Samedi, 19 Mai 2012

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Le PS dans la vie politique du Sénégal de 1945 à 2008

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Le PS dans la vie politique du Sénégal de 1945 à 2008
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1- La vie politique avant et après la 2ème guerre mondiale

L’année 1945 fermera la longue parenthèse qui a vu la suspension des activités politiques au sein de la métropole française et sur toute l’étendue de ses colonies, ce vaste territoire qu’il était convenu d’appeler « la France d’Outre – Mer ».

En effet, durant la 2ème guerre mondiale, la France avait canalisé toutes ses forces dans la mobilisation pour contenir l’occupation allemande et organiser la résistance pour sa libération. Dans cette entreprise, elle avait sollicité et engagé les peuples colonisés.

Les dernières années qui précédèrent la 2ème guerre mondiale ont vu les socialistes de la Section Française de l’Internationale Ouvrière (S.F.I.O) dominer l’espace politique français. S.F.I.O est le nom du Parti Socialiste Français de 1905 à 1971. 

Les séquelles de la crise des années 1930, la montée d’Adolphe HITLER, susciteront de profondes inquiétudes.

Les partis de gauche y trouveront les raisons de se rapprocher, au point d’amener Maurice THOREZ, Secrétaire Général du Parti Communiste, à proposer en octobre 1934, la constitution d’un « Front populaire de la liberté, du travail et de la paix ».

La force du mouvement unitaire de la gauche se traduira par la victoire aux élections de mai 1936.

Ce succès permit au Front Populaire de former un gouvernement sous la direction de Léon BLUM, leader de la S.F.I.O.

Des réformes de structure telles que les nationalisations (exemple : Banque de France et chemin de fer en 1937) et d’autres encore très importantes à caractère social avec «les accords de Matignon » (juin 1936) porteront l’empreinte du passage des socialistes au pouvoir pour une très courte période, avant que les difficultés financières et l’opposition des conservateurs et des communistes ne viennent fragiliser le Front Populaire à la veille de la 2ème guerre mondiale.

Il est important de signaler que la S.F.I.O comptait déjà dans ses rangs un intellectuel africain, avocat de son état, Maître Lamine GUEYE.

Ce dernier remportera, sous la bannière de son parti, les élections locales de 1945 contre le maire sortant de Dakar Alfred GOUX.

Lamine GUEYE, premier maire socialiste, en visionnaire, offrira aussitôt après son investiture, des bourses aux jeunes africains pour effectuer leurs études en France, et préparer ainsi la relève. Cet esprit d’anticipation et cette démarche prospective ont été judicieuses, et n’ont pas manqué de porter leurs fruits avec le retour au bercail de la nouvelle élite intellectuelle et politique, dont la contribution à la fois remarquable et décisive à la marche vers l’indépendance et l’édification des bases d’un état sénégalais moderne et incontestable.

C’est le même Lamine GUEYE, premier maire africain qui accueillit Léopold Sédar SENGHOR au sein de la S.F.I.O.

D’ailleurs, les deux leaders politiques seront élus députés à la Constituante française (l’Assemblée Nationale Française) le 21 octobre 1945 sur la liste de la S.F.I.O Sénégal qui était liée organiquement à la S.F.I.O de France.

Les députés africains issus des territoires coloniaux étaient au nombre de 11 sur les 600 que comptait la Constituante.

La répartition était ainsi faite :

  • SENEGAL

- Lamine GUEYE 1er collège

- Léopold Sédar SENGHOR 2ème collège

  • GUINEE

- Yacine DIALLO

  • SOUDAN – NIGER

- Fily Dabo CISSOKHO

  • COTE D’IVOIRE – HAUTE VOLTA

- Houphouët BOIGNY

  • DAHOMEY – TOGO

- Sourou Migna APITHY

  • CAMEROUN

- Douala Manga BELL

  • CONGO – GABON

- Gabriel D’ARBOUSSIER 1er collège

- Jean Félix TCHIACAYA 2ème collège

  • MADAGASCAR

    - Reseta

    - Ravoa-Hangu

Siégeant pour le compte du 1er collège, celui des citoyens des 4 communes de DAKAR, GOREE, RUFISQUE et SAINT-LOUIS, Maître Lamine GUEYE défendait la politique de l’assimilation pour que les Africains soient tous citoyens français et qu’ils aient les mêmes droits et devoirs que les français.

SENGHOR quant à lui, représentait pour le 2ème collège, « les indigènes » ou sujets français de la colonie du SENEGAL, soit l’écrasante majorité de la population.

Le double collège (« Collège des citoyens et Collèges des non-citoyens »), favorisait doublement les citoyens moins nombreux, donc plus facilement accessibles (en grande partie localisés dans les villes) et qui avaient la possibilité de se présenter à l’un ou l’autre collège. Beaucoup d’européens ont pu ainsi se faire élire, ici ou là. Le double collège a été supprimé au Sénégal dés l’élection de la troisième Assemblée Nationale Française de l’après-deuxième guerre mondiale, le 10 novembre 1946, qui marquera l’avènement de la IV République.

