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| Le PS dans la vie politique du Sénégal de 1945 à 2008 |
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3 - LES AUTRES ACTEURS DE LA LUTTE POUR L’EMANCIPATION
3.1 Les acquis fondamentaux de la lutte collective des élus
Il faut noter que les acquis fondamentaux dans la lutte collective des élus africains de cette époque d’avant l’indépendance ont été remarquables.
Selon le Professeur Assane SECK dont nous reproduisons un large extrait de son ouvrage intitulé « Sénégal, émergence d’une démocratie moderne 1945 – 2005 ; un itinéraire politique », cette lutte fut menée à la fois en métropole par les élus des colonies, et au niveau local par les mouvements de masse. Les revendications avaient pour fondement la contribution non négligeable apportée par les colonies à la libération de la France. Du côté des colonisateurs, l’idée de changements dans le traitement des colonies fut proclamée à la conférence de Brazzaville (janvier – février 1944) où ne siégeait pourtant aucun représentant élu ou désigné desdites colonies.
C’est donc la conjugaison de la volonté déclarée de changement des responsables français, avec la détermination affichée localement par les colonies de faire avancer les choses, qui a abouti aux importants acquis politiques dont les principaux sont les suivants :
Dans le domaine politique on peut noter :
- la suppression des juridictions pénales indigènes par décret du 03 avril 1946 avec l’extension aux colonies des compétences des juridictions pénales françaises (décret du 18 novembre de la même année), qui fit disparaître le régime discriminatoire de l’indigénat ;
- la loi Lamine GUEYE du 07 mai 1946 citée plus haut qui étendit la citoyenneté française « avec tous les droits et libertés » aux ressortissants des « territoires d’Outre - Mer » (TOM) ;
- la liberté d’expression fut étendue aux TOM avec la loi du 1er juillet 1901 par les décrets des 13 mars et 18 avril 1946 permettant désormais la création de partis politiques locaux, alors que jusque là, il fallait une sorte de couverture des organisations politiques de la métropole (SFIO, Parti Communiste, etc. …) ;
- la promulgation dans les TOM de la liberté de réunion (loi du 30 juin 1881) par décret du 11 avril 1946 complétant heureusement la précédente ;
- l’extension aux TOM de la liberté de presse (loi du 29 juillet 1881) par décret du 27 septembre 1946), acquis particulièrement important, car indispensable au développement de la démocratie ;
- Enfin la suppression du « double collège » sauf en Afrique Equatoriale Française (A.E.F) et au Togo, intervenue avec la loi du 23 mai 1951.
Dans le domaine social aussi, des conquêtes majeures doivent être mentionnées :
- la promulgation en AOF, le 16 septembre 1944 de la loi du 07 juillet 1944, autorisant la création de syndicats professionnels dans les territoires coloniaux d’Afrique, faisant ainsi disparaître les nombreuses entraves qui limitaient l’adhésion des travailleurs africains aux syndicats des européens. Elle établit aussi l’égalité entre européens et africains, ce qui intéressa beaucoup les centrales syndicales métropolitaines qui, rapidement, cherchèrent à élargir leurs bases en Afrique. Ainsi se renforcèrent la CGT, la CFTC, la CGTFO, etc. …, qui se créèrent des bases, notamment au SENEGAL qui disposait du secteur économique moderne le plus important de toute la région. Ces alliances avaient d’ailleurs, pour les africains, l’avantage de protéger leurs organisations locales contre d’éventuelles illégalités toujours à craindre chez les dirigeants d’entreprises ou même de la part de l’administration coloniale de l’époque ;
- une deuxième grande conquête dans le domaine du travail fut la suppression du « travail forcé » par la loi du 05 avril 1946, dite aussi « loi Houphouët BOIGNY ».
Cette suppression intéressait surtout les colonies dites « de plantation » de la zone forestière, le SENEGAL n’ayant connu le « travail forcé » que sous la forme relativement atténuée de la corvée, d’ailleurs non généralisée ;
- le troisième grand acquis en matière de législation du travail fut le vote, par l’Assemblée Nationale Française du Code du Travail en 1952. On se souvient de la part active prise par Abass GUEYE pour le vote de ce code, étant entendu qu’un premier code avait été promulgué en AOF, le 17 octobre 1947, mais, non adapté aux réalités locales, il n’a pu être appliqué en raison de fortes oppositions des entrepreneurs européens locaux. C’est sous la poussée vigoureuse des élus d’Outre – Mer, de leurs alliés français et des organisations syndicales locales que le nouveau code, tenant davantage compte de la spécificité des réalités coloniales et des aspirations des travailleurs fut promulgué le 15 décembre 1952.
