Mardi, 7 Fevrier 2012

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Le moment est venu pour le peuple sénégalais de se mobiliser pour réclamer du Conseil Constitutionnel, la destitution du Chef de l’Etat

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wade_senileBUREAU POLITIQUE - DECLARATION DU MERCREDI 30 DECEMBRE 2009

Les Sénégalais étaient déjà habitués à la routine de l’incompétence et de la délinquance du régime d’Abdoulaye Wade, sur fond de détournements, de corruption et d’autres pratiques infamantes qui ont jalonné la marche de notre pays ces neuf dernières années. Aujourd’hui, les avanies multiples de cette gouvernance nocive explosent sous nos yeux avec ses impasses et ses violences. De fait, le Sénégal est bloqué sous les méfaits d’une crise multiforme et multisectorielle qui enveloppe le pays dans un climat général d’inquiétude et d’angoisse sans précédent.

 

L’économie nationale est en pleine dépression, avec une agriculture moribonde, victime des politiques erratiques, avec des paysans qui subissent les effets  des échecs cumulés des campagnes de commercialisation arachidière, avec une industrie démantelée par des amateurs de gains faciles, avec des entreprises asphyxiées par la dette intérieure et par les effets de la récession économique, avec un secteur tertiaire informel livré à la contrebande de produits de contrefaçon d’origine douteuse.

Les ressources du contribuable sont dilapidées dans les incessantes et inutiles ballades d’Abdoulaye Wade, uniquement destinées à recoller les morceaux de son parti en lambeaux. Elles sont également dévoyées dans des dépenses de prestige pour le régime ou encore détournées, comme dans le cas des fonds de l’ANOCI et de la SENELEC, à l’occasion de marchés de travaux publics octroyés dans des conditions d’une totale opacité et propices à la prévarication.

La situation sociale est marquée par la crise structurelle des secteurs de l’éducation et de la santé, la paupérisation des masses urbaines et rurales, la flambée des prix des principales denrées, la hausse du coût de l’électricité devenue indisponible pour cause de délestages récurrents, l’ébullition du front social en rapport avec le refus du pouvoir d’apporter des solutions aux revendications légitimes des travailleurs, le chômage chronique des jeunes et  la détérioration du cadre de vie avec la persistance des inondations.

Le dialogue politique est dans une impasse du fait des aspérités décelées dans le code électoral et de l’autoritarisme d’Abdoulaye WADE qui, ayant compris maintenant qu’il n’a aucune chance de se maintenir au pouvoir par des élections libres, transparentes et démocratiques, se prépare à passer en force au moyen d’un nouveau hold-up électoral qui ne manquerait pas de jeter notre pays dans les troubles post électoraux.

Mais le plus inquiétant, c’est sans aucun doute, l’effarante irresponsabilité des offenses faites en cette fin d’année à l’Eglise et à la communauté chrétienne, en s’attaquant au pilier de la foi chrétienne et aux convictions religieuses de plusieurs millions de personnes dans le monde.

Le Parti socialiste condamne énergiquement ces propos blasphématoires et la violence gratuite contre les chrétiens dont le seul tort a été de répondre à la provocation d’Abdoulaye Wade. Le Parti socialiste exprime son soutien et sa solidarité au Cardinal Théodore Adrien SARR, à l’Eglise et à tous les chrétiens du Sénégal et d’ailleurs.

Dans le fond, les offenses faites à l’Eglise inclinent à croire que la raison a déserté les couloirs du Palais de la République et que ce qui se donne à voir n’est plus que pure sénilité.  En aucun cas, la défense de son « Monument » ne peut justifier les attaques contre les chrétiens, avant eux contre les Imams, et le mépris qu’il affiche à l’égard de nos valeurs religieuses.

Déjà, les auspices crapuleux qui ont présidé à l’érection de sa statue, notamment le financement par la spoliation des terres de l’aéroport, l’usurpation des droits d’auteur du véritable concepteur ainsi que la volonté de confisquer une partie des recettes étaient scandaleux en eux-mêmes.

Mais, tenter de faire taire la légitime protestation indignée des Sénégalais par des déclarations propres à saper la cohésion nationale, et peut être même la survie de notre Nation, est proprement une incitation à la violence et à la haine.

Face au péril Abdoulaye WADE, le moment est venu pour le peuple sénégalais de se mobiliser pour réclamer du Conseil Constitutionnel, la destitution du Chef de l’Etat qui est manifestement devenu inapte pour la fonction présidentielle. Il est venu le moment d’arrêter le démon qui, après s’être incrusté dans notre société, est en train de cracher son discours venimeux, fait d’intolérance. Il est également temps de comprendre, puisque Abdoulaye Wade ne s’illustre que dans la tension et la confrontation, qu’il faut opposer une vive résistance populaire à ses sombres desseins. Sans quoi, il ne resterait plus qu’à voir notre pays se précipiter dans les affres de la division et des dissensions qui ont toujours miné la stabilité des jeunes et fragiles Nations africaines et compromis leur développement dans la paix et la concorde.

D’ici là, et pour le moins, il faut espérer que la traditionnelle adresse à la Nation du 31 décembre ne se réduira pas, comme de coutume, à l’énumération d’un catalogue de vœux pieux et de déclarations d’intention qui n’engageraient que ceux qui y croiraient. Les promesses de 2007 comme celles des années précédentes (baisse des prix des denrées de première nécessité ou de l’instauration d’un véritable dialogue politique) sont restées de simples effets d’annonce.

Les prix ont vertigineusement augmenté depuis et provoqué une érosion drastique du pouvoir d’achat des ménages tandis que les conditions du consensus politique et d’une démocratie apaisée sont rendues impossibles par son attitude belliqueuse à l’égard de tous ceux qui refusent de cautionner son entreprise de succession dynastique.

Ce que les Sénégalais attendent d’Abdoulaye Wade, s’il lui reste encore une once d’honneur, c’est qu’il cesse les remaniements ministériels frénétiques qui ne font que trahir son incompétence et qu’il consacre son énergie à la satisfaction des besoins primaires des populations.

Ce que les Sénégalais attendent d’Abdoulaye Wade, s’il lui reste encore un peu de raison, c’est qu’il se ressaisisse et qu’il adresse de sincères excuses à nos compatriotes catholiques et musulmans pour ses déclarations irresponsables.

L’autre sujet où des excuses sont également attendues par nos compatriotes, c’est l’affaire Segura qui a couvert notre pays de honte en désignant son Président comme un vulgaire corrupteur. Les actes posés et les mensonges d’Etat distillés à l’occasion de cette sordide affaire resteront à jamais dans la conscience des Sénégalais comme une tâche infamante et indélébile.

Toute autre attitude ne sera qu’une façon de biaiser avec les urgences de l’heure.

Fait à Dakar, le 30 décembre 2009

Le Bureau politique

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