Il faut toutefois relever que la loi Lamine GUEYE du 07 mai 1946 accordait déjà la citoyenneté française à tous les africains pour ne pas dire d’Outre-mer. Cette loi préparera en même temps l’avènement du collège unique.

Sur le terrain politique au SENEGAL, on remarquera qu’au fil du temps, la cohésion du duo Lamine GUEYE – SENGHOR sera très tôt soumis à rude épreuve par des divergences et des contradictions qui saperont l’unité du parti.

Il y’a d’abord qu’au plan stratégique, les deux hommes politiques ne s’entendent pas dans la définition des orientations politiques et idéologiques, et même dans la conception du parti. Ainsi pour se démarquer et pour mieux exprimer ses idées et ses positions, SENGHOR crée le 11 février 1948 un journal dénommé « Condition Humaine ».

Incarnant la représentation du 2ème collège, celui du monde rural et des masses paysannes, SENGHOR écarte la mainmise des élites instruites urbaines et opte pour un ancrage plus traditionnel, plus paysan, plus populaire.

A contrario, Lamine GUEYE avait orienté la SFIO-Sénégal vers les centres urbains et les milieux proches de la bourgeoisie naissante des fonctionnaires, cadres, employés du privé, etc.…

On pourrait bien caricaturer en disant qu’il y’avait un face à face entre SENGHOR le Paysan et Lamine GUEYE le Citadin.

Il y’a ensuite, au-delà de la caricature simpliste, que tout chez les deux leaders politiques, par leur personnalité et leur tempérament, leurs origines et leur appartenance religieuse, leur profil intellectuel et leur background idéologique, semblaient prédestinés à emprunter des voies différentes dans l’espace politique sénégalais. Mieux des conflits crypto personnels persistants les opposaient au sein du parti (voir la lettre de SENGHOR adressée à Guy MOLLET).

Enfin, il y a eu que la volonté ardente de SENGHOR de rompre le traditionnel lien organique entre la S.F.I.O - Sénégal et la S.F.I.O – France rencontre les réticences de Lamine GUEYE.

Ne pouvant plus rester dans le parti, SENGHOR dut se résoudre à adresser une lettre de démission à Guy MOLLET, Secrétaire Général de la S.F.I.O le 27 septembre 1948. il adressera une autre lettre, dans ce sens, à Amadou Babacar SARR CHOPARD, Secrétaire Général de la Fédération Sénégalaise de la S.F.I.O, avant d’adhérer au groupe des Indépendants d’Outre-Mer qui venait de se constituer à l’Assemblée Nationale Française.

La rupture était inévitable. Un mois après, le 27 octobre 1948, SENGHOR crée le Bloc Démocratique Sénégalais (B.D.S) qui tient deux congrès successifs les l5, 16 et 17 avril 1949 à Thiès et les 24,25 et 26 mai 1951 à Kaolack.

Au cours de ces congrès, le BDS s’emploie à trouver une voie originale caractérisée par l’affirmation d’une réelle autonomie vis-à-vis de tout parti politique français (il s’agit de la « désaffiliation » ou du «désapparentement », la recherche d’une voie africaine du socialisme, une relecture critique des fondamentaux du marxisme – léninisme à l’aune des réalités négro-africaines, dans toutes leurs dimensions socioculturelles, confessionnelles, économiques, etc. …

Sans occulter la place et le rôle de la classe ouvrière dans l’évolution des formations économiques et sociales, le BDS accordera une attention particulière au progrès social et à l’essor socio-économique des populations rurales.

Au demeurant, l’authenticité africaine avait déjà trouvé, avant le BDS, un terrain d’affirmation dans un mouvement politique créé à Bamako le 16 octobre 1946, avec la naissance du Rassemblement Démocratique Africain (RDA).

Si le rapprochement entre le BDS et le RDA dont la double ambition était d’assurer la libération politique et sociale des peuples africains et la réalisation de l’unité africaine n’était pas envisageable à cette époque, c’est parce que ce dernier était apparenté au groupe parlementaire communiste de l’Assemblée Nationale Française jusqu’en 1951, alors que le BDS prônait l’autonomie vis-à-vis des partis de l’hexagone.

2- L’ASCENSION FULGURANTE DU BDS (1951-1958

Cette période est marquée par les victoires éclatantes du BDS aux élections législatives de 1951 et 1956, ainsi que celles non moins importantes des élections à l’assemblée territoriale du 30 mars 1952, aux cantonales et sénatoriales de 1953.

