Le Bureau Politique du Parti Socialiste a tenu sa réunion hebdomadaire le Mercredi 25 Novembre 2009 à la Maison du Parti Socialiste Léopold Sédar Senghor.
La déclaration ci- dessous a été publiée à l'issue de la réunion:
Plutôt que de présenter ses excuses aux Sénégalais pour les conséquences désastreuses de son immonde gestion sur leur vie quotidienne ou d’apporter des réponses aux préoccupations lancinantes des populations, Abdoulaye Wade a choisi, contre toute attente, de présenter sa candidature et de débuter sa campagne électorale pour le prochain scrutin présidentiel dont l’échéance n’est pourtant fixée qu’en 2012. Pour satisfaire le funeste dessein de se faire réélire, d’ailleurs en violation de la Constitution, pour un troisième mandat qu’il ne terminerait qu’à 93 ans selon son âge officiel, il a entrepris, au prix de mille reniements, de rameuter à cor et à cri les enfants perdus du Sopi naguère accusés de toutes les perfidies et d’installer notre pays dans une campagne électorale prématurée, indécente et inopportune aux regards des urgences de l’heure.
C’est sous ce rapport qu’il faut analyser les séances publiques d’exorcisme auxquelles se livrent Abdoulaye Wade et sa cohorte d’affidés au Palais de la République. Peut-être Abdoulaye Wade espère-t-il ainsi couvrir, par le fracas de la campagne et par la technique de la diversion, la clameur publique qui le poursuit après la révélation, à la face du monde, de la gestion scandaleuse de l’ANOCI et la honteuse affaire de la mallette d’argent remise à l’ancien représentant résident du FMI au Sénégal. Et sans doute les démons de l’implosion qui menace son parti livré aux appétits dévorants de ses héritiers présomptifs ne lui laissaient-ils pas le choix, mais ce pied de nez traduit l’incapacité de l’homme à se hisser au niveau de la fonction présidentielle, ainsi que le profond mépris qu’il éprouve pour le peuple qui l’a pourtant élu.
Mais plus qu’un trait de caractère, il révèle la nature profonde d’un politicien à la petite semaine, discrédité tant au plan national qu’international, mais déterminé à s’accrocher à un pouvoir qu’il veut personnel et absolu, comme si tout le mouvement de notre Nation ne devait être tributaire que de l’exaltation et de la satisfaction de ses lubies.
A l’heure où compte tenu de ses responsabilités, il devrait se préparer à créer les conditions d’élections démocratiques et apaisées, Abdoulaye Wade s’évertue à brouiller les pistes et à multiplier les pièges pour ses adversaires comme inconscient des périls qu’il fait peser sur la stabilité du pays. Cette démarche mégalomaniaque est la marque distinctive du pouvoir d’Abdoulaye Wade qui a favorisé l’émergence d’un personnel politique incompétent et corrompu qui se contente simplement d’écouter l’oracle présidentiel et de se faire l’écho de ses volontés plutôt que l’interprète des aspirations populaires.
Au même moment, le gouvernement, se répand dans la banlieue, avec pour seul viatique, encore et toujours, des slogans stériles du genre « opération zéro nid de poule » et espère ainsi faire oublier les centaines de milliards engloutis dans des fournitures, travaux et services surfacturés à l’occasion du sommet de l’OCI alors qu’une partie de ces importantes sommes aurait suffi à solutionner définitivement le problème des inondations et du désenclavement de la banlieue. Il ne fait de doute pour personne que cette petite ambition de bouchage de nids de poule restera un vœu pieu comme l’était déjà le fumeux forum pour la banlieue présidé, il y a un an, Abdoulaye Wade et resté à ce jour au stade de simples effets d’annonce.
Suprême hérésie, à la grande indignation de l’UNACOIS, et toujours pour tromper les habitants de la banlieue, il leur promet une baisse territorialement localisée des prix des denrées de première nécessité par le moyen d’hypothétiques magasins de référence, comme s’il était possible de discriminer entre les différents quartiers d’un même périmètre régional ou national. Mais nos compatriotes de la banlieue ne se laisseront pas trompés par les offensives de charmes mensongères et trompeuses d’un pouvoir décrié. Ils ont d’autres urgences qui tournent autour des préparatifs des fêtes de Tabaski, de Noël et du Nouvel an qui se profilent et des dépenses qu’elles induisent dans un contexte de grave érosion du pouvoir d’achat des ménages face au renchérissement croissant du coût de la vie.
Ailleurs dans les campagnes, quatre-vingt quinze pour cent des points de collecte ne sont pas fonctionnels faute de financement pour appuyer les opérateurs privés stockeurs agréés par les huiliers. Face à cette situation, les paysans victimes de l’incurie du régime incapable de démarrer effectivement la campagne de collecte des graines, sont livrés à eux mêmes et obligés de brader leurs récoltes à des prix dérisoires sur les marchés hebdomadaires pour faire face aux urgences qui les accablent.
Dans le contexte actuel où le corps entier de la Nation n’est qu’une vaste plaie béante et vive, les gesticulations électoralistes relayées et amplifiées par la RTS, vecteur de la propagande libérale, ne suffiront pas à masquer la totale incapacité du régime d’Abdoulaye Wade à satisfaire les attentes des Sénégalais ou même à y consacrer son énergie. A cet égard, insatisfait du zèle dévoué de sa Télévision nationale, comme si on pouvait pour sa hagiographie faire plus et mieux que les média d’Etat, Abdoulaye Wade projette de lancer un groupe de presse privé à la solde de son régime.
Pendant ce temps, et dans l’arbitraire le plus total, des Sénégalais, comme dans le cas de la Télévision Futur Média, sont empêchés d’exercer la liberté d’informer pourtant constitutionnellement garantie sous le prétexte fallacieux que les fonds proviendraient de l’extérieur alors même qu’il déclare, par ailleurs, compter sur des partenaires étrangers pour lancer son propre groupe de propagande.
S’agissant des finances publiques, Abdoulaye Wade se vante à longueur de discours de l’accroissement d’un budget national qui, à l’épreuve, se révèle artificiellement gonflé, dans le même temps qu’il dispose du trésor public comme de sa cassette personnelle inépuisable. En réalité, peut-on dire que le Sénégal a un budget dans la mesure où une fois la Loi de Finances votée, Abdoulaye Wade engage des dépenses comme il veut, dans l’informel le plus total et au gré de ses lubies ?
Face à cette situation nationale, le Parti socialiste réitère la revendication populaire, permanente, pressante et légitime pour l’élucidation des scandales financiers qui ont jalonné le régime d’Abdoulaye Wade (fonds taïwanais, chantiers de l’ANOCI, dépassements budgétaires, affaire Alex Segura, Monument de la Renaissance, scandales fonciers à répétition…).
Cette situation rend impérieuse la nécessité pour tous de se mobiliser pour battre Abdoulaye Wade. Le Parti Socialiste réitère à ses alliés au sein de Bennoo Siggil Senegaal, à tous ses partenaires dans le cadre des Assises Nationales et au-delà, à tous les Sénégalais, sa volonté inébranlable et irrévocable de se porter aux côtés du peuple pour mettre un terme au régime d’Abdoulaye Wade à la prochaine échéance électorale.
Enfin, le Parti socialiste a appris la triste nouvelle du décès de notre regretté compatriote Alpha Abdallah SALL, journaliste et ancien Secrétaire général du SYNPICS et présente ses condoléances attristées à sa famille et à tous les journalistes.
Le Bureau politique
Dakar, le 25 novembre 2009
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