La gestion de l’ANOCI et des chantiers d’infrastructures soulève de légitimes interrogations, restées sans réponse jusqu’ici, qui renseignent sur les violations graves des règles de transparence et d’efficience de la dépense publique.
Ces questions portent sur les frais de cette Agence qui, à eux seuls, ont englouti plus de 16 Milliards de Francs CFA de crédits de fonctionnement (salaires faramineux de ses dirigeants et de son personnel, honoraires et frais d’assistance comptable, frais de communication, dépenses de carburant, voyages,…etc) sans compter l’aménagement et l’équipement du 10ème étage abritant le bureau du Président du Conseil de surveillance qui ont couté plus 687 Millions de Francs CFA pour satisfaire des gamineries.
Ces questions concernent également les prix et les décomptes des quantitatifs des dépenses d’investissement attachées à l’extension et à l’aménagement de routes sur un linéaire préexistant pour l’essentiel. Les réponses qui leur seront données, permettront de renseigner l’opinion sur les faux frais de maîtrise d’ouvrage déléguée plus de quatre fois supérieurs aux normes internationales de référence.
Ces questions concernent, en outre, les coûts démesurés engagés pour la réfection partielle de l’Hôtel Méridien Président, les 8 Milliards de Francs CFA dépensés pour l’affrètement d’un paquebot-hôtel en pure perte, la réquisition à coups de milliards de chambres d’hôtel inoccupées, l’achat et la location de parcs automobiles restés curieusement immobiles, les 1 Milliard 400 Millions utilisés pour les cocotiers et des dattiers plantés sur la Corniche, les 300 Millions dépensés pour l’habillement, les centaines de Millions consacrés aux ouvrages d’art et aux graffitis sur les murs…etc.
Les mêmes interrogations portent sur les marchés que l’ANOCI a fait supporter aux autres structures de l’Etat comme le Secrétariat Général de la Présidence de la République, le Ministère de l’Urbanisme, la Ville de Dakar, etc, entrainant du coup un déséquilibre dans le budget de ces structures.
Elles concernent également les détournements de procédure et la violation systématique des dispositions du Code des Marchés Publics, notamment des règles de passation des marchés, pour la plupart conclus par entente directe dans des conditions d’opacité jusqu’ici non élucidées et attribués pour certains aux sociétés qui ont réalisé les études préalables et établi les devis ; un fait grave constitutif d’un délit d’initiés dont les auteurs auraient du être poursuivis et sanctionnés.
De tout ce qui précède, il est établi que la gestion de l’ANOCI et la réalisation des chantiers d’infrastructures constituent des scandales que ni l’audition des responsables de l’ANOCI par des parlementaires illégitimes, ni l’audit « intra muros » du Cabinet CICE qui en était le cabinet comptable, ne peuvent éluder.
Il est d’ailleurs à peine croyable que les responsables de l’ANOCI aient pu penser se suffire de tels exercices pour s’absoudre de toute responsabilité devant le peuple sénégalais. Il s’agit là de la preuve d’une puérilité congénitale destinée à masquer la demande populaire sur la destination des 432 Milliards de Francs CFA, sur l’opportunité des dépenses engagées, sur le coût prohibitif des ouvrages routiers et sur l’opacité des conditions de passation des marchés d’infrastructures qui a favorisé des ententes délictuelles.
C’est pour cette raison que le Parti socialiste réitère son exigence d’une reddition détaillée des opérations et des comptes de l’ANOCI, combinée à un audit de ses structures et de ses activités, de ses méthodes et de ses procédures, par un cabinet qui offre des garanties sérieuses de professionnalisme, d’indépendance et de crédibilité.
La même exigence doit porter sur la nécessité de faire un audit d’opportunité et technique des ouvrages pour vérifier l’existence d’études préalables ainsi que leur conformité avec les normes sécuritaires et écologiques, sans compter l’inachèvement des travaux d’élargissement, d’aménagement et d’embellissement dont on nous avait promis la livraison clefs en main bien avant la tenue du Sommet.
Enfin, l’opinion doit être édifiée sur l’annonce par le Directeur de l’Agence de Régulation des Marchés Publics de soumettre l’ANOCI à un audit. En effet, cet audit annoncé à dessein pour créer la confusion, concerne exclusivement les conditions de passation des marchés publics conformément à l’article 142 du Code des Marchés Publics qui exige de l’Autorité de Régulation des Marchés Publics l’exécution d’un contrôle annuel a posteriori de la passation et de l’exécution de tous les marchés publics qui concernent certaines structures publiques, notamment celles qui gèrent un budget de plus 10 Milliards de Francs CFA. Cette annonce ne doit donc pas désarmer les citoyens qui doivent maintenir la pression pour un audit indépendant et crédible de l’ANOCI.
Fait à Dakar, le 22 Juillet 2009
Le Bureau politique
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