En effet, aux élections législatives du 17 juin 1951, la liste BDS comprenant SENGHOR et son colistier le syndicaliste Abass GUEYE remporte une victoire importante et décisive, avec une écrasante majorité sur celle de la SFIO – Sénégal de Lamine GUEYE et Ousmane Socé DIOP.

Si la SFIO – Sénégal se relèvera difficilement de sa défaite, la victoire du BDS consacrera par contre la montée en puissance de ce parti, ainsi que le leadership politique incontestable de SENGHOR.

Sur sa lancée, le BDS remportera les élections cantonales de 1952 et les sénatoriales de 1953, avant de confirmer sa position de 1er parti du Sénégal lors des législatives du 02 janvier 1956 où la liste composée du ticket SENGHOR – Mamadou DIA l’emportera sur celles de la SFIO de Lamine GUEYE – Assane SECK, et celle de l’UDS de Abdoulaye GUEYE Cabri et Thierno BA.

Les analystes politiques ont tenté d’expliquer cette fulgurante ascension et la position dominante du BDS par :

1°) la massification du parti par le biais d’une forte implantation populaire tant dans les centres urbains qu’en milieu rural. Le BDS présent dans les hameaux les plus reculés du pays, révèle le poids politique des campagnes ;

2°) l’élargissement de ses bases sociales à la fois paysannes et prolétariennes qui fait que le BDS regroupe en son sein toutes les composantes de la société sénégalaise. Le BDS reflétait ainsi le corps social sénégalais dans toute sa diversité : fonctionnaires, enseignants, ouvriers, paysans, bourgeoisie, aristocratie traditionnelle, intellectuels, classes moyennes, etc. …

3°) la consolidation des structures organisationnelles du parti (exemple : création du mouvement des jeunes du BDS en 1954 à Louga) et le haut niveau d’encadrement des militants ;

4°) le soutien considérable des milieux religieux dont la force et l’influence sont réelles, à l’instar d’Ababacar SY, Khalife Général des Tidianes, Falilou MBACKE, Khalife général des Mourides et Seydou Nourou TALL, Khalife de la famille Omarienne ;

5°) les erreurs d’option stratégique de la SFIO – Sénégal de Lamine GUEYE qui reste confinée dans les limites étriquées des 4 communes, sans avoir une implication poussée dans les questions touchant les secteurs ouvriers et paysans.

En France, la gauche revient au pouvoir en 1956 et la loi cadre Déferre laisse entrevoir la voie de l’autonomie interne des colonies, avec les risques de « balkanisation » des grands ensembles de l’AOF et l’AEF.

Le vent de la décolonisation souffle un peu partout avec en prime des évènements qui font douter la France sur ses réelles capacités à administrer ses colonies, dont les peuples sont de plus à plus assoiffés d’indépendance : la déroute de Diem-Bienphu, la marche vers l’indépendance du Maroc et de la Tunisie, la guerre de libération de l’Algérie, le désir incompressible d’émancipation et de libération.

Dans ce contexte, le BDS devait se déterminer et s’assumer face aux défis majeurs de l’expérience de l’autonomie interne (loi cadre Déferre) ; de la balkanisation de l’Afrique et de l’Indépendance.

Le BDS connaitra dès lors des mutations. C’est ainsi qu’il fusionna avec l’Union Démocratique Sénégalais (UDS) d’Abdoulaye GUEYE Cabri et Thierno BA qui se trouve être la section sénégalaise du RDA, les socialistes Unitaires de Abdoulaye FOFANA, le Mouvement Populaire Sénégalais de Doudou GUEYE, le MAC d’Assane SECK.

De ces fusions naîtra le Bloc Populaire Sénégalais (BPS) (en 1956). Le BPS sera contre la balkanisation et se battra pour la mise en place de « l’exécutif fédéral » c'est-à-dire le maintien d’un gouvernement fédéral et d’une assemblée fédérale compétents sur les anciens territoires d’AOF.

Auparavant, la dynamique unitaire qui avait déjà été amorcée avec l’adhésion au BDS d’intellectuels et de cadres comme Abdoulaye LY, Amadou Makhtar MBOW, Cheikh FALL, Doudou THIAM, Abdoul Aziz WANE, etc. … s’était poursuivie avec la fusion BDS – UDS consacrée au congrès constitutif du BPS (en 1956).

Dans la même période, le Parti Sénégalais d’Action Socialiste de Lamine GUEYE avait enregistré la démission de Boubacar Obèye DIOP.

Peu de temps après, ce fut au tour d’Ousmane Socé DIOP alors Directeur Politique adjoint et deux autres ténors du parti Ibrahima THIAW, Conseiller Territorial et Amadou Karim GAYE de quitter ce parti.

Il faut toutefois signaler que SENGHOR et Lamine GUEYE s’étaient beaucoup rapprochés sur la scène politique, ce qui présagera de la fusion BPS – PSAS en avril 1958. L’Union Progressiste Sénégalais (UPS) naîtra de cette fusion le 08 avril 1958. SENGHOR et Lamine GUEYE venaient ainsi de parachever leur réconciliation politique.

