BUREAU POLITIQUE DECLARATION DU MERCREDI 06 JANVIER 2010
Une fois de plus, face à la réalité des faits qui indexent sa gouvernance toxique, Abdoulaye Wade s’est abîmé, lors de son discours fleuve du nouvel an, dans une démagogie inutile où l’autosatisfaction le disputait au laconisme, si ce n’est à l’esquive sur des questions vitales pour la Nation. Aussi bien est- il nécessaire de rappeler que les conditions extrêmement difficiles dans lesquelles vivent les Sénégalais sont très loin du Sénégal paradisiaque qu’il nous a dépeint.
Alors que la crise économique s’aggrave et que la crise sociale prend ses quartiers dans les villes comme en zone rurale plongeant les populations dans une angoisse qui est désormais le lot de chaque Sénégalais, Abdoulaye Wade a choisi d’ignorer les difficultés croissantes des populations confrontées à l’érosion continue du pouvoir d’achat, à la crise chronique de l’école sénégalaise, aux difficultés des entreprises du secteur privé, etc.
Singulièrement sur le pouvoir d’achat, Abdoulaye Wade a servi des contrevérités sur le prix du riz dont le plancher est fixé par les commerçants à 350 Francs le kilogramme au lieu des 250 Francs CFA annoncés sans sourciller lors de son adresse à la Nation le 31 décembre dernier devant des téléspectateurs se demandant si le Président vivait dans le même pays qu’eux.
De même, dans la bulle des effets d’annonce non suivis d’effets dont il est coutumier, reviennent encore les vieilles promesses tant rabâchées mais jamais tenues sur la dette des hôpitaux, la question énergétique, la sécurité alimentaire et l’habitat ; des redites qui démontrent qu’Abdoulaye Wade a épuisé son catalogue de promesses ubuesques et n’a plus d’autres ressources que de remettre les couverts pour resservir le brouillamini habituel qui ne trompe plus personne.
Mais Abdoulaye Wade s’est tout de même résolu à revenir sur ses propos blasphématoires qui s’attaquent au pilier de la foi chrétienne et agressent par la même occasion la Nation sans toutefois se résoudre malgré l’indignation générale à retirer ses propos consternants et à présenter ses sincères excuses aux chrétiens pour les avoir blessés dans leur foi et pour le sacrilège de la profanation de la Cathédrale.
Au contraire, il a préféré s’adosser à une ligne de défense surréaliste, s’efforçant de désigner à la colère légitime des chrétiens la presse, accusée d’avoir inventé sa déclaration scandaleuse, comme le parfait bouc émissaire alors qu’elle n’a fait que relayer ses propos in extenso C’est donc un mensonge d’Etat de plus que d’accuser les média pour se défausser de sa responsabilité
C’est également criminel que d’essayer de déplacer le débat dans un prétendu problème entre les Communautés musulmanes et chrétiennes pour dévier le tir. Les propos d’Abdoulaye Wade, unanimement condamnés par les Sénégalais de toutes confessions, n’engagent que sa personne et ne peuvent, en aucun cas, remettre en cause les bases de notre précieuse unité nationale, dont la parfaite cohabitation entre les religions constitue le socle le plus précieux.
En vérité, cette grave affaire qui est la suite de multiples dérapages, donne la preuve qu’Abdoulaye Wade est un pyromane convaincu qui n’hésite pas à mettre en péril notre Nation juste pour sauver son bloc de pierre.
Une nouvelle fois, le message de fin d’année aura été un rendez vous manqué. A aucun moment le Président de la République n’a abordé la lancinante crise casamançaise, comme si, après une longue période d’esbroufe, il reconnaissait son impuissance à résoudre cette plaie dont les seuls développements visibles aujourd’hui sont les assassinats, les attaques à main armée et le grand banditisme sur les routes et dans les villages.
Rien non plus n’a été dit quant à la campagne de commercialisation de l’arachide qui tourne au fiasco faute de financement. Année après année, les campagnes de commercialisation de l’arachide se suivent et se ressemblent dans leur échec. En effet, cette année encore, sur une production annoncée de 1.200.00O Tonnes, seules 300.000 Tonnes sont prévues pour l’achat. Et après 50 jours de commercialisation, 60.000 Tonnes ont été achetées dont seulement 20.000 payées aux producteurs ; ce qui fait planer à nouveau le syndrome des bons impayés dans le monde rural.
Ce qu’Abdoulaye Wade n’a pas dit aux Sénégalais, c’est que les campagnes de commercialisation ont servi à détourner l’argent des producteurs au profit de spéculateurs complices de son régime et à installer le monde rural dans une pauvreté extrême.
Par ailleurs, alors que le Président s’était pourtant engagé à en réaliser l’audit du fichier électoral avec le soutien de l’Union Européenne dans son discours du 03 avril 2009, rien n’a été dit sur ce chapitre. Le Parti socialiste considère que notre système électoral ne peut faire l’économie de l’audit d’un fichier, déjà fortement suspecté d’être le lit des fraudes massives de l’élection présidentielle de 2007 et confirmé par les propos de l’ancien Président démissionné de la CENA.
Enfin, Abdoulaye Wade a évoqué le processus électoral en faisant dans le clair obscur d’une position très nuancée sur la suppression du second tour de l’élection présidentielle. La prétention fausse qu’il s’agit d’un débat et l’affirmation péremptoire que la suppression du second tour était la tendance dans les grandes démocraties ne sont pour lui qu’une façon de donner son onction aux fossoyeurs de notre démocratie qui sont à l’œuvre dans son parti.
Sur les deux exigences formulées par Bennoo Siggil Senegaal pour l’instauration d’un véritable climat de dialogue serein et apaisé tenu en toute bonne foi, l’initiative appartient à Abdoulaye Wade qui doit permettre la poursuite des discussions dans un cadre qui assure un vrai consensus capable de prémunir notre pays contre des compétitions électorales tumultueuses et grosses de danger pour la sauvegarde de notre démocratie, voire la survie même de notre Nation.
Le Parti socialiste l’invite à mettre en place une Commission cellulaire présidée par une personnalité indépendante de la société civile qui, à l’image des Commissions cellulaire dirigées par le Président Kéba MBAYE, les Professeurs Ibou DIAÏTE et Babacar GUEYE, serait chargée de conduire les concertations et de mettre à équidistance le Ministère de l’Intérieur, la Coalition Sopi pour Demain et l’opposition.
Dans ces conditions, la mise en œuvre des conclusions consensuelles auxquelles nous pourrions aboutir, ne devrait poser aucun problème, ni de procédure, ni de fond si Abdoulaye Wade est de bonne foi. En effet, sa double qualité de Président de la République et de Secrétaire général du PDS lui permet de prendre l’initiative d’un projet de loi portant modification du code électoral et d’en demander l’adoption par la majorité parlementaire.
Ce ne serait pas la première fois, ni maintenant, ni avant l’alternance.
Fait à Dakar, le 06 janvier 2010
Le Bureau politique
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