Entre 1952 et 1955, les élus africains dans les assemblées françaises, sans cesser de se concerter en Europe, semblaient s’activer davantage dans leurs pays respectifs, chacun prenant de plus en plus conscience de l’accélération de l’histoire vers de grands changements. Ils consolidaient leurs bases locales par l’enracinement des acquis auxquels devaient s’habituer leurs mandants, avant les confrontations décisives qui s’annonçaient.
Dans le même temps, le système colonial anglais bougeait aussi, et même plus vigoureusement que celui de son rival français. Après avoir accordé l’indépendance aux grandes colonies asiatiques qu’étaient l’Inde et le Pakistan en 1947, la Birmanie en 1948, l’Angleterre semblait vouloir faire évoluer ses colonies d’Afrique dans le même sens. En effet, le Ghana accéda à l’autonomie interne dès 1951, et à l’indépendance en 1957 sous la direction de Kwamé NKHUMAH, ancien leader de l’Organisation des Etudiants Africains en Angleterre, dont l’homologue française, la Fédération des Etudiants d’Afrique Noire en France (FEANF), était pourtant très active.
La France ne pouvait pas ignorer qu’un tel exemple, dans un pays ayant des frontières avec certaines de ses colonies présentait un danger certain car il ne pouvait laisser indifférent le sentiment nationaliste de ses « sujets – citoyens », d’autant plus que sous l’instigation du Rassemblement Démocratique Africain (RDA), affilié au Parti Communiste Français, des troubles vite réprimés venaient d’éclater en Côte d’Ivoire. Elle se devait donc de prendre les devants en opérant des changements rapides pour prévenir tout engagement dans des actions violentes et organisées de « libération nationale », au moment où débutait la guerre d’Algérie.
La réflexion sur ce sujet était en cours dans le groupe parlementaire des « Indépendants d’Outre – Mer » (IOM) auquel s’étaient apparentés les élus sénégalais : l’idée d’une République Fédérale Française, une et indivisible » y fut lancée, à quoi certains jeunes des colonies répliquaient : pourquoi pas divisible ?
C’est dans cette période qu’en avril 1955, se tint à Bandoeng (Indonésie) une grande conférence afro-asiatique qui rassembla vingt neuf (29) pays du tiers-monde. On y cria haut et fort l’appel pour une libération des peuples, appel qui fut entendu dans le monde entier, tant par les colonisés que par les colonisateurs.
3.2 Les femmes au combat
Lamine GUEYE et SENGHOR ont beaucoup appuyé la lutte des femmes pour leur émancipation et leur participation consciente à l’enracinement de la démocratie au SENEGAL. Déjà dans les vieilles communes de plein exercice du SENEGAL, bien avant le droit de vote des françaises, les sénégalaises, avec leur grande capacité mobilisatrice, s’intéressaient à la chose politique, en étant les grandes animatrices des meetings des différents candidats, notamment avec Blaise DIAGNE, Ngalandou DIOUF et Lamine GUEYE.
Après le vote généralement matinal des hommes, elles occupaient souvent la rue dans l’après midi pour des manifestations de masse destinées à montrer la popularité de leurs candidats et convaincre les indécis avant la clôture définitive du scrutin, tandis que la proclamation des résultats était l’occasion de grandes festivités pour le camp des vainqueurs. Ces manifestations de femmes, on s’en doute, soulevaient des passions et les bagarres entre camps adverses n’étaient pas rares.
Aussi n’est-il pas étonnant que, dès l’octroi du droit de vote aux françaises, elles se trouvèrent engagées dans la lutte en vue de la conquête du même droit.
En effet, le décret du 19 janvier 1947 promulguant en AOF l’ordonnance du 21 avril 1944 octroyant le droit de vote aux françaises, en excluait les femmes originaires des quatre communes : seules les françaises originaires de la métropole et résidant dans les colonies pouvant exercer ce droit. La lutte des sénégalaises fut rapidement fructueuse et l’exclusion corrigée, non seulement pour les femmes des quatre communes, mais également pour toutes les femmes sénégalaises à l’avènement du suffrage universel. Depuis lors, les progrès de l’émancipation des femmes n’ont cessé de se développer.