Auparavant, en septembre était créé à Thiès, le Parti Africain de l’indépendance (P.AI).

Ce parti inter - territorial d’obédience marxiste léniniste fut crée par ses principaux dirigeants que sont :

Majhmout DIOP, Khalilou SALL, Malick CAMARA, Abdou MOUMINI, Issa BASSE, Seydou CISSOKHO, Tidiane Baïdy LY et d’autres.

Le PAI n’était pas en reste dans le combat qui se menait pour réaliser une unité d’action des partis politiques africains en vue de la création d’un exécutif fédéral et d’une assemblée fédérale, préalable à l’indépendance.

Il s’opposait au micro – nationalisme qui était à la base des rivalités entre leaders africains ; il prônait la lutte pour l’indépendance de l’Afrique noire dans sa globalité.

De même, il faut signaler que l’ancien député Abass GUEYE, entré en dissidence, parce que mécontent de n’avoir pas été reconduit comme candidat aux élections législatives de 1956, avait d’abord crée son parti le RDS, puis il s’était rapproché de Lamine GUEYE. C’est ce parti qui a été ressuscité par son fils, Abdou Latif GUEYE.

Le 20 septembre 1958, se produisit une scission au sein de l’UPS avec la création du PRA-SENEGAL, soucieux de respecter la ligne de l’indépendance immédiate dans une fédération de l’Ouest Africaine, définie au congrès de Cotonou par le Parti du Regroupement Africain (PRA) en juillet 1958.


3 - LES AUTRES ACTEURS DE LA LUTTE POUR L’EMANCIPATION


3.1 Les acquis fondamentaux de la lutte collective des élus

Il faut noter que les acquis fondamentaux dans la lutte collective des élus africains de cette époque d’avant l’indépendance ont été remarquables.

Selon le Professeur Assane SECK dont nous reproduisons un large extrait de son ouvrage intitulé « Sénégal, émergence d’une démocratie moderne 1945 – 2005 ; un itinéraire politique », cette lutte fut menée à la fois en métropole par les élus des colonies, et au niveau local par les mouvements de masse. Les revendications avaient pour fondement la contribution non négligeable apportée par les colonies à la libération de la France. Du côté des colonisateurs, l’idée de changements dans le traitement des colonies fut proclamée à la conférence de Brazzaville (janvier – février 1944) où ne siégeait pourtant aucun représentant élu ou désigné desdites colonies.

C’est donc la conjugaison de la volonté déclarée de changement des responsables français, avec la détermination affichée localement par les colonies de faire avancer les choses, qui a abouti aux importants acquis politiques dont les principaux sont les suivants :

Dans le domaine politique on peut noter :

- la suppression des juridictions pénales indigènes par décret du 03 avril 1946 avec l’extension aux colonies des compétences des juridictions pénales françaises (décret du 18 novembre de la même année), qui fit disparaître le régime discriminatoire de l’indigénat ;

- la loi Lamine GUEYE du 07 mai 1946 citée plus haut qui étendit la citoyenneté française « avec tous les droits et libertés » aux ressortissants des « territoires d’Outre - Mer » (TOM) ;

- la liberté d’expression fut étendue aux TOM avec la loi du 1er juillet 1901 par les décrets des 13 mars et 18 avril 1946 permettant désormais la création de partis politiques locaux, alors que jusque là, il fallait une sorte de couverture des organisations politiques de la métropole (SFIO, Parti Communiste, etc. …) ;

- la promulgation dans les TOM de la liberté de réunion (loi du 30 juin 1881) par décret du 11 avril 1946 complétant heureusement la précédente ;

- l’extension aux TOM de la liberté de presse (loi du 29 juillet 1881) par décret du 27 septembre 1946), acquis particulièrement important, car indispensable au développement de la démocratie ;

- Enfin la suppression du « double collège » sauf en Afrique Equatoriale Française (A.E.F) et au Togo, intervenue avec la loi du 23 mai 1951.

Dans le domaine social aussi, des conquêtes majeures doivent être mentionnées :

- la promulgation en AOF, le 16 septembre 1944 de la loi du 07 juillet 1944, autorisant la création de syndicats professionnels dans les territoires coloniaux d’Afrique, faisant ainsi disparaître les nombreuses entraves qui limitaient l’adhésion des travailleurs africains aux syndicats des européens. Elle établit aussi l’égalité entre européens et africains, ce qui intéressa beaucoup les centrales syndicales métropolitaines qui, rapidement, cherchèrent à élargir leurs bases en Afrique. Ainsi se renforcèrent la CGT, la CFTC, la CGTFO, etc. …, qui se créèrent des bases, notamment au SENEGAL qui disposait du secteur économique moderne le plus important de toute la région. Ces alliances avaient d’ailleurs, pour les africains, l’avantage de protéger leurs organisations locales contre d’éventuelles illégalités toujours à craindre chez les dirigeants d’entreprises ou même de la part de l’administration coloniale de l’époque ;

- une deuxième grande conquête dans le domaine du travail fut la suppression du « travail forcé » par la loi du 05 avril 1946, dite aussi « loi Houphouët BOIGNY ».

