Après ses aveux alambiqués sur l’affaire « Alex Segura » tendant à se défausser sur la tradition africaine et sur l’honneur d’un loyal officier des Armées, Abdoulaye Wade s’est maintenant emmuré dans un silence de plomb. En plus de la honte dissimulée, cette omerta traduit, si besoin en était encore, le mépris qu’il éprouve pour le peuple sénégalais.
Et lorsque la presse le rappelle à la réalité des mœurs dépravées de son régime et des relations névrotiques qu’il a toujours entretenues avec l’argent, il n’a d’autres ressources que de s’énerver et perdre ses moyens. Pourtant, nonobstant les poursuites et sanctions légitimes et méritées qui, seules, laveront l’indignité dont il couvre la fonction présidentielle par la violation de son serment constitutionnel, le moins qu’on puisse attendre de lui est qu’il adresse ses excuses les plus plates aux Sénégalaises et Sénégalais qu’il a blessés et dont la confiance et le mandat ont été trahis.
Plus grave, au moment où les cendres du déni de gestion de l’ANOCI par son fils biologique, sont encore fumantes, le voilà qui s’en va ce 4 novembre à Thiès solder avec le fils d’emprunt, les sordides comptes à milliards qui les opposaient, il n’y a guère longtemps, dans une bataille à mort. Mais ces retrouvailles en grandes pompes ne feront jamais oublier les échanges sur des accusations, à ce jour non élucidées, de détournement de deniers publics et d’escroquerie, et surtout la tristement fameuse phrase lâchée par Abdoulaye WADE au moment où il venait d’entamer son mandat comme troisième Président de la République du Sénégal : « nos ennuis d’argent sont terminés ». Faut-il rappeler que ces propos ont été tenus à son ancien Premier Ministre qui les a rendus publics et n’ont jamais été démentis.
Par ailleurs, la BCEAO doit éclairer l’opinion sur la détention par Abdoulaye Wade d’importantes devises en violation de la réglementation bancaire sur la détention de devises dans l’espace UEMOA et dire clairement aux Sénégalais si les devises en question ont été échangées par ses soins.
Dans le même ordre d’idées, le FMI et les autres partenaires bilatéraux et multilatéraux du Sénégal ne sauraient passer par pertes et profits cette grave et historique tentative de corruption, sans cautionner les malversations passées et à venir, et donner ainsi un blanc seing au dévoiement des ressources des contribuables. Il s’agit là d’une crainte légitime puisque jusqu’ici le FMI n’a pas officiellement condamné la tentative de corruption de son agent par Abdoulaye Wade.
Le Parti Socialiste invite, une nouvelle fois, le FMI et les institutions de coopération bilatérale et multilatérale à prendre des sanctions exemplaires à l’encontre d’Abdoulaye WADE après avoir clarifié les zones d’ombre qui couvrent encore cette affaire. Il y va de leur crédibilité et de l’autorité de leurs discours et résolutions dans la lutte contre la mal gouvernance et le fléau de la corruption.
Cette exigence est tout aussi valable pour ce qui concerne la gestion de l’ANOCI dont les institutions de Bretton Woods, FMI et Banque Mondiale, ne sauraient se désintéresser sous le seul prétexte qu’elles n’en auraient pas financé les travaux, car en dernière instance, elles ont, indirectement et par substitution de dépenses, contribué aux extravagances de cette agence.
Sur le chapitre agricole, en particulier la campagne de commercialisation de l’arachide, le Parti Socialiste constate pour le déplorer qu’à moins de 25 jours de la célébration de la Tabaski, le Gouvernement n’a toujours pas défini le système de collecte, ni décliner le plan de financement de la campagne, encore moins fixer la quantité de collecte par rapport à la production. Jusqu’à ce jour, la remise en état du matériel de collecte (bascules et cribles) traditionnellement confiée à la SUNEOR n’a pas non plus démarré aux points de collecte alors que compte tenu de son état avancé de vétusté, il faudrait un minimum de quarante cinq jours.
Au moment où les paysans s’inquiètent du sort que le gouvernement leur réserve, le Parti Socialiste dénonce la rétention volontaire des financements par le Gouvernement pour obliger les paysans à brader leurs récoltes aux spéculateurs au prix de 110 Francs le kilo d’arachide. Le Parti exige d’Abdoulaye WADE et du Gouvernement le démarrage immédiat de la campagne de commercialisation au lieu d’attendre la veille de la Tabaski pour ouvrir de rares points de collecte alibis.
Enfin, convaincu que les régimes corrompus ne trouvent de véritables adversaires à leur mesure que lorsque le peuple décide de relever le défi, le Parti Socialiste invite tous les citoyens désireux de réhabiliter l’honneur et la dignité de notre pays et de mettre un terme à l’impunité et à l’arrogance des délinquants tapis dans les allées du pouvoir, à participer massivement à la marche du 6 novembre organisée par les femmes et les jeunes de Bennoo Siggil Senegaal.
Cette marche sera aussi l’occasion d’exiger à nouveau un audit indépendant, opérationnel, et financier, ainsi qu’une reddition détaillée des comptes de l’ANOCI, sans oublier la revendication permanente d’une vie plus décente, une nourriture moins chère, une éducation et des soins de bonne qualité, l’électricité disponible et à bon marché... Chaque Sénégalaise et chaque Sénégalais a, au moins, une raison d’être partie prenante à cette marche qui ne saurait être l’apanage des seuls partis politiques.
Fait à Dakar, le 4 novembre 2009
Le Bureau politique
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