Face aux résistances citoyennes contre ses décisions arbitraires et antidémocratiques, le régime d’Abdoulaye Wade vient, une nouvelle fois, de s’illustrer dans une folie meurtrière. Après le meurtre resté impuni de Mamadou Cissokho à Kédougou en décembre 2008 et après tous ces citoyens tombés sous les balles des forces de sécurité ou morts dans les commissariats de police dans des circonstances jusqu’ici non élucidées, une nouvelle tragédie vient de frapper notre pays, avec l’assassinat de Malick Ba abattu par la Gendarmerie nationale à Sangalkam.
Le Parti socialiste s’incline devant la mémoire du disparu et tient à témoigner sa compassion à sa famille et à ses proches. Le Parti socialiste manifeste sa solidarité aux populations de Sangalkam et les appelle à faire front dans cette épreuve qui ne peut que renforcer leur détermination et leur courage.
Le Parti socialiste condamne fermement cette violence d’Etat contre les populations de Sangalkam qui manifestaient, en toute légitimité, contre une remise en cause du suffrage universel par le régime d’Abdoulaye Wade. Mais assurément le pire, c’est le trouble que la défense de la Gendarmerie nationale a pu jeter chez les citoyens attachés aux institutions et à l’Etat de droit. En effet, comme seul moyen de défense pour justifier ce crime abject, son porte-parole a prétendu que les manifestants s’attaquaient à un symbole de l’Etat. Or ceux qui s’attaquent à l’Etat et à ses symboles, ce sont les auteurs d’un coup d’Etat contre la souveraineté populaire incarnée, ici, par un conseil local démocratiquement élu. A cet égard, le Parti socialiste rappelle à nos forces de sécurité qu’elles sont au service du peuple sénégalais et qu’elles doivent s’illustrer dans la défense acharnée de la loi au lieu de servir les calculs bassement politiciens d’un régime hors la loi et qui porte atteinte à la démocratie.
Au vrai, cette répression sanglante qui allonge la liste macabre du régime actuel, porte la responsabilité exclusive d’Abdoulaye Wade, lui qui a délivré des permis de tuer et fait l’apologie et la promotion de l’impunité. Contre cette impunité ambiante affichée au grand jour comme un signe de mépris pour les populations et leur exigence de justice, le Parti socialiste exige l’ouverture d’une enquête indépendante pour situer les responsabilités, pour identifier les auteurs, complices ou donneurs d’ordre de ce crime abominable et pour les présenter devant le juge.
Le Parti socialiste considère la furie répressive du régime face aux aspirations légitimes des populations comme la preuve de la peur panique d’Abdoulaye Wade affolé par la perspective de son départ imminent du pouvoir. Face à un régime qui ne compte plus que sur la répression aveugle et qui veut obtenir par la terreur ce que la volonté populaire lui refuse, il urge d’opposer toute forme de résistances, à l’image des populations de Sangalkam et de Mbane. Le Parti socialiste invite les Sénégalais de tous bords, et chacun avec les moyens, la détermination et l’intelligence qui lui sont propres, à encore accentuer le combat pour le salut de notre peuple. C’est ainsi seulement que le peuple sénégalais pourra faire saisir à Abdoulaye Wade, qui peine à sortir du petit calcul politicien, le mouvement historique irréversible qui annonce la fin de son régime.
Fait à Dakar, le 31 mai 2011
Le Parti socialiste
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