Cette suppression intéressait surtout les colonies dites « de plantation » de la zone forestière, le SENEGAL n’ayant connu le « travail forcé » que sous la forme relativement atténuée de la corvée, d’ailleurs non généralisée ;

- le troisième grand acquis en matière de législation du travail fut le vote, par l’Assemblée Nationale Française du Code du Travail en 1952. On se souvient de la part active prise par Abass GUEYE pour le vote de ce code, étant entendu qu’un premier code avait été promulgué en AOF, le 17 octobre 1947, mais, non adapté aux réalités locales, il n’a pu être appliqué en raison de fortes oppositions des entrepreneurs européens locaux. C’est sous la poussée vigoureuse des élus d’Outre – Mer, de leurs alliés français et des organisations syndicales locales que le nouveau code, tenant davantage compte de la spécificité des réalités coloniales et des aspirations des travailleurs fut promulgué le 15 décembre 1952.

Entre 1952 et 1955, les élus africains dans les assemblées françaises, sans cesser de se concerter en Europe, semblaient s’activer davantage dans leurs pays respectifs, chacun prenant de plus en plus conscience de l’accélération de l’histoire vers de grands changements. Ils consolidaient leurs bases locales par l’enracinement des acquis auxquels devaient s’habituer leurs mandants, avant les confrontations décisives qui s’annonçaient.

Dans le même temps, le système colonial anglais bougeait aussi, et même plus vigoureusement que celui de son rival français. Après avoir accordé l’indépendance aux grandes colonies asiatiques qu’étaient l’Inde et le Pakistan en 1947, la Birmanie en 1948, l’Angleterre semblait vouloir faire évoluer ses colonies d’Afrique dans le même sens. En effet, le Ghana accéda à l’autonomie interne dès 1951, et à l’indépendance en 1957 sous la direction de Kwamé NKHUMAH, ancien leader de l’Organisation des Etudiants Africains en Angleterre, dont l’homologue française, la Fédération des Etudiants d’Afrique Noire en France (FEANF), était pourtant très active.

La France ne pouvait pas ignorer qu’un tel exemple, dans un pays ayant des frontières avec certaines de ses colonies présentait un danger certain car il ne pouvait laisser indifférent le sentiment nationaliste de ses « sujets – citoyens », d’autant plus que sous l’instigation du Rassemblement Démocratique Africain (RDA), affilié au Parti Communiste Français, des troubles vite réprimés venaient d’éclater en Côte d’Ivoire. Elle se devait donc de prendre les devants en opérant des changements rapides pour prévenir tout engagement dans des actions violentes et organisées de « libération nationale », au moment où débutait la guerre d’Algérie.

La réflexion sur ce sujet était en cours dans le groupe parlementaire des « Indépendants d’Outre – Mer » (IOM) auquel s’étaient apparentés les élus sénégalais : l’idée d’une République Fédérale Française, une et indivisible » y fut lancée, à quoi certains jeunes des colonies répliquaient : pourquoi pas divisible ?

C’est dans cette période qu’en avril 1955, se tint à Bandoeng (Indonésie) une grande conférence afro-asiatique qui rassembla vingt neuf (29) pays du tiers-monde. On y cria haut et fort l’appel pour une libération des peuples, appel qui fut entendu dans le monde entier, tant par les colonisés que par les colonisateurs.

3.2 Les femmes au combat

Lamine GUEYE et SENGHOR ont beaucoup appuyé la lutte des femmes pour leur émancipation et leur participation consciente à l’enracinement de la démocratie au SENEGAL. Déjà dans les vieilles communes de plein exercice du SENEGAL, bien avant le droit de vote des françaises, les sénégalaises, avec leur grande capacité mobilisatrice, s’intéressaient à la chose politique, en étant les grandes animatrices des meetings des différents candidats, notamment avec Blaise DIAGNE, Ngalandou DIOUF et Lamine GUEYE.

Après le vote généralement matinal des hommes, elles occupaient souvent la rue dans l’après midi pour des manifestations de masse destinées à montrer la popularité de leurs candidats et convaincre les indécis avant la clôture définitive du scrutin, tandis que la proclamation des résultats était l’occasion de grandes festivités pour le camp des vainqueurs. Ces manifestations de femmes, on s’en doute, soulevaient des passions et les bagarres entre camps adverses n’étaient pas rares.

