Depuis, le 3 janvier 2011, la révision exceptionnelle des listes électorales a démarré sur toute l’étendue du territoire national marquant le lancement du processus électoral en vue des élections générales de 2012. Déjà les prémisses d’une fraude massive, orchestrée par les tenants du pouvoir et sans commune mesure avec tout ce qu’on a connu jusqu’à maintenant, sont visibles.
En effet, de nombreux phénomènes ont été relevés dans divers endroits du pays qui indiquent clairement qu’une fraude massive se prépare par le pouvoir en place. Nous devons nous mobiliser pour mettre à nu toutes les tentatives de perturbation du processus électoral, source de contestations et de conflits dont les conséquences seraient incalculables pour notre pays.
Ainsi, après un démarrage très timide de la révision exceptionnelle des listes électorales qui a connu beaucoup de ratés : locaux non fonctionnels, matériels nécessaires ne sont pas mis en place à temps, aucune publicité de l’opération, absence des partis politiques dans les commissions de révision etc... Il a été également noté que toutes les conditions d’inscription sur les listes ne sont pas toujours respectées : présence effective de la personne, présentation d’une carte d’identité numérisée et d’un certificat de résidence. De ce fait, il y’a une porte ouverte à des abus de toutes sortes et des opérations frauduleuses comme l’inscription de non résidents, surtout dans les zones frontalières ou enclavées.
D’une part, nous avons constaté que la délivrance de la Carte Nationale d’Identité (C.N.I) est sérieusement bloquée depuis fort longtemps. Il y’a une délivrance sélective au compte-goutte de cette pièce sans laquelle on ne peut pas s’inscrire sur les listes électorales. Ceci est indéniablement un facteur défavorable qui pénalise particulièrement les jeunes en âge de voter. Ensuite, des cartes déjà confectionnées, estimées à plus de 100.000 selon le Ministre de l’Intérieur lui-même, ne sont toujours pas distribuées. A Notto Diobass, dans le département de Thiès, 60% de l’électorat n’ont toujours pas reçu leurs cartes d’identité et leurs cartes d’électeurs numérisées depuis leur inscription en mars 2006. Dans certaines localités il a été constaté que des cartes d’identité ont été délivrées à des étrangers et dans d’autres cas délivrées plusieurs fois à des mêmes personnes. Ceci est inacceptable dans un pays de démocratie. Nous devons nous mobiliser pour résoudre tous ces problèmes et lutter contre toutes formes d’irrégularités dans la révision des listes électorales.
Des audiences foraines ont démarré sur l’ensemble du territoire national pour la délivrance d’extraits de naissance. Si l’on sait le manque de fiabilité criard de l’état civil au Sénégal, source de toutes les manipulations et fraudes, on mesure aisément les dangers qui guettent. Les conditions dans lesquelles se tiennent ces audiences favorisent également beaucoup d’irrégularités, surtout dans les zones frontalières ou enclavées, où des non sénégalais peuvent obtenir facilement ces pièces d’état civil. Une surveillance étroite de ces opérations par tous les citoyens et les partis est indispensable.
Enfin, un redécoupage administratif et territorial à des fins purement électoralistes est en cours depuis quelques temps. Comme en 2009, à la veille des élections locales, de nouvelles collectivités locales sont crées ou vont être crées, en saucissonnant notamment celles qui sont gagnées par l’opposition, en vue d’y installer des délégations spéciales. Ces délégations seront sous le contrôle du Ministère de l’intérieur, chargé d’organiser les élections, ministère qui est en même temps géré par un militant du PDS. Ce redécoupage constitue un acte illégal de détournement du suffrage des citoyens et un retour en arrière sur les acquis de la décentralisation par la restauration d’une tutelle du pouvoir central sur les collectivités locales qui ne dit pas son nom. Cette stratégie pernicieuse des tenants du pouvoir consiste généralement à dresser les populations les unes contre les autres, sous le fallacieux prétexte de « réparer des injustices » ou de « satisfaire les doléances des populations ». Nous devons être vigilants et nous opposer à tout redécoupage territorial à des fins politiciennes. Nous devons fermement nous opposer au découpage administratif en cours, et surveiller, le cas échéant la distribution des nouvelles cartes d’électeurs qui seront distribuées dans les nouvelles collectivités locales éventuellement crées.
D’autre part, l’audit du fichier électoral est arrivé à son terme. Même si tous les acteurs politiques n’ont pas la même appréciation de ses résultats, ils s’accordent néanmoins unanimement à mettre en œuvre les 108 recommandations formulées par les auditeurs. Pour ce faire, il fallait mettre en place un comité de veille, institué par Décret présidentiel, chargé de contrôler l’application de ces recommandations. Mais ce comité peine encore à être fonctionnel par la faute de la mouvance présidentielle qui est seule à refuser le choix de son Président accepté par toutes les autres coalitions de partis et par la société civile. Ce refus cache une volonté de se soustraire à l’exigence de l’application des recommandations de l’audit du fichier électoral. Nous dénonçons cette attitude suspecte qui ne concoure pas à apaiser les esprits et à restaurer la confiance.
Tous ces faits et actes que nous avons notés sont savamment orchestrés par le pouvoir de Wade dans le but de matérialiser son projet de provincialisation vomi par les populations et par tous les démocrates de ce pays épris de paix et de justice. Le plan des tenants du pouvoir en place est de créer toutes les conditions qui lui seront favorables pour faire un nouveau hold-up électoral en 2012, ou à défaut susciter des troubles et avoir un prétexte pour reporter ces élections et confisquer ainsi le pouvoir. C’est pourquoi, nous considérons le Décret prématuré du Président de la République convoquant le corps électoral pour le 26 Février 2012 comme de la poudre jetée aux yeux afin d’émousser la vigilance du peuple et de l’endormir. Car rien ne peut justifier de tels actes à un an des élections, sinon une volonté manifeste de confiscation du pouvoir au mépris des règles du jeu démocratique.
Nous dénonçons vivement tous ces faits et gestes du régime de Wade qui ne contribuent pas à la préservation d’un climat apaisée pour des élections libres, transparentes et démocratiques.
Nous exhortons les citoyennes et citoyens de ce pays à redoubler de vigilance et à se mettre débout pour refuser toute forme de diktat et de fraudes pré-électorales, électorales et post-électorales.
POUR LA REGULARITE ET LA TRANSPARENCE DES ELECTIONS DE 2012, MOBILISONS NOUS CONTRE TOUTES LES FORMES D’IRREGULARITES ET DE FRAUDES DANS LE PROCESSUS ELECTORAL.
Fait à Dakar, le 3 février 2011
Contact :
Amadou DAFF, Coordonnateur National de CLARTE Dey Leer
Tel : 77.639.86.45
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