Vendredi, 30 Juillet 2010

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LE BP SE PRONONCE SUR LA SENELEC, L'AFFAIRE SENTEL ET LE 50ème ANNIVERSAIRE

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Wade_senegalDECLARATION  DU BUREAU POLITIQUE A L'ISSUE DE SA REUNION HEBDOMADAIRE DU  DU JEUDI 18 FEVRIER 2010
Dans une déclaration en date du 15 octobre 2008, le Parti socialiste écrivait : « Aujourd’hui, en lieu et place d’une alternative crédible, le gouvernement engage la SENELEC dans une nouvelle impasse avec une recapitalisation au schéma imprécis et aux objectifs obscurs ; un expédient dont le seul but est de capter les milliards des partenaires au développement pour ensuite les dissiper en toute opacité. Il y a urgence à procéder à un diagnostic opérationnel, technique et financier de la SENELEC en vue de l’élaboration d’un plan crédible de redressement


En écho à cette déclaration qui avait prédit l’impasse actuelle, la Banque mondiale, par la voix de sa Directrice générale en visite au Sénégal, vient de souligner l’urgence de cette thérapie et exige, à son tour, l’audit de la SENELEC, après avoir décelé dans sa gestion des problèmes de trésorerie, de transparence et d’efficience sur lesquels le Parti socialiste alerte depuis plusieurs années.

Au-delà du pilotage à vue et du management déficient dont souffre la SENELEC, la Banque mondiale a fait le constat d’une opacité complète dans sa gestion, avec des inexactitudes, des dissimulations et des manipulations de chiffres. En effet, la trésorerie de la SENELEC met en évidence les mauvaises options en matière d’investissements et les dépenses de gaspillage, sans rapport avec l’objet social et les missions de la société ; ce qui explique, entre autres, les déséquilibres profonds entre les recettes et les charges de la société. Au moment où les revenus de la SENELEC sont passés de 195 milliards à 276 milliards du fait des augmentations de tarifs et de celle du nombre de clients, soit des ressources supplémentaires de 81 milliards, la hausse sur tous les postes de dépenses de fonctionnement (dépenses de personnel, per diem, titres de transport, primes, etc…) a occasionné un déficit sur les comptes d’exploitation de la société.

De plus, la gestion de la SENELEC est infestée par les lobbies politico-affairistes pour qui l’enrichissement sans cause constitue le seul critère d’allocation de la dépense publique. Il apparaît une absence de transparence des coûts de production de l’électricité avec un système aberrant qui, au lieu de privilégier, en toute logique, un approvisionnement périodique planifié afin de réaliser des économies d’échelle, oblige la société à s’approvisionner en fuel au jour le jour auprès de spéculateurs en collusion avec des réseaux tapis dans les hautes sphères de l’Etat.

La même opacité entoure le choix de supprimer les activités de maintenance des équipements dans le seul but de mettre à l’arrêt les centrales et d’enrichir les producteurs privés que la société paye au prix fort sur la base de contrats nébuleux.

C’est en raison de cette gestion cavalière des ressources publiques que la SENELEC a plongé les Sénégalais dans les ténèbres du rationnement de l’électricité avec une situation qui traduit, d’année en année, la dégradation de la qualité du service. Cette opacité dans la gestion donne plus de pertinence à l’exigence d’un audit financier, opérationnel et technique de la SENELEC qui permettra de faire la lumière sur la matérialité des 500 Milliards d’investissements prétendument réalisés, sur les surcoûts et les dépenses de gaspillage, sur la démesure dans les coûts de production de l’électricité, ainsi que sur la politique tarifaire en rapport avec le coût de revient réel du kilowatt d’électricité tel qu’il ressort d’une comptabilité analytique fiable et crédible.

Les enjeux véritables de l’audit financier, opérationnel et technique de la SENELEC dépassent largement la transparence dans la gestion des finances. En effet, le secteur énergétique, sa propriété et sa maîtrise, sont des éléments clés de l’avenir industriel et social de notre pays. L’Etat doit y jouer tout son rôle pour garantir aux ménages et aux entreprises une fourniture correcte de l’électricité à un prix supportable.

Le Parti socialiste se réjouit de constater que la Banque mondiale vient de donner un écho à l’exigence citoyenne d’un audit de la SENELEC. La même exigence doit porter sur l’audit de la gestion de l’ANOCI, victime de l’impéritie et des caprices de gamins qui ont faste et festin avec l’argent des contribuables.

