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Un Budget 2010 pour dilapider les maigres ressources - Affaire SEGURA : Réhabiliter la dignité de l'Aide de Camp

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comite_central_psLe Bureau Politique du Parti Socialiste a tenu sa réunion hebdomadaire le Mercredi 09 Décembre 2009 à la Maison du Parti Socialiste Léopold Sédar Senghor.

La déclaration ci-dessous a été publiée à l’issue de la réunion.

BUDGET 2010 : L’AGRICULTURE ,  LA SANTE ET L’ENSEIGNEMENT SUPERIEUR SONT LES PARENTS PAUVRES

Dans un contexte marqué par une crise internationale persistante, et au moment où les prévisions les plus optimistes prévoient une reprise au second semestre 2010, le régime d’Abdoulaye WADE vient d’adopter le budget 2010 caractérisé d’une part par une surévaluation des prévisions de recettes et d’autre part par des dotations excessives pour des secteurs budgétivores sans impact sur le bien-être des populations ainsi que des allocations insuffisantes pour des secteurs vitaux du pays. 

 Les institutions inutiles comme le SENAT et le Conseil Economique et Social coûtent environ 10 milliards aux contribuables tandis que 42 Agences dont la quasi-totalité sont des doublons des services administratifs et font le même travail que ces derniers engloutissent plus de 142 milliards soit presque la moitié du budget du Ministère de l’Enseignement Elémentaire, du Moyen Secondaire et des Langues Nationales. 

 Dans le même temps, aucun effort budgétaire n’est noté pour faire face aux récurrentes difficultés des secteurs vitaux. En effet, les
montants affectés aux secteurs de l’Agriculture, de la Santé et de l’Enseignement supérieur sont tellement insuffisants que la preuve est maintenant faite qu’Abdoulaye Wade et son régime n’ont aucune ambition pour ces secteurs. 

Les secteurs de la Santé et de l’Enseignement Supérieur restent les parents pauvres de la politique du régime et souffrent d’une insuffisance criarde de ressources. 

 Les dettes cumulées des hôpitaux seront difficilement résorbées et installeront les établissements hospitaliers dans une ambiance peu propice à la performance. Ces établissements sont structurellement  déficitaires et ne pourront supporter leurs importants frais de fonctionnement malgré la recherche de ressources propres. Le budget 2010 ne prévoit aucune mesure sérieuse pour résoudre ce problème.
Tout comme les structures hospitalières, les Universités, Ecoles Nationales Supérieures et les Centres des Œuvres que l’Etat continue de créer, selon l’intensité des pressions des apprenants ou de leurs maîtres, reçoivent des dotations insuffisantes qui leur permettent d’assurer, à peine, six mois de fonctionnement, ce qui fait le lit de grèves et de perturbations cycliques qui justifient les mauvais résultats constatés. 

Cette situation est d’autant plus préoccupante que  90% des subventions octroyées couvrent le paiement des dépenses de personnel. Nos Universités et autres centres de formations supérieures, sans budget spécifique destinés à la recherche s’apparentent  à de grands lycées.

 
C’est parce qu’il se désintéresse totalement du calvaire des populations de la banlieue qu’Abdoulaye Wade a confiné le fonds spécial de lutte contre les inondations à 2 milliards. Il y a là une flagrante contradiction entre les effets d’annonce et une réelle volonté politique de résoudre, dans la durée, les difficultés insupportables que vivent nos compatriotes des banlieues.

 Au total, Abdoulaye Wade et son régime ont voté un budget taillé sur mesure pour le gaspillage et la dilapidation des ressources publiques, pratiques qui, avec la corruption, illustrent la mal gouvernance endémique qui gangrène notre pays depuis 2000.

 
AFFAIRE ALEX SEGURA : LE FMI DOIT QUALIFIER LES FAITS SUR LE PLAN JURIDIQUE ET POLITIQUE

A ce sujet, les conclusions accablantes de l’enquête d’éthique diligentée par la direction du Fonds Monétaire International ont fini, si besoin en était encore, d’édifier les sénégalais et la communauté internationale sur la matérialité des faits de corruption dont Abdoulaye Wade s’est rendu coupable dans ce qu’il est convenu d’appeler l’affaire Alex Segura.

                Le rapport implacable de l’organisme monétaire a en effet livré à l’opinion nationale et internationale la vérité sur les allégations mensongères et cumulées d’instigation et d’erreur imputées à l’infortuné aide de camp lors de la remise de la mallette de la honte au fonctionnaire international.
Abdoulaye Wade aurait lui-même remis la mallette en mains propres, et pris en flagrant délit, a tenté de se couvrir du déshonneur par des mensonges d’Etat dont le point culminant est l’ignoble atteinte à l’intégrité morale et à la probité d’un officier supérieur, et par delà celui-ci, à l’honneur de notre valeureuse armée nationale.

              I l n’y a pas de doute que la révélation de sa forfaiture le rend passible de la Haute Cour de justice où ses tribulations scandaleuses finiront bien par le conduire un jour. En attendant,
il urge de laver l’uniforme de nos armées de cette souillure en réhabilitant la dignité de l’aide de camp du chef de l’Etat. Abdoulaye Wade doit présenter ses excuses publiques au peuple sénégalais pour avoir terni irrémédiablement l’image de notre pays.

      Le Parti Socialiste prend acte des initiatives du FMI pour l’élucidation du scandale et l’invite à ne pas en rester à la simple relation stricte et froide des faits sans procéder à leur qualification juridique et politique et surtout sans stigmatiser vigoureusement de tels actes et en poursuivre sans faiblesse la répression par les voies de droit et les sanctions les plus contraignantes à l’égard du corrupteur. 

C’est une exigence minimale que le FMI ne saurait esquiver sans compromettre gravement l’idéal de bonne gouvernance qui devrait être la quintessence même de sa mission et sans désespérer tous ceux qui sur le continent et ailleurs dans le monde s’offusquent des graves dérives d’Abdoulaye Wade et de son régime corrompu.
Sous ce rapport, le Parti Socialiste envisage une double initiative consistant d’une part à saisir la Commission Nationale de Lutte contre la Corruption et la Concussion et d’autre part le FMI, afin que l’Institution financière, la Commission et Abdoulaye Wade n’ignorent la détermination du peuple sénégalais à élucider et tirer toutes les conséquences de cette calamiteuse affaire Ségura./-


Le Bureau politique

Dakar, le 09 Décembre 2009
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