Vendredi, 30 Juillet 2010

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DIALOGUE POLITIQUE: MISE EN SCENE MEDIATIQUE DE WADE DESTINEE A LA CONSOMMATION EXTERIEURE

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marchefss151108 (2)DECLARATION DU BUREAU POLITIQUE A L'ISSUE DE SA REUNION HEBDOMADAIRE DU MERCREDI 03 MARS 2010

Dans ce qui paraît chaque jour comme une aventure personnelle, Abdoulaye Wade tente désespérément de faire illusion dans un populisme frelaté pour donner l’impression de maîtriser une situation qui a, depuis longtemps, échappé à son contrôle. C’est cette analyse qu’il faut avoir des bravades et des discours d’autoglorification qui accompagnent ses prétendus appels au dialogue.

Cette curieuse pratique de la démocratie démontre, si besoin en était encore, la mauvaise foi d’Abdoulaye Wade. Pour autant, le Parti socialiste salue l’initiative du Khalife général des Tidjanes, Serigne Mansour SY, qui est dans sa responsabilité de régulateur social et d’autorité morale en s’impliquant pour la relance du dialogue. Il convient seulement de se rappeler que l’impasse du dialogue politique est de la seule responsabilité d’Abdoulaye Wade puisque l’opposition a déjà fait des pas significatifs dans ce sens.


Dans ces conditions, c’est à Abdoulaye Wade de faire la preuve de sa bonne foi en répondant à la dernière lettre en date du 23 octobre 2009 de Bennoo Siggil Senegaal qui lui indiquait le format et le contenu du dialogue et lui proposait des discussions inclusives élargies à chaque secteur et acteur intéressé par les questions inscrites à l’ordre du jour. C’est à lui de faire démarrer les concertations sur la révision du système électoral et les travaux d’audit du fichier électoral et de créer les conditions d’un processus électoral apaisé en donnant des instructions fermes à son Ministre de l’Intérieur qui n’a toujours pas répondu à la lettre des Partis membres de Bennoo Siggil Senegaal datée du 26 janvier 2010. Pour rappel, l’opposition avait, dans cette lettre, formulé des propositions précises sur le profil et les missions de la personnalité indépendante chargée de conduire les discussions sur le processus électoral.


En tout état de cause, le Parti socialiste n’associera jamais son image à une opération de communication dont un prétendu dialogue servirait de cadre et de prétexte puisqu’il est établi qu’Abdoulaye Wade n’est mû que par la volonté de manipuler l’opposition dans une mise en scène médiatique destinée à la consommation extérieure.  
Cette volonté de paraître explique, par ailleurs, les contradictions, les amalgames et les contrevérités distillés dans la presse française et qui, au final, renseignent sur le désarroi d’un homme au régime finissant qui jette progressivement le masque pour faire apparaître au grand jour son projet de dévolution dynastique du pouvoir. Mais le plus consternant, c’est le paternalisme de mauvais aloi et l’énergie folle qu’il déploie pour tenter de disculper son fils de toute responsabilité de la gestion chaotique de l’ANOCI. La difficulté pour convaincre, c’est que les réponses avancées d’une faiblesse navrante, n’arrivent toujours pas à clarifier les zones d’ombre qui couvrent encore les détournements, les extravagances et les gaspillages dans la gestion de l’ANOCI et n’ont aucune valeur probante devant les résultats du rapport d’audit publié par l’ARMP mettant en exergue les graves entorses aux procédures de passation des marchés. 

De plus, les révélations chiffrées du journaliste Abdou Latif COULIBALY n’ont jusqu’ici reçu que des déclarations d’autosatisfaction, rapidement démenties et contredites par les informations partielles rendues publiques.  Si le rapport d’audit des marchés publics a servi à prendre la mesure des violations des règles de passation des marchés publics, il ne fait aucun doute qu’un audit technique et financier de l’ANOCI renseignerait davantage sur le scandale du gaspillage des ressources publiques dans des dépenses improductives et extravagantes, effectuées, avec légèreté et irresponsabilité.


Au lieu de répondre précisément à ces interpellations qui renforcent l’exigence populaire d’une reddition des comptes et d’un audit indépendant et fiable de la gestion de l’ANOCI, ces dirigeants incompétents se cachent derrière le papa qui les couve et les protège, comme on le ferait pour des majeurs incapables placés sous curatelle.


Lorsque les faits indexent les mœurs dépravées de son régime, le clanisme, le népotisme et le clientélisme, Abdoulaye Wade feint de méconnaitre la gangrène de la mal gouvernance dans notre pays, lui qui a transformé l’espace public en grand banquet de famille. Il feint également d’oublier la pandémie de la corruption, de la prévarication et de la concussion qui se propage depuis le sommet de l’Etat, avec le scandale du monument de la discorde nationale, le déni de gestion de l’ANOCI et l’affaire Alex Segura, qui l’a désigné comme un vulgaire corrupteur et restera à jamais dans la conscience des Sénégalais comme une tâche infamante. 
C’est avec la même logique prévaricatrice qu’il gère les relations internationales avec une diplomatie, uniquement motivée par le gain immédiat. Dans cet esprit, son empressement à récupérer les emprises foncières qui abritent les bases françaises à Dakar, qu’il s’obstine à présenter comme un acte de souveraineté, n’est en réalité que la brume qui enveloppe une nouvelle entreprise d’aliénation spoliatrice et spéculative du patrimoine foncier national ou de satisfaction de ses lubies mégalomaniaques de construction d’un nouveau palais présidentiel.


D’ores et déjà, le Parti socialiste, comme il l’a déjà indiqué pour toutes les autres opérations de spoliation foncière, avertit tous ceux qui seront impliqués dans de telles pratiques que leurs faits et actes ne seront pas passés en pertes et appelle toutes les forces patriotiques à dire clairement que les privés, les fonctionnaires, les notaires ou autres qui sont complices de telles dilapidations des biens publics rendront aux Sénégalais les fruits de leur enrichissement sans cause. Le Parti socialiste rappelle à tous les partenaires privés et publics, nationaux et étrangers, associés aux opérations de prédation des ressources que le peuple sénégalais ne va jamais donner un blanc seing à cette spoliation organisée et cautionner les malversations passées, présentes et à venir. Demain, tout gouvernement responsable se fera le devoir impératif de corriger et de purger en bonne règleces pratiques auxquelles se livrent sans retenue les autorités actuelles et fera les nécessaires recouvrements des biens de la Nation.


Enfin, lorsqu’il se prononce sur la crise en Casamance, Abdoulaye Wade s’accroche désespérément à une paix déjà fêtée en grande pompe et par un jour déclaré férié et qui, tel un fantôme, n’existe que dans son esprit, au lieu de reconnaître son échec et de battre sa coulpe, lui qui, en 2000, prétendait résoudre la crise casamançaise en 100 jours. Or depuis cette date, l’intrusion de l’argent corrupteur, l’émiettement du MFDC et la mise à l’écart des pays voisins ont mis à mal une mauvaise approche pour la résolution de ce conflit. Ces carences coupables du pouvoir sont la cause directe de la recrudescence de la violence, sans aucune perspective de paix quoiqu’en dise par ailleurs Abdoulaye Wade. Or s’agissant d’une question nationale majeure, la crise casamançaise doit être traitée sans exclusivisme et sans exclusion dans le cadre de larges concertations, où tous les Sénégalais et les pays frontaliers peuvent jouer un rôle important dans la recherche d’une solution durable, étant entendu que préalablement il faut aider le MFDC à retrouver son unité.

Fait à Dakar, le 3 mars 2010

Le Bureau politique



 

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