Et voilà qu’au moment où les cendres du déni de gestion de l’ANOCI sont encore fumantes et alors qu’il n’arrive toujours pas à lever la suspicion légitime sur les extravagances de l’ANOCI, le Président de son Conseil de surveillance se retrouve investi d’une nouvelle mission où, comme à l’accoutumée, il est question de milliards et où, une nouvelle fois, les services financiers de l’Etat sont écartés. D’ailleurs, la question que se pose chaque Sénégalais est de savoir comment ce dernier, qui n’est ni Ministre en charge des finances, ni Ministre chargé des télécommunications, peut se retrouver au cœur des négociations sur la licence de téléphonie mobile de la SENTEL, sauf à considérer qu’il est préposé aux transactions et négociations occultes et opaques.

C’est dans le but d’esquiver les sanctions que le peuple sénégalais attend sur les détournements, les extravagances et les gaspillages dans la gestion de la SENELEC, de l’ANOCI et des autres structures publiques épinglées par l’ARMP qu’Abdoulaye Wade s’est lancé dans un mise en scène médiatique en prenant pour prétexte le lancement des festivités marquant le cinquantième anniversaire de l’accession de notre pays à la souveraineté internationale.

Ce moment, qui aurait dû être une célébration de la mémoire des pères fondateurs et une fête de la Nation toute entière, a fait l’objet d’une tentative éhontée de récupération partisane pour célébrer les rêves mégalomaniaques et dynastiques d’un homme aux abois, au moyen d’une propagande digne des régimes totalitaires les plus répugnants. En effet, le pouvoir a voulu entretenir un amalgame malsain autour de cette célébration. Heureusement que le peuple debout n’est pas tombé dans le piège du meeting électoral qu’a voulu se taper Abdoulaye Wade.

A cette occasion, Abdoulaye Wade a dû faire se faire violence, dans un corset inhabituel de rassembleur, quelques semaines après avoir été l’élément de discorde avec l’effarante irresponsabilité des offenses faites aux imams et à la communauté chrétienne et après avoir été, tout au long de son mandat, le plus grand diviseur commun de la Nation. Aussi, n’a-t-il pas hésité à fragiliser le ciment national pour faciliter ses basses œuvres : la division de confréries, la stigmatisation des communautés religieuses ou de leurs chefs, l’agression des familles traditionnelles dans leur fonctionnement intrinsèque, l’instrumentalisation du conflit en Casamance, la déstabilisation du mouvement syndical avec l’incendie de la Bourse du Travail suivi de mort d’homme et l’ingérence dans les affaires internes des partis politiques participent de cette entreprise de désintégration de la cohésion nationale.

Il y a d’ailleurs quelque paradoxe à imaginer Abdoulaye Wade dans le rôle de porteur d’un message d’union et de communion ; un discours qui sonne faux dans la voix de l’apôtre de la désunion qui, par ses déclarations irresponsables, menace l’équilibre de notre précieuse unité nationale que d’autres avant lui, bien plus lucides et responsables, ont contribué à construire dans la paix et la concorde.

En vérité, Abdoulaye Wade n’a pas et n’aura jamais la dignité de la fonction présidentielle. Il est et il restera  l’homme des tournants ratés dont le nom restera à jamais dans la rubrique des faits divers. Il est et restera toujours un homme de camp et de clan. Sinon comment peut-il célébrer le cinquantenaire de l’anniversaire de l’indépendance de notre pays sans convoquer le parcours de nos grands hommes, des plus humbles aux plus illustres qui ont connu et écrit les pages héroïques de la lutte pour l’indépendance de notre pays et qui, avec d’autres, « ont tracé droit notre chemin et forgé notre destin ».

Quoique fasse Abdoulaye Wade et même tenté par le négationnisme, l’histoire retient déjà que ce sont ces hommes qui ont jeté les bases d’un Etat moderne adossé aux valeurs de la République démocratique et laïque et qui ont toujours donné au peuple sénégalais un sentiment de fierté. Rien de commun avec les mœurs dépravées, la manipulation des consciences, la subversion des valeurs morales et le culte de l’argent corrupteur, avec lesquels Abdoulaye Wade s’attelle à déconstruire les bases de notre vie commune.


Fait à Dakar, le 18 Février 2010

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