Aussi n’est-il pas étonnant que, dès l’octroi du droit de vote aux françaises, elles se trouvèrent engagées dans la lutte en vue de la conquête du même droit.

En effet, le décret du 19 janvier 1947 promulguant en AOF l’ordonnance du 21 avril 1944 octroyant le droit de vote aux françaises, en excluait les femmes originaires des quatre communes : seules les françaises originaires de la métropole et résidant dans les colonies pouvant exercer ce droit. La lutte des sénégalaises fut rapidement fructueuse et l’exclusion corrigée, non seulement pour les femmes des quatre communes, mais également pour toutes les femmes sénégalaises à l’avènement du suffrage universel. Depuis lors, les progrès de l’émancipation des femmes n’ont cessé de se développer.

Aussi, à l’époque de la lutte pour l’indépendance, commencèrent –elles à s’organiser d’une façon plus ou moins autonome, au sein ou en dehors des partis politiques et des syndicats. Les mouvements des femmes de la SFIO, du BDS, du BPS, de l’UPS et du PS, en particulier, avaient et continuent d’avoir des représentations dans toutes les régions. On peut citer notamment parmi les pionnières, Adja Ndoumbé NDIAYE, Adja Aminata Ciss MARONE, Adja Madeleine NGOM, Adja Rose BASSE, Adja Caroline FAYE et Adja Arame DIENE. Mais elles se retrouvaient aussi avec d’autres femmes dans des organisations plus larges comme la Fédération des Associations des femmes du Sénégal (FAFS), l’Association des femmes de l’Afrique de l’Ouest (AFAO), la Fédération des Groupements de Promotion Féminine, etc. … Elles prenaient ainsi en main leur destin avec courage et, il faut le souligner, sans agressivité particulière à l’égard des hommes. D’abord à l’intérieur de leurs partis, où, généralement elles bénéficiaient de quotas dans les compétitions en vue d’une représentation minimale obligatoire à tous les niveaux.

Aujourd’hui, les femmes élues au Parlement se comptent par dizaines en provenance de toutes les régions du SENEGAL. Si les femmes ministres sont peu nombreuses, elles n’en comptent pas moins un Premier Ministre parmi les neuf que le SENEGAL a connus depuis son indépendance jusqu’en 2008.

Au parti socialiste, on peut affirmer sans risque de nous tromper où d’être démenti que la relève est assurée avec Aminata MBENGUE NDIAYE, Secrétaire Général Adjointe du PS et Présidente du Mouvement National des Femmes Socialistes.

3.3 La Jeunesse en lutte

Les jeunes du SENEGAL ont une longue tradition de lutte depuis la période coloniale.

Après la deuxième guerre mondiale, l’administration coloniale, engagée dans la voie d’une intégration plus grande des colonisés dans l’union française, conformément à la doctrine de l’assimilation ciblait à juste raison les jeunes qu’elle cherchait à encadrer dans « des centres culturels » érigés dans les grandes villes du SENEGAL et des autres colonies.

Au SENEGAL, les jeunes demandaient leur participation démocratique à la gestion de ces établissements que les administrateurs dirigeaient à leur guise. Ils exigèrent donc leur transformation en « Maisons des Jeunes et de la Culture » et, pour vaincre les réticences administratives, ils s’organisèrent dans le « Conseil de la Jeunesse du Sénégal » qui ne tarda pas à regrouper toutes les associations modernes de jeunes du pays : de 9 en 1950, les associations membres passèrent, après la désaffiliation du « Conseil de la Jeunesse de l’Union Française » à 40 en 1953, 68 en 1954, 90 en 1955 et 114, soit pratiquement l’ensemble des associations déclarées, en 1956. Dès lors le combat pour les « Maisons des Jeunes et de la Culture » fut aisément gagné. D’ailleurs le « Conseil Fédéral de la Jeunesse » verra vite le jour. Nous nous permettons de citer ici Ali Bocar KANE, Youssou DIOP, Abdoul Makhame BA, Alioune Badara PAYE, etc. ... qui ont été à la pointe du combat.

Parmi ces associations, celles regroupant les scolaires et étudiants, ainsi que le Mouvement Scout et les Jeunesses Politiques, vont jouer un rôle considérable dans la conscientisation des jeunes du Sénégal qui, on se le rappelle, ont été les fers de lance de la gigantesque manifestation organisée, lors de l’accueil du Général De GAULLE à Dakar, le 26 août 1958. Ils se montrèrent encore plus décidés lors de la crise de mai 1968, déclenchée par une révolte universitaire sans précédent. Signalons que les jeunesses politiques ont été particulièrement dynamiques aux combats, notamment, le mouvement des Jeunesses Socialistes (SFIO), du BDS (MJBDS crée en 1954), du BPS (MJBPS), de l’UPS (MJUPS créé à Mbour en 1959) qui ont joué un rôle important dans la lutte pour l’émancipation des masses et l’indépendance.

