J’ai écouté ce dimanche 25 ma sœur Aminata Mbengue Ndiaye, invitée de l’émission sus visée en titre. Je lui tire mon chapeau. Elle a été égale à elle-même : pugnace sans être agressive, les idées claires, beaucoup de conviction. Bravo !
Et commençons par une mise au point. Ce qui s’est passé en Mars 2000 n’était pas une alternance, mais un changement. Le manque de vigilance de la presse et de la classe politique nous a fait accepter cette appellation usurpée.
La véritable alternance, c’est ce qui va arriver en février ou mars 2012. C’est-à-dire, quand toute la gauche viendra au pouvoir. Dans le Larousse, alternance veut dire : succession régulière. En politique c’est le fait, pour 2 ou plusieurs partis de pouvoir se succéder au pouvoir.
Ma réaction d’aujourd’hui a été provoquée par la question posée par l’animateur au sujet du retour du PS aux affaires après quarante années. Il semble dire qu’une partie des sénégalais y est opposée. Allons donc ! Soyons sérieux ! Il est temps que nous sortions de nos langes de bébés en démocratie.
La camarade Aminata peut effectivement employer sans complexe le terme revenir pour tous ceux de ses compagnons qui étaient là, qui se battent depuis 10 ans contre le régime inique et prédateur de Wade, qui ont accepté de faire leur autocritique et qui se sont engagés avec toutes les forces vives de la nation dans l’aventure exaltante des Assises nationales.
Pourquoi veut-on nous faire croire que quand les américains en auront marre des démocrates, ils ne pourront pas ramener les républicains qui étaient là avant ? Que quand les français en auront marre de la droite, ils devront ramener autre chose que la gauche ou le centre ?
Mais bien sûr Monsieur l’animateur, que c’est la gauche sénégalaise composée de toutes les sensibilités socialistes qui va « revenir » aux affaires en 2012 ! Elle a eu le temps de se bonifier. Toutes les démocraties majeures ont fini par réduire leurs familles politiques en deux grands groupes qui alternent au pouvoir. Le plus grand avantage de cette situation est que jamais les novices (thiounés) ne vont arriver au pouvoir comme ce fut le cas malheureusement en 2000 avec le PDS. C’était d’ailleurs le sens de la résolution générale du 6ème congrès ordinaire de la Ligue démocratique, tenue en décembre 2008 et qui appelait la création d’un grand parti de rassemblement adossé aux valeurs de démocratie, de justice sociale et de progrès. Quand donc la droite sénégalaise sera renvoyée en 2012, elle aura elle aussi le temps de se refaire dans l’opposition. Son séjour hors du pouvoir durera tout le temps que les sénégalais seront satisfaits du travail et des résultats de la Gauche. Jusqu’au jour où l’arrogance, la boulimie ou la routine fera que le peuple décidera de ramener à nouveau la droite, prête à travailler mieux.
Toutefois, nous osons prédire qu’avec la jonction entre les valeurs de gauche et les valeurs religieuses qui s’opèrent sous nos yeux, il y a de fortes chances que la gauche reste longtemps au pouvoir. Comme ce fut le cas dans les pays scandinaves où leur présence aux affaires durant soixante années d’affilée a produit les résultats que l’on connait. Voilà une des étincelles que j’ai entrevue en écoutant Serigne Mansour Sy Djamil lors de son intervention au congrès du Mouvement Bess du Nakk.
PS : Le président Senghor nous avait prédit qu’en nous en tenant aux quatre courants qu’il nous laissait, le Sénégal connaitrait l’alternance vers l’an 2000. Nous avons perdu 12 ans.
Par Amadou Moustapha L0 Conseiller rural à Mbane

