BUREAU POLITIQUE DECLARATION DU MERCREDI 20 OCTOBRE 2010
Si on en juge par la rentrée des classes, l’année scolaire 2010/2011 commence sous des auspices très sombres qui démontrent, si cela était encore nécessaire, l’irresponsabilité et l’inconséquence du gouvernement d’Abdoulaye Wade face aux véritables priorités nationales. Après les abondantes pluies de cet hivernage, aucun effort substantiel n’a, en effet, été accompli pour libérer les écoles de l’emprise des eaux stagnantes consécutives aux inondations. Au contraire, au lieu de faire résolument face au problème, on a préféré se lancer dans des opérations de charme stériles en direction de couches ciblées de la population que l’on veut circonvenir par quelques dons de motopompes acquises avec l’argent volé au peuple et offertes intuitu-personae pour les besoins d’une propagande personnelle et dans le but de légitimation de la succession dynastique qui se prépare. C’est ainsi que des dizaines de milliers d’élèves sont encore obligés de rester à la maison, faute de pouvoir accéder aux salles de classe.
Mais il y a bien plus grave que la situation de ces écoles prises sous les eaux : c’est le laxisme effarant du gouvernement qui a ouvert les vannes de l’école primaire et laissé passer près de 95% des élèves du cours moyen 2ème année en classe de 6e sans aucune évaluation sérieuse. Ainsi donc, l’examen d’entrée en sixième est devenu une simple formalité, s’il n’a pas été tout simplement supprimé des tablettes de l’éducation sans crier gare. Si Abdoulaye Wade et son incompétent ministre de l’éducation nationale voulaient se livrer au sabotage de l’école sénégalaise, ils ne s’y prendraient pas autrement. Même des élèves alités et absents au moment des examens ont pu être déclarés admis au final. On imagine aisément, mais avec effroi, les graves répercussions sur le niveau général de nos jeunes élèves qui accèdent, dans ces conditions lamentables, à l’enseignement secondaire sans aucune évaluation digne de ce nom. Et surtout, on se représente, sans difficultés, les conséquences inéluctables à terme sur les performances générales de notre éducation nationale jadis considérée comme l’une des meilleures d’Afrique.
Cet afflux incontrôlé confronte les responsables des établissements publics à un casse-tête insurmontable, en raison de l’arrivée massive d’élèves que les locaux disponibles ne sauraient décemment contenir. Il en résulte la généralisation des classes à plus de 100 élèves et des abris provisoires où ils sont condamnés à une nullification certaine, malgré l’entier dévouement de leurs professeurs et en dépit des sacrifices de leurs parents. Surtout, chacun appréhende les menaces que cette situation précaire fait peser sur les enfants livrés à la merci d’accidents inévitables comme les incendies ou les effondrements en raison du caractère rudimentaire de ces abris de fortune
Pendant ce temps, le clan Wade, obnubilé par son désir de mainmise sur les richesses nationales, continue l’entreprise d’accaparement de tous les secteurs névralgiques de l’économie nationale en sautant sur toutes les opportunités d’enrichissement personnel par des commissions perçues à l’occasion de marchés publics. Loin des préoccupations du peuple, et de la question de l’éducation vitale pour l’avenir de la Nation, ils ne se soucient que de concentration entre leurs mains corrompues de plus de pouvoirs qu’ils ne pourront jamais en assumer correctement. C’est ainsi qu’après avoir, contre tout bon sens, investi son fils de la quasi moitié des responsabilités gouvernementales, il a entrepris, toujours au profit de ce dernier, de dépouiller, insidieusement, plusieurs autres ministres dont ceux de l’économie et des finances, et des affaires étrangères de l’essentiel de leurs prérogatives.