3.4 Les Syndicats

Les syndicats ont été de toutes les luttes, même politiques, légales ou clandestines. En effet, ces organisations dont les premières armes ont été forgées dans les colonies, s’étaient déjà illustrées lors de la grande grève historique des chemins de fer déclenchée le 19 avril 1947, qui aura duré 160 jours et s’est terminée par la victoire des travailleurs, sous la direction de Ibrahima SARR.

Depuis lors, organisés solidement à l’intérieur de syndicats reconnus, les travailleurs du secteur moderne n’ont jamais cessé d’imposer un dialogue social digne dans leurs rapports avec les employeurs et l’état, mais ce ne fut pas sans mal.

Les grèves de janvier 1959 avaient été l’occasion d’une sévère répression, notamment au SENEGAL où se trouvait le siège fédéral de l’Union Générale des Travailleurs d’Afrique Noire (UGTAN). L’UGTAN Sénégal était dirigée par Abass GUEYE.

Au Sénégal, l’Union Nationale des Travailleurs du Sénégal

(UNTS) absorba l’UGTAN ainsi que l’Union des Travailleurs du Sénégal (UTS) après la fusion UPS – PRA –Sénégal en 1966. Ces éléments intégrés à l’UPS n’ont pas été pour rien dans le dynamisme manifesté par l’UNTS lors des évènements de mai 1968. La Confédération Nationale des Travailleurs du Sénégal (CNTS) se présentera après comme un partenaire lors de l’institution de la politique de « Participation Responsable ».

 

3.5 Les Regroupements Régionaux

Il faut noter avec satisfaction le rôle joué par les organisations régionales.

En effet, pendant la 2ème guerre mondiale, l’Afrique Occidentale, engagée au secours de la métropole, avait tout donné à la « mère – patrie », ses fils tombés sur les champs de bataille, ses richesses vidées pour soutenir l’effort de guerre. C’était au prix de la désolation, de la faim, de la maladie pour les populations locales.

Les Africains avaient soif de paix, de liberté mais surtout de recouvrer leur dignité. Les anciens combattants revenus du front, couverts de gloire et de décorations, revendiquaient leurs droits. Certains parmi eux furent massacrés à Thiaroye (1944).

Un bouillonnement légitime agita l’élite intellectuelle sénégalaise et les forces vives du pays.

Ainsi, en 1948, des cadres originaires de la vallée du Fleuve Sénégal fondèrent à Kaédi (Mauritanie) l’ « Union Générale des Originaires de la Vallée du Fleuve » (UGOVAF) regroupant les ressortissants des deux rives. Ce fut le premier rassemblement de tous les Halpoularen et Soninkés, dont le siège fut installé au domicile de son premier Président, Aliou Abdoulaye WATT de Thioubalèle. Le premier Secrétaire Général de l’UGOVAF était Mamoudou Samba Boly BA, originaire de Maghama (Mauritanie).

Par un processus de renouvellement périodique, deux autres présidents se succédèrent avec l’élection de Demba Labo WAGNE et Baïdy SY, tandis que Aboubacry KANE actuel Président du Conseil Consultatif des Sages du PS remplaçait Mamadou Samba Boly BA au poste de Secrétaire Général.

Plus tard, des cadres Casamançais créèrent le Mouvement des Forces Démocratiques de la Casamance (MFDC) avec comme principaux leaders Ibou DIALLO, Emile BADIANE, Edouard DIATTA, Edouard DIALLO, Dembo COLY. Ils furent le fer de lance du BDS dans cette région et occupèrent une place importante dans la politique sénégalaise.

L’année 1954 verra la création du Mouvement Autonome de la Casamance (MAC) d’Assane SECK. L’adjectif « autonome » ne signifiait en aucune façon à l’époque autonomie vis à vis du Sénégal, mais plutôt par rapport au BDS.

Enfin en 1956, Mady CISSOKHO, par réaction contre une décision du BPS qu’il jugeait injuste à son encontre, créa l’Union Démocratique des Ressortissants du Sénégal Oriental (UDRSO). A l’occasion des élections territoriales de 1957, Mady CISSOKHO battit le candidat du BPS de Kédougou, Youssou SIDIBE. Ce n’est que plus tard après plusieurs péripéties qu’il regagnera le parti.

En conclusion, on peut affirmer que tous ces regroupements régionaux avaient été créés pour les mêmes raisons et avaient les mêmes buts : sortir leurs régions de l’isolement, du dénuement et travailler à leur développement économique et social.