Aussi, à l’époque de la lutte pour l’indépendance, commencèrent –elles à s’organiser d’une façon plus ou moins autonome, au sein ou en dehors des partis politiques et des syndicats. Les mouvements des femmes de la SFIO, du BDS, du BPS, de l’UPS et du PS, en particulier, avaient et continuent d’avoir des représentations dans toutes les régions. On peut citer notamment parmi les pionnières, Adja Ndoumbé NDIAYE, Adja Aminata Ciss MARONE, Adja Madeleine NGOM, Adja Rose BASSE, Adja Caroline FAYE et Adja Arame DIENE. Mais elles se retrouvaient aussi avec d’autres femmes dans des organisations plus larges comme la Fédération des Associations des femmes du Sénégal (FAFS), l’Association des femmes de l’Afrique de l’Ouest (AFAO), la Fédération des Groupements de Promotion Féminine, etc. … Elles prenaient ainsi en main leur destin avec courage et, il faut le souligner, sans agressivité particulière à l’égard des hommes. D’abord à l’intérieur de leurs partis, où, généralement elles bénéficiaient de quotas dans les compétitions en vue d’une représentation minimale obligatoire à tous les niveaux.
Aujourd’hui, les femmes élues au Parlement se comptent par dizaines en provenance de toutes les régions du SENEGAL. Si les femmes ministres sont peu nombreuses, elles n’en comptent pas moins un Premier Ministre parmi les neuf que le SENEGAL a connus depuis son indépendance jusqu’en 2008.
Au parti socialiste, on peut affirmer sans risque de nous tromper où d’être démenti que la relève est assurée avec Aminata MBENGUE NDIAYE, Secrétaire Général Adjointe du PS et Présidente du Mouvement National des Femmes Socialistes.
3.3 La Jeunesse en lutte
Les jeunes du SENEGAL ont une longue tradition de lutte depuis la période coloniale.
Après la deuxième guerre mondiale, l’administration coloniale, engagée dans la voie d’une intégration plus grande des colonisés dans l’union française, conformément à la doctrine de l’assimilation ciblait à juste raison les jeunes qu’elle cherchait à encadrer dans « des centres culturels » érigés dans les grandes villes du SENEGAL et des autres colonies.
Au SENEGAL, les jeunes demandaient leur participation démocratique à la gestion de ces établissements que les administrateurs dirigeaient à leur guise. Ils exigèrent donc leur transformation en « Maisons des Jeunes et de la Culture » et, pour vaincre les réticences administratives, ils s’organisèrent dans le « Conseil de la Jeunesse du Sénégal » qui ne tarda pas à regrouper toutes les associations modernes de jeunes du pays : de 9 en 1950, les associations membres passèrent, après la désaffiliation du « Conseil de la Jeunesse de l’Union Française » à 40 en 1953, 68 en 1954, 90 en 1955 et 114, soit pratiquement l’ensemble des associations déclarées, en 1956. Dès lors le combat pour les « Maisons des Jeunes et de la Culture » fut aisément gagné. D’ailleurs le « Conseil Fédéral de la Jeunesse » verra vite le jour. Nous nous permettons de citer ici Ali Bocar KANE, Youssou DIOP, Abdoul Makhame BA, Alioune Badara PAYE, etc. ... qui ont été à la pointe du combat.
Parmi ces associations, celles regroupant les scolaires et étudiants, ainsi que le Mouvement Scout et les Jeunesses Politiques, vont jouer un rôle considérable dans la conscientisation des jeunes du Sénégal qui, on se le rappelle, ont été les fers de lance de la gigantesque manifestation organisée, lors de l’accueil du Général De GAULLE à Dakar, le 26 août 1958. Ils se montrèrent encore plus décidés lors de la crise de mai 1968, déclenchée par une révolte universitaire sans précédent. Signalons que les jeunesses politiques ont été particulièrement dynamiques aux combats, notamment, le mouvement des Jeunesses Socialistes (SFIO), du BDS (MJBDS crée en 1954), du BPS (MJBPS), de l’UPS (MJUPS créé à Mbour en 1959) qui ont joué un rôle important dans la lutte pour l’émancipation des masses et l’indépendance.
3.4 Les Syndicats
Les syndicats ont été de toutes les luttes, même politiques, légales ou clandestines. En effet, ces organisations dont les premières armes ont été forgées dans les colonies, s’étaient déjà illustrées lors de la grande grève historique des chemins de fer déclenchée le 19 avril 1947, qui aura duré 160 jours et s’est terminée par la victoire des travailleurs, sous la direction de Ibrahima SARR.
Depuis lors, organisés solidement à l’intérieur de syndicats reconnus, les travailleurs du secteur moderne n’ont jamais cessé d’imposer un dialogue social digne dans leurs rapports avec les employeurs et l’état, mais ce ne fut pas sans mal.
