Depuis qu’il s’est installé au pouvoir, Abdoulaye Wade a inscrit ses actes dans une logique soit de provocation soit de prévarication s’il ne combine pas simplement les deux. Aujourd’hui encore, Abdoulaye Wade reste fidèle à sa logique de tricherie et de prédation qui a toujours été la ligne d’action de la gestion immonde que lui et son clan ont imprimée aux affaires publiques de notre pays.
C’est dans ce cadre qu’il faut analyser la décision du Gouvernement de porter le cautionnement pour les candidatures à l’élection présidentielle de 2012 à 65 Millions de Francs CFA. Cette décision unilatérale constitue un sérieux coup de canif contre la démocratie que le Gouvernement a tenté de maquiller par un semblant de concertations convoquées in extremis alors même qu’il avait depuis longtemps à l’esprit d’augmenter le cautionnement. En avalisant ainsi une exigence d’un cautionnement censitaire du camp présidentiel, le Ministre chargé des élections justifie les appréhensions légitimes d’une large frange de l’opinion quant à sa capacité à s’affranchir des manœuvres d’un régime habitué à la fraude. Dans tous les cas, il ne peut exciper sa bonne foi dans cette décision surtout si l’on se souvient des élections législatives de 2001 au cours desquelles le cas Alé Lo, investi par deux listes concurrentes, ne fut possible que grâce à la complicité du Directeur général des Élections d’alors qui avait à l’époque joué à cache-cache pour soustraire les preuves du forfait .
Si l’objectif du Gouvernement était de limiter les candidatures à l’élection présidentielle de février 2012, il s’y est très maladroitement pris parce qu’au final cette décision aboutit à l’instauration d’un système censitaire. Elle risque également d’inciter des candidats à recourir à des expédients de toutes sortes qui les mettraient à la merci de lobbies d’argent ou de trafiquants de tout acabit, expédients dont le système Wade est coutumier. Au surplus, il y a bien d’autres moyens de lutter contre la prolifération des candidatures comme par exemple l’exigence d’un parrainage par un certain nombre d’électeurs ou d’élus si tel était la volonté du Gouvernement.
Au vrai, cette décision procède d’une pitoyable manœuvre d’un régime finissant qui, conscient que les Sénégalaises et les Sénégalais lui ont définitivement tourné le dos, multiplie les actes de provocation pour organiser une mascarade électorale en 2012 et se maintenir au pouvoir contre la volonté souveraine du peuple.
Dans tous les cas, cette décision de nature politique ne peut se justifier par des raisons d’économies budgétaires par un régime qui aura manqué à toutes ses obligations en matière de bonne gouvernance. Elle ne peut faire oublier la chape de plomb placée sur les finances de notre pays par l’irresponsabilité de sa gestion calamiteuse alors surtout que la pertinente proposition du bulletin unique permet de réaliser de considérables économies d’échelle.
En tout état de cause, ce dont la démocratie sénégalaise a besoin, ce n’est pas d’une augmentation du cautionnement qui ne règle rien, mais d’un système électoral fiable et crédible qui garantit des élections sincères, régulières et transparentes, seules à même de préserver la stabilité et la paix civile dans notre pays.
Les provocations d’Abdoulaye Wade consistent également à s’attaquer aux collectivités locales et au principe de leur libre administration qu’elles tiennent de la Constitution et des lois de la République. En effet, cette démarche honteuse d’entrave à la libre administration des collectivités locales, entamée avec la mise en place de délégations spéciales dans des collectivités locales, s’est traduite dernièrement par l’adoption de la loi portant transfert de la gestion de toute la filière des déchets ainsi que toutes les ressources financières et matérielles y afférentes à la SOPROSEN.
Or dans tous les pays du monde, la gestion des déchets est une compétence traditionnelle, pour ainsi dire naturelle des collectivités locales. En décidant ainsi d’affecter la taxe sur les ordures ménagères à cette société et de lui confier la gestion des ordures pour le compte des collectivités locales, la loi viole la Constitution qui consacre les principes de la libre administration des collectivités locales et de la libre affectation de leurs ressources.
Non seulement, cette loi restaure une conception jacobine du pouvoir en violation de la Constitution et constitue à ce titre une grande régression eu égard aux progrès réalisés par notre pays en matière de décentralisation, mais l’option absurde et contreproductive de confier la gestion des déchets solides à une société sur toute l’étendue du territoire national est guidée par la volonté de captation du « fromage », comme l’ont avoué les initiateurs, à des fins d’enrichissement personnel et pour financer la campagne de l’élection présidentielle de 2012.
Il n’y a aucun doute que ces agressions constituent une déclaration de guerre aux collectivités locales qui sont aujourd’hui à la fois des lieux de résistances aux politiques nocives du régime en place et des creusets d’expériences démocratiques et participatives. C’est pour cette raison que le Parti socialiste appelle tous les élus locaux et tous les citoyens attachés aux valeurs de la République à monter en première ligne pour défendre le pouvoir local et pour faire front à la stratégie périlleuse d’agressions contre la démocratie et la souveraineté populaire. Le Parti socialiste met en garde Abdoulaye Wade et lui rappelle qu’il reste seul responsable des graves conséquences qui pourraient en découler s’il s’entête dans cette voie inexcusable consistant à renier tous les acquis de la décentralisation.
Dans le même ordre d’idées, le Parti socialiste estime que le peuple sénégalais doit s’employer avec la même détermination à combattre la dernière provocation du régime qui, en violation de la compétence du Parlement, a instauré une taxe sur les appels téléphoniques entrants et procédé à la répartition des fonds générés par cette taxe par voie réglementaire.
Comme pour la loi portant transfert de la gestion des déchets solides à une société, ce décret n’est motivé que par la volonté d’enrichir le clan quitte à provoquer un véritable appauvrissement du consommateur. Certes il est nécessaire de lutter contre la fraude en assurant l’exhaustivité des déclarations des opérateurs de téléphonie et d’établir une meilleure répartition des revenus, mais il n’était pas opportun pour y parvenir d’instituer une taxe sur le trafic international qui viendra obérer davantage le pouvoir d’achat des Sénégalais.
Cette affaire qui revient plus d’une année après la vive polémique provoquée par l’irruption de la société Global Voice dans le paysage des télécommunications sénégalaises, démontre une nouvelle fois qu’Abdoulaye Wade et son régime n’en ont cure des véritables intérêts économiques de notre pays et ne reculent devant rien pour se donner les moyens de mettre la main sur les ressources publiques en vue de continuer à s’enrichir sans cause et à financer leur train de vie dispendieux.
Fait à Dakar, le 7 septembre 2011
Le Bureau politique
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