4 - LES SOCIALISTES AU POUVOIR AVEC L’UPS ET LE PARTI SOCIALISTE


L’UPS se chargera de conduire le SENEGAL à l’Indépendance dans une période particulièrement mouvementée, avec des importants défis à relever :

- Parachever le processus de décolonisation et conduire le SENEGAL à l’indépendance ;

- Jeter les bases d’un état, et construire la nation Sénégalaise,

- Surmonter les crises majeures : d’abord la crise de la communauté franco-africaine 1958 – 1959 (échec de la communauté franco-africaine, marquant le triomphe de la balkanisation non voulue par SENGHOR et le PRA-Sénégal) ; - Ensuite la crise de l’éclatement de la Fédération du Mali en raison de problèmes de leadership entre SENGHOR et Modibo KEITA, et enfin la crise politique au sommet du régime de l’UPS avec le conflit opposant SENGHOR et Mamadou DIA qui trouva son épilogue dans les évènements de décembre 1962.

Conséquences :

- Fin de la 1ère république ainsi que du bicéphalisme au Sénégal ;

- Départ de « Diaistes » de l’UPS ;

- Organisation du Référendum du 03 mars 1963 sanctionné par la victoire de l’UPS ;

- Retour en 1966 du PRA-Sénégal à l’UPS ;

- Ralliement massif de militants du Bloc des Masses Sénégalaises (B.M.S) à l’UPS ;

- Les événements de « mai 68 » ;

- Naissance du Parti Socialiste du Sénégal au Congrès extraordinaire de l’UPS des 27, 28 et 29 décembre 1976.

Le Parti Socialiste de 2000 à 2008

Le Parti Socialiste (PS) perdra le pouvoir en 2000. C’est sa première défaite à une élection.

L’usure du pouvoir accompagnée par l’accentuation de la demande sociale, les ruptures souvent douloureuses, après le congrès de 1996 et au lendemain des élections législatives de 1998 marquées par le départ de hauts responsables du parti, sont autant de facteurs d’affaiblissement qui ont occasionné la baisse progressive et constante des scores du Parti Socialiste depuis 1980.

En 1983, le PS a obtenu 83% à l’élection présidentielle, 73% en 1988, 58% en 1993 et 41% en 2000 contre 31% au candidat de la coalition Sopi.

Le constat a été fait que les trois candidats socialistes ont réalisé 65% des suffrages en 2000, ce qui fait dire à certains analystes que c’est le PS qui a battu le PS, car les autres candidats socialistes étaient issus de ses flancs.

Le PS a vécu difficilement l’après 2000 avec le départ de son leader Abdou DIOUF. Il a vu aussi ses rangs se dégarnir suite aux effets douloureux de la « transhumance politique » et avec le départ des défenseurs et animateurs de l’existence de courants au sein du parti à partir de 2006.

Cependant, tirant le meilleur parti de sa riche et incontestable expérience, de la solidité de sa structuration, le PS a su laisser passer l’orage pour se présenter au peuple sous un jour nouveau, avec l’adhésion massive d’intellectuels, d’universitaires, de jeunes diplômés, de militants de tous les milieux ou groupes sociaux.

Redevenu attractif, le PS s’est positionné comme le premier parti de l’opposition et, avec Ousmane Tanor DIENG, est allé à l’élection présidentielle de 2007 où il a engrangé malgré les irrégularités 464.287 voix contre 203.123 à son suivant immédiat.

Le congrès d’octobre 2007 a pour sa part, ouvert une ère nouvelle qui consacre la fin des querelles de leadership avec la désignation d’Ousmane Tanor DIENG comme Secrétaire Général du parti.

Conclusion

Voilà donc, sommairement quelques dates repères et faits historiques qui ont jalonné l’existence des socialistes depuis la deuxième guerre mondiale.

Ainsi apparaît l’œuvre de vos devanciers qui, sans fausse modestie où forfanterie de mauvais aloi, peut être qualifié de passé de lutte honorable ! Par comparaison, le peuple sénégalais se convainc de plus en plus du respect qu’il mérite. Après l’avertissement suivi de sanctions sévères infligées à notre parti en l’an 2000, ce même peuple aujourd’hui semble prêt à lui refaire confiance. C’est à vous, nos successeurs, à vous du PS, avec vos alliés du « Front Siggil Sénégal » et de la Société Civile, de relever les défis nouveaux pour participer glorieusement à la lutte pour l’unité indispensable à la renaissance de notre grande et chère Afrique.

Généreuse et humaniste à l’infini, elle avait succombé sous les coups d’une violence aveugle se nourrissant de son sang et ne recevant en retour que mépris et humiliation.

Debout peuple d’Afrique ! Migrants, revenez, armés de solide savoir faire pour le grand bond libérateur pour la reconquête de notre dignité encore quotidiennement bafouée. En avant pour l’auto développement clé de la victoire.

Vive le Parti Socialiste, et, main dans la main avec ses alliés, hourah ! Pour la libération définitive.

LE CONSEIL CONSULTATIF DES SAGES du Parti Socialiste 60ème Anniversaire du PS le 28 octobre 2008 KAOLACK

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