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BP – Déclaration du jeudi 8 octobre 2009 sur la prochaine campagne de commercialisation agricole

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agriculteur_senegalaisLa saison des pluies tire à sa fin et il est noté, avec beaucoup de satisfaction, le bon comportement végétatif des cultures qui permet d’espérer de bonnes récoltes. Cette situation est due à une pluviométrie abondante bien répartie dans l’espace et dans le temps, ainsi qu’aux dispositions prises par les paysans pour constituer leurs propres provisions de semences et pour disposer d’intrants. Une fois encore, le Gouvernement d’Abdoulaye Wade va chercher à masquer ses carences et l’absence de politique agricole par une propagande éhontée sur une prétendue GOANA 2 qui n’a été, comme d’habitude, qu’un prétexte de plus pour engloutir des ressources publiques dans des dépenses engagées en toute opacité et à d’autres fins.

 

Mais, les Sénégalais ne sont pas dupes et aucune fanfaronnade ne pourra travestir les nombreux manquements  du Gouvernement dans la préparation de la campagne agricole, dont, entre autres :

  • l’insuffisance des semences d’arachide et qui étaient, par ailleurs, de mauvaise qualité ;
  • l’absence de mise en place de matériel agricole ;
  • le retard dans la distribution des semences de mil et de niébé distribuées à la fin du mois de juillet et au moment où les semis de ces spéculations ont été déjà faits et les levées effectives.

Ces faits avérés montrent, encore une fois, si besoin en était, qu’il n’y a pas eu l’ombre d’une GOANA  parce que les mauvaises semences de mil et de niébé dites GOANA 2 sont arrivées tardivement et n’ont donc pas été emblavées.

En outre, comme chaque année depuis 2002, aucune disposition n’a, pour l’instant, été prise par le Gouvernement pour une bonne campagne de commercialisation alors que nous sommes au mois d’octobre, c’est-à-dire en période de récolte de l’arachide. Plus précisément, la fixation du prix de l’arachide au producteur qui devrait intervenir au plus tard au mois de juillet, fait encore l’objet de tergiversations.

Par ces tergiversations, le Gouvernement tente, comme l’année dernière, de jouer au dilatoire et à cache-cache dans la fixation du prix au producteur dans le but de planter un couteau dans le dos des paysans en avalisant un prix en deçà de ce qu’exige la conjoncture nationale et internationale. Au vu des paramètres de cette conjoncture qui structurent la détermination du prix au producteur (cours moyen de l’huile et du tourteau d’arachide sur le marché international, compte d’exploitation prévisionnel d’un champ de production d’arachide, etc.), le prix de vente d’un kilogramme d’arachide coque bord champ doit être fixé à 165 francs CFA au moins pour la prochaine campagne de commercialisation. Tout prix inférieur à 165 francs CFA serait, de la part du Gouvernement, une manière de spolier encore les paysans qui devraient plutôt s’attendre, dans ce contexte de vie chère et d’urgences sociales de toute sorte, à un prix au producteur subventionné en lieu et place d’un prix délesté.

Les pénuries, le rationnement de l’électricité et les augmentations récurrentes  de prix rendent toute  vie digne  de ce nom, tout simplement impossible dans notre pays.

Le plus désolant, c’est que régulièrement depuis le début de cette année 2009, Abdoulaye Wade et son ministre de l’énergie, toute honte bue, nous promettent la fin des délestages et la stabilisation définitive des prix. Mais chaque fois il n’en n’est rien, et il n’en sera jamais rien, malgré les milliards engloutis.

Mais c’est méconnaître l’absence de fibre paysanne et agricole du régime d’Abdoulaye Wade que d’espérer un sursaut de générosité de sa part. En vérité, les préoccupations des Sénégalais sont le cadet de ses soucis. Au total, depuis 2000, pilotage à vue,  impunité, gaspillage des ressources publiques et opacité de la gestion sont la règle dans tous les secteurs. Au surplus, même les cas de mauvaises gestions identifiés, avérés et dénoncés comme l’ANOCI, à travers ses contes et mécomptes, sont encore en attente de réponse malgré la réprobation unanime de l’opinion.

Voilà pourquoi au-delà  de toute considération, partis politiques, syndicats, mouvement associatif, et organisations de la société civile doivent se concerter et constituer une grande coalition contre l’impunité et la vie chère pour mettre un terme aux dérives et à l’insouciance du régime éhonté d’Abdoulaye  Wade.

Dakar, le 8 octobre 2009

Le Bureau Politique

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