Les grèves de janvier 1959 avaient été l’occasion d’une sévère répression, notamment au SENEGAL où se trouvait le siège fédéral de l’Union Générale des Travailleurs d’Afrique Noire (UGTAN). L’UGTAN Sénégal était dirigée par Abass GUEYE.
Au Sénégal, l’Union Nationale des Travailleurs du Sénégal
(UNTS) absorba l’UGTAN ainsi que l’Union des Travailleurs du Sénégal (UTS) après la fusion UPS – PRA –Sénégal en 1966. Ces éléments intégrés à l’UPS n’ont pas été pour rien dans le dynamisme manifesté par l’UNTS lors des évènements de mai 1968. La Confédération Nationale des Travailleurs du Sénégal (CNTS) se présentera après comme un partenaire lors de l’institution de la politique de « Participation Responsable ».
3.5 Les Regroupements Régionaux
Il faut noter avec satisfaction le rôle joué par les organisations régionales.
En effet, pendant la 2ème guerre mondiale, l’Afrique Occidentale, engagée au secours de la métropole, avait tout donné à la « mère – patrie », ses fils tombés sur les champs de bataille, ses richesses vidées pour soutenir l’effort de guerre. C’était au prix de la désolation, de la faim, de la maladie pour les populations locales.
Les Africains avaient soif de paix, de liberté mais surtout de recouvrer leur dignité. Les anciens combattants revenus du front, couverts de gloire et de décorations, revendiquaient leurs droits. Certains parmi eux furent massacrés à Thiaroye (1944).
Un bouillonnement légitime agita l’élite intellectuelle sénégalaise et les forces vives du pays.
Ainsi, en 1948, des cadres originaires de la vallée du Fleuve Sénégal fondèrent à Kaédi (Mauritanie) l’ « Union Générale des Originaires de la Vallée du Fleuve » (UGOVAF) regroupant les ressortissants des deux rives. Ce fut le premier rassemblement de tous les Halpoularen et Soninkés, dont le siège fut installé au domicile de son premier Président, Aliou Abdoulaye WATT de Thioubalèle. Le premier Secrétaire Général de l’UGOVAF était Mamoudou Samba Boly BA, originaire de Maghama (Mauritanie).
Par un processus de renouvellement périodique, deux autres présidents se succédèrent avec l’élection de Demba Labo WAGNE et Baïdy SY, tandis que Aboubacry KANE actuel Président du Conseil Consultatif des Sages du PS remplaçait Mamadou Samba Boly BA au poste de Secrétaire Général.
Plus tard, des cadres Casamançais créèrent le Mouvement des Forces Démocratiques de la Casamance (MFDC) avec comme principaux leaders Ibou DIALLO, Emile BADIANE, Edouard DIATTA, Edouard DIALLO, Dembo COLY. Ils furent le fer de lance du BDS dans cette région et occupèrent une place importante dans la politique sénégalaise.
L’année 1954 verra la création du Mouvement Autonome de la Casamance (MAC) d’Assane SECK. L’adjectif « autonome » ne signifiait en aucune façon à l’époque autonomie vis à vis du Sénégal, mais plutôt par rapport au BDS.
Enfin en 1956, Mady CISSOKHO, par réaction contre une décision du BPS qu’il jugeait injuste à son encontre, créa l’Union Démocratique des Ressortissants du Sénégal Oriental (UDRSO). A l’occasion des élections territoriales de 1957, Mady CISSOKHO battit le candidat du BPS de Kédougou, Youssou SIDIBE. Ce n’est que plus tard après plusieurs péripéties qu’il regagnera le parti.
En conclusion, on peut affirmer que tous ces regroupements régionaux avaient été créés pour les mêmes raisons et avaient les mêmes buts : sortir leurs régions de l’isolement, du dénuement et travailler à leur développement économique et social.
4 - LES SOCIALISTES AU POUVOIR AVEC L’UPS ET LE PARTI SOCIALISTE
L’UPS se chargera de conduire le SENEGAL à l’Indépendance dans une période particulièrement mouvementée, avec des importants défis à relever :
- Parachever le processus de décolonisation et conduire le SENEGAL à l’indépendance ;
- Jeter les bases d’un état, et construire la nation Sénégalaise,
- Surmonter les crises majeures : d’abord la crise de la communauté franco-africaine 1958 – 1959 (échec de la communauté franco-africaine, marquant le triomphe de la balkanisation non voulue par SENGHOR et le PRA-Sénégal) ; - Ensuite la crise de l’éclatement de la Fédération du Mali en raison de problèmes de leadership entre SENGHOR et Modibo KEITA, et enfin la crise politique au sommet du régime de l’UPS avec le conflit opposant SENGHOR et Mamadou DIA qui trouva son épilogue dans les évènements de décembre 1962.