Ainsi le père « omniscient » et le fils « omnipotent » peuvent-ils régenter leur monde, mettre le Sénégal en coupe réglée et poursuivre ainsi sans désemparer leur œuvre de déprédation des ressources nationales. C’est dans ce cadre qu’il faut analyser la signature par Abdoulaye Wade du dernier décret scélérat numéro 2010/1185 du 13 septembre 2010 limitant drastiquement les champs d’intervention respectifs de l’Autorité de régulation et de la Direction de contrôle des marchés publics, en violation flagrante de la directive numéro 04/2005/CM/UEMOA et à la grande stupéfaction de nos partenaires au développement. Non seulement ce décret met hors contrôle tous les contrats avec les prestataires de conseils juridiques ou financiers accoquinés avec son régime et à l’occasion desquels on pourra prévariquer sans entraves. Mais il aboutit de fait à ce qui était probablement sa fin dernière, à savoir mettre Abdoulaye Wade, son fils, le FESMAN, son premier ministre et les ministères de souveraineté en position de pouvoir engager les deniers publics en toute opacité.
Ainsi, aussi bien la présidence de la république pour elle-même et pour les agences qu’elle abrite, la primature pour ce qui concerne tous les marchés décrétés « d’urgence » ou « secrets », les ministères dits de souveraineté confiés à des féaux repentis et à des valets, pourront engager des dépenses faramineuses dans une opacité totale propice à la corruption et aux détournements de l’argent public. Il en est de même du ministère en charge du secteur des produits pétroliers et cela, comme par hasard, au moment même où Abdoulaye Wade vient d’en confier les rênes à son fils déjà compromis dans le scandale des fonds de l’ANOCI dont les Sénégalais attendent toujours la reddition des comptes.
Pour les observateurs avertis, la manœuvre qui s’inscrit en droite ligne de toutes les autres opérations d’affaiblissement des organes de contrôle, tant a priori qu’a posteriori, de la dépense publique que sont l’ARMP, l’Inspection générale d’Etat, la Cour des comptes ou autres, ne laisse aucun doute quant aux fins poursuivies. Il en est de même de l’instrumentalisation de l’ARTP qui a abouti aux scandaleuses affaires des commissions perçues lors de la vente de la troisième licence de téléphonie attribuée à SUDATEL ou dans le cadre des tentatives de confier le contrôle des télécommunications internationales à la société Global Voice. Il s’agit, pour le clan Wade, de se constituer un trésor de guerre en vue non seulement d’enrichissement personnel, mais aussi d’achat des consciences lors des prochaines échéances électorales.
C’est dire donc que la fraude électorale est déjà mise en branle par un régime convaincu qu’il ne peut désormais compter que sur l’argent pour se maintenir et se perpétuer de façon dynastique. Voilà pourquoi la nouvelle structure chargée de veiller à la régularité et à la transparence des prochaines élections que Bennoo Siggil Senegaal est en train de porter sur les fronts baptismaux, en liaison avec toutes les organisations éprises de démocratie, ne pourra pas s’en tenir uniquement à la surveillance du seul processus électoral mais devra réfléchir à étendre ses tâches prioritaires à la lutte acharnée pour la bonne gouvernance et contre l’affaiblissement des structures de contrôle de la dépense publique et son objectif manifeste, c'est-à-dire la licence pour Ali Baba Wade Père et Fils, et les quarante voleurs, de se livrer à leur sport favori.
Dans l’optique de contrecarrer ces funestes projets, le Parti Socialiste appelle tous les Sénégalais à se joindre à ce combat salutaire pour le salut de la démocratie et de la république, mais aussi pour la survie de la Nation menacée dans ses fondements. Chacun doit comprendre que face au péril que le régime fait peser sur le Sénégal, la lutte pour le respect de la bonne gouvernance économique et financière ne saurait rester compartimentée et isolée des autres combats. C’est la raison pour laquelle cet appel ne s’adresse pas qu’aux politiques, mais interpelle aussi tous les travailleurs, qu’ils soient de la SONATEL, de la SENELEC, de la SAR, des ICS, et de toutes les autres entreprises, qui se trouvent menacés dans leur emploi par les agissements du clan Wade.
Le Parti Socialiste, après avoir assuré de son soutien sans faille les travailleurs de ces sociétés dans la défense de leurs intérêts professionnels, les invite également à prendre conscience de ces relations intrinsèques et leur demande de se mobiliser avec les syndicats, la société civile, les partis politiques et plus généralement tous les Sénégalais, dans la lutte pour se débarrasser du régime prédateur d’Abdoulaye Wade. L’issue des prochaines élections en dépend certes mais avant cela, le sort de leurs entreprises en est tributaire.
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