Les rumeurs, minutieusement distillées, non démenties et relayées à coup de refrain médiatique par des satellites du régime, se confirment tant est, de plus en plus, manifeste la volonté d’Abdoulaye Wade de supprimer le second tour de l’élection présidentielle. En effet, après avoir décrédibilisé nos institutions et notre système démocratique par des manipulations à la petite semaine au gré de ses intérêts partisans, le régime d’Abdoulaye Wade tente aujourd’hui de leur porter un coup de grâce par cette nouvelle hérésie.
Que Abdoulaye et ses affidés se le tiennent pour dit, le Parti socialiste s’opposera fermement, par tous les moyens à ce projet funeste que seul peut expliquer le désarroi d’un régime aux abois, un régime rejeté par le peuple désabusé. Que Abdoulaye Wade ne s’y trompe pas, il s’agira d’une bataille pas comme les autres. De la mère des batailles. Les atteintes répétées à la démocratie et aux institutions, par Abdoulaye Wade et son régime, entrent dans la même logique que les dérives autoritaires, illustrées par les actions d’intimidation et de persécution menées contre les journalistes, contre Latif Coulibaly et Mody NIANG. Elles visent aussi le même objectif que l’impunité dont Abdoulaye Wade a été le premier et principal promoteur en accordant la grâce aux assassins d’un juge constitutionnel. Qu’on ne s’y trompe donc pas, le coup d’envoi de l’impunité a été sifflé par Abdoulaye Wade et les permis d’agresser délivrés par lui dont la passivité complice encourage toutes les exactions, tous les délits et crimes commis par des personnes identifiées qui continuent de se promener dans les allées de son pouvoir. L’objectif de cette apologie de l’impunité est d’installer un régime d’autocensure et de terreur qui empêche toute velléité de dénonciation et d’opposition.
La commémoration du 7ème anniversaire du naufrage du bateau « Le Joola » illustre, une fois de plus, le peu de crédit que l’on peut accorder à la parole d’Abdoulaye Wade qui, de l’évaluation des associations des familles de victimes du naufrage, n’a quasiment respecté aucun des engagements pris aux lendemains de cette catastrophe historique qui apparaît comme l’œil de Caïn de son magistère et comme une preuve indélébile de la désinvolture et de l’irresponsabilité de son régime qu’il tente vainement d’effacer.
Le Parti socialiste, préoccupé par les menaces qui pèsent aujourd’hui sur la démocratie, les libertés et l’Etat de droit, lance un appel pressant à toutes les organisations démocratiques du pays, qu’elles soient politiques ou qu’elles relèvent de la société civile, à exprimer vivement et, le moment venu, à manifester leur opposition au projet inique de liquidation des acquis démocratiques, sous-tendu par la volonté de confiscation permanente du pouvoir. Dans ce sens, le Parti socialiste appelle à la mobilisation de toutes les forces démocratiques qui doivent, dès à présent, constituer un Front pour la défense de la démocratie et engager des actions et initiatives énergiques pour éviter un discrédit définitif à notre démocratie.
Le Parti socialiste appelle enfin la CEDEAO, l’UEMOA, l’Union africaine, l’Union européenne, l’Organisation Internationale de la Francophonie et l’Organisation des Nations Unies, à exiger d’Abdoulaye Wade le respect de la légalité républicaine et des règles du jeu démocratique et à soutenir le peuple sénégalais dans son combat contre les manipulations constitutionnelles partisanes qui font courir un risque d’instabilité à notre pays.
C’est dans le même esprit que le Parti socialiste condamne fermement la répression et les exactions barbares commises, en Guinée, sur des populations qui manifestaient pacifiquement. Les liquidations de masse et violations flagrantes et massives des Droits de l’homme sont passibles de la justice internationale. Les actes criminels commis par la junte ne doivent pas rester impunis en raison de leur gravité et de leur caractère particulièrement révoltant.
Adepte d’une diplomatie irréfléchie et incohérente, on peut se demander, au regard de ce qui est advenu à quoi auront servi les séjours successifs (au moins quatre fois) en terre guinéenne de Abdoulaye WADE. L’ambigüité des liens entre le «Père» et le «Fils» ainsi qu’ils s’adoubaient et se congratulaient l’un, l’autre, suscite interrogations et suspicions légitimes, aujourd’hui plus que jamais, malgré le communiqué de rattrapage publié par le gouvernement sénégalais, portant sur la situation en Guinée.
Le Parti Socialiste exprime sa solidarité au peuple guinéen et présente ses condoléances aux familles des victimes.
Fait à Dakar, le 30 septembre 2009
Le Bureau politique
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