvement du 23 juin. Après le succès de la manifestation du jeudi dernier, ces structures ont décidé d’accentuer le combat afin de pousser Wade vers la porte de sortie. Wade a du pain sur la planche et pour cause ! Après la réussite de la manifestation de ce jeudi 23 juin qui a entraîné le retrait du projet de loi sur la Vice-présidence, la société civile et les forces vives de la Coalition Bennoo Siggil Senegaal s’organisent pour anticiper le départ du chef de l’Etat. Hier, à l’issue de leur réunion au domicile de Amath Dansokho, il a été décidé que les deux parties se réuniront désormais autour du Mouvement du 23 juin. Cependant, leur porte-parole Abdoulaye Bathily précise que le mouvement compte s’élargir à d’autres segments de la société qui voudraient l’intégrer. «Nous nous sommes réjoui du succès éclatant de la manifestation de ce jeudi. Wade a retiré son projet de loi et c’était cela notre objectif. Ce qui reste maintenant, c’est le départ de Wade lui-même. Nous allons parfaire notre organisation», assure Pr Bathily. Il a, en outre, décliné les perspectives du Mouvement du 23 juin, qui tournent autour de la poursuite de leur lutte «jusqu’à ce que Abdoulaye Wade quitte le pouvoir».
Toutefois, dans l’immédiat, les objectifs du Mouvement du 23 juin se résument ainsi, d’après Abdoulaye Bathily : «Wade doit déclarer solennellement qu’il ne sera pas candidat pour 2012, car politiquement et moralement, sa candidature est inacceptable.» Autres objectifs à court terme : «Nous n’acceptons plus qu’un ministre de l’Intérieur partisan s’occupe du processus électoral et nous dénonçons au passage, l’apathie de la Cena.»
Le Mouvement du 23 juin déclare aussi «au Conseil constitutionnel de considérer que d’ores et déjà», il n’acceptera pas la candidature de Wade. «Nous rejetons le ministre de l’Intérieur. Ensuite, nous n’acceptons plus que les gens fassent l’amalgame entre la famille et les affaires de l’Etat», a fait savoir le leader de la Ld. Qui avertit que le Mouvement du 23 juin «n’acceptera plus que Karim Wade continue de gérer les affaires de l’Etat, comme il le fait avec son ministère tentaculaire qui a contracté de nombreuses dettes au nom du Sénégal».
Le Mouvement du 23 juin a mis en place une commission «pour empêcher le pillage du patrimoine public par les Libéraux avant leur départ». Ils ont, par la suite, alerté les medias d’Etat, tels que la Rts et le journal Le Soleil de cesser d’être au service exclusif du Pds, et leur ont demandé «solennellement» de se mettre au service du public et de tous les segments de la société. Il a exhorté Wade à «revenir sur tous les décrets, ainsi que les délégations spéciales» qu’il considère comme des «mesures à non effet».
Aussi, les alliés de Abdoulaye Bathily ont-ils demandé «à toutes les organisations du pays de leur faire un bilan complet de la manifestation du jeudi 23 juin». «Il y a eu plus d’une centaine de blessés et nous avons demandé à nos militants de nous faire le point. Pour ce qui est des morts, nous n’en avons pas encore la confirmation et c’est pour cela que nous lançons un appel aux populations de nous signaler s’il y en a eu», a fait savoir Abdoulaye Bathily. Avant de rassurer que «tous ceux qui ont été arrêtés à cause de la manifestation, que ça soit au Sénégal ou à l’extérieur ont tous été relâchés». Puis d’annoncer «qu’un groupe a été mis en place au siège de la Raddho afin que les blessés et ceux qui ont été arrêtés se signalent».
Avant de se quitter, le Mouvement du 23 juin promet de revenir sur les détails, mardi prochain, à 16h, lors d’une conférence de presse.
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