Conséquences :
- Fin de la 1ère république ainsi que du bicéphalisme au Sénégal ;
- Départ de « Diaistes » de l’UPS ;
- Organisation du Référendum du 03 mars 1963 sanctionné par la victoire de l’UPS ;
- Retour en 1966 du PRA-Sénégal à l’UPS ;
- Ralliement massif de militants du Bloc des Masses Sénégalaises (B.M.S) à l’UPS ;
- Les événements de « mai 68 » ;
- Naissance du Parti Socialiste du Sénégal au Congrès extraordinaire de l’UPS des 27, 28 et 29 décembre 1976.
Le Parti Socialiste de 2000 à 2008
Le Parti Socialiste (PS) perdra le pouvoir en 2000. C’est sa première défaite à une élection.
L’usure du pouvoir accompagnée par l’accentuation de la demande sociale, les ruptures souvent douloureuses, après le congrès de 1996 et au lendemain des élections législatives de 1998 marquées par le départ de hauts responsables du parti, sont autant de facteurs d’affaiblissement qui ont occasionné la baisse progressive et constante des scores du Parti Socialiste depuis 1980.
En 1983, le PS a obtenu 83% à l’élection présidentielle, 73% en 1988, 58% en 1993 et 41% en 2000 contre 31% au candidat de la coalition Sopi.
Le constat a été fait que les trois candidats socialistes ont réalisé 65% des suffrages en 2000, ce qui fait dire à certains analystes que c’est le PS qui a battu le PS, car les autres candidats socialistes étaient issus de ses flancs.
Le PS a vécu difficilement l’après 2000 avec le départ de son leader Abdou DIOUF. Il a vu aussi ses rangs se dégarnir suite aux effets douloureux de la « transhumance politique » et avec le départ des défenseurs et animateurs de l’existence de courants au sein du parti à partir de 2006.
Cependant, tirant le meilleur parti de sa riche et incontestable expérience, de la solidité de sa structuration, le PS a su laisser passer l’orage pour se présenter au peuple sous un jour nouveau, avec l’adhésion massive d’intellectuels, d’universitaires, de jeunes diplômés, de militants de tous les milieux ou groupes sociaux.
Redevenu attractif, le PS s’est positionné comme le premier parti de l’opposition et, avec Ousmane Tanor DIENG, est allé à l’élection présidentielle de 2007 où il a engrangé malgré les irrégularités 464.287 voix contre 203.123 à son suivant immédiat.
Le congrès d’octobre 2007 a pour sa part, ouvert une ère nouvelle qui consacre la fin des querelles de leadership avec la désignation d’Ousmane Tanor DIENG comme Secrétaire Général du parti.
Conclusion
Voilà donc, sommairement quelques dates repères et faits historiques qui ont jalonné l’existence des socialistes depuis la deuxième guerre mondiale.
Ainsi apparaît l’œuvre de vos devanciers qui, sans fausse modestie où forfanterie de mauvais aloi, peut être qualifié de passé de lutte honorable ! Par comparaison, le peuple sénégalais se convainc de plus en plus du respect qu’il mérite. Après l’avertissement suivi de sanctions sévères infligées à notre parti en l’an 2000, ce même peuple aujourd’hui semble prêt à lui refaire confiance. C’est à vous, nos successeurs, à vous du PS, avec vos alliés du « Front Siggil Sénégal » et de la Société Civile, de relever les défis nouveaux pour participer glorieusement à la lutte pour l’unité indispensable à la renaissance de notre grande et chère Afrique.
Généreuse et humaniste à l’infini, elle avait succombé sous les coups d’une violence aveugle se nourrissant de son sang et ne recevant en retour que mépris et humiliation.
Debout peuple d’Afrique ! Migrants, revenez, armés de solide savoir faire pour le grand bond libérateur pour la reconquête de notre dignité encore quotidiennement bafouée. En avant pour l’auto développement clé de la victoire.
Vive le Parti Socialiste, et, main dans la main avec ses alliés, hourah ! Pour la libération définitive.
LE CONSEIL CONSULTATIF DES SAGES du Parti Socialiste 60ème Anniversaire du PS le 28 octobre 2008 KAOLACK
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