Nous disions dans les précédents extraits résumés du rapport de Mamadou Lamine Loum (dernier 1er Ministre du gouvernement socialiste) publié en avril 2000 que l'argument principalement brandi par les adversaires des socialistes consiste à déclarer péremptoirement que ces derniers "n'ont rien fait pendant 40 ans". Argument repris de mauvaise foi par des médisants mais quelque fois aussi de bonne foi par une certaine partie du public mal informée et ignorant du passé récent de leur pays ; notamment tous ces jeunes, parvenus à l'âge adulte en 2011 et qui ne voient que les soi disant grands travaux et infrastructures du régime libéral ; eux qui n'ont pas eu la possibilité d'accéder aux informations objectives ou d'avoir eu entre les mains le rapport de Mamadou lamine Loum sur l'état du Sénégal au 1er avril 2000.
Dans notre souci de rétablir la vérité des faits mais surtout d'apporter des éléments de réponse à toute cette jeune et nouvelle génération qui se demande ce qu'ont fait les socialistes pendant 40 ans, nous poursuivons le rendu-résumé du rapport de Loum.
II. DES SECTEURS PRODUCTIFS RELANCÉS
Pour assurer une croissance forte et durable et mettre le pays sur la voie du développement, un impératif s’imposait : augmenter la production nationale en quantité et en qualité et, ce, dans tous les secteurs de l’économie.
L’État, pour sa part, était interpellé au titre du renforcement de la capacité des acteurs, de l’amélioration du cadre pour un environnement propice à l’éclosion des potentialités et des habiletés et de la définition d’un nouveau cadre porteur pour les activités de la nouvelle économie en gestation. Dans les développements qui suivent, l’accent sera mis sur l’agriculture.
A. Agriculture : des réformes achevées, un nouveau départ
Une agriculture diversifiée qui trouve enfin sa voie et lève, une à une, les contraintes pour un nouveau départ.
Sur le plan de la maîtrise de l’eau, facteur limitant majeur, notre pays a effectué des pas, certes insuffisants, mais non négligeables en termes d’augmentation des superficies irrigables à partir des eaux de surface disponibles, avec les programmes de I’OMVS sur le fleuve Sénégal et les projets nationaux, dans les vallées inondables de Casamance. Il vient de finaliser un programme de collecte et de rétention des eaux de ruissellement pour un usage agricole, sous l’égide de la Direction du Génie rural de nouveau instituée.
Concernant la qualité des sols, un programme d’amendement par le phosphatage de fond a été réalisé, depuis 1997, et doit se poursuivre en vue de la couverture de toutes les zones ciblées.
Quant aux semences sélectionnées, des opérations de constitution de nouvelles variétés et de reconstitution des variétés classiques sont en cours et doivent déboucher sur un système pérenne de gestion dynamique qui fait déjà une large part au secteur privé.
La question de l’accès aux intrants et au matériel agricole a été cernée pour être réglée, en rapport avec la problématique d’un crédit agricole repensé, réactivé et rénové, conformément aux conclusions des études pertinentes qui ont été finalisées à fin 1999.
Enfin, s’agissant du régime foncier, une réforme a été préparée en vue de permettre l’accès des ruraux agriculteurs à la propriété. Discutée et acceptée après une large concertation menée dans toutes les régions, elle a été finalisée par un avant projet de loi portant modification de la loi sur le domaine national.
Toutes ces réformes de fond ont été menées dans le cadre des nouvelles orientations de politique agricole consacrées au secteur pendant la période 1993-2000 (libéralisation accrue, diversification élargie, intensification progressive, conseil agricole contractualisé localement) et mises en œuvre au titre du Programme d’ajustement sectoriel de l’agriculture (PASA).
Trois instruments de réalisation de ces orientations stratégiques et réformes ainsi que des programmes d’investissements ont été définis sous forme d’une Lettre de politique de développement agricole (LPDA), d’une Lettre de politique de développement institutionnel (LPDI) et d’une Lettre de politique de développement rural décentralisé (LPDRD).
Le Gouvernement, durant le septennat 1993-2000, a mis en œuvre le Programme d’ajustement sectoriel de l’agriculture (PASA) dont l’ambition principale était de créer un cadre favorable à la modernisation, à l’intensification, à la diversification et à la compétitivité des productions agricoles.
Aux fins de traduire, dans la réalité, les orientations et stratégies du PASA, le Gouvernement a entrepris, dans le secteur agricole, des réformes aussi nombreuses qu’importantes et qui, pour l’essentiel, se sont traduites par des mesures de rupture portant sur le commerce et les échanges agricoles, la fiscalité, le crédit, l’encadrement et les acteurs professionnels.En premier lieu, le commerce intérieur, l’importation et l’exportation des produits agricoles ont été libéralisés.L’état a cessé «d’administrer» les prix et a transféré aux «interprofessions» la prérogative de déterminer, en toute responsabilité et autonomie, les prix d’achat aux producteurs des produits agricoles, en tenant compte, notamment, de l’évolution des cours sur le marché international et de la nécessité d’encourager l’accroissement des productions
Globalement, les décisions des «interprofessions» ont entraîné une augmentation des prix réels pour la plupart des cultures, dont l’arachide et le coton pour lesquels les prix d’achat aux producteurs ont évolué positivement (voir tableau document source).
Dans le même temps, l’état a assorti la responsabilisation des «interprofessions» de l’arachide et du coton de la mise en place de «Fonds de soutien du prix» qui garantissent un prix-plancher sauvegardant l’équilibre de la filière et une correcte rémunération du producteur.En second lieu, la fiscalité sur les intrants (semences, engrais, pesticides, etc.) a été réduite et celle portant sur les matériels agricoles a même été exonérée, totalement, dans le cadre du «programme agricole» 1997-98. Cette exonération été consacrée par voie législative, en avril 1998.
En outre, l’état a institué une protection de certains produits agricoles : riz, oignons, pomme de terre, banane, mil, maïs et sorgho.En troisième lieu, un système de crédit agricole viable et sécurisé a été mis en place, avec la réduction des taux d’intérêt sur les crédits à la production de 14 à 7,5% et la création de fonds de garantie, de bonification et de calamité.Le «programme agricole» ainsi rénové, dont la mise en œuvre a été décidée par le Chef de l’état, à compter de la campagne agricole 1996-97, a permis de faciliter aux producteurs l’accès aux intrants, grâce à l’accroissement du volume des crédits accordés, notamment, par la CNCAS, la SONACOS et la SODEFITEX.En quatrième lieu, les structures d’intervention de l’état ont été réaménagées et le rôle des professionnels renforcé dans le développement des filières agricoles.Cet accord-cadre répartit les missions de gestion de la filière arachidière entre l’Etat, la SONACOS et le Comité national interprofessionnel de l’arachide (CNIA)
Le CNIA est un cadre de concertation et de conciliation des intérêts et préoccupations des producteurs regroupés dans l’Union nationale des coopératives agricoles du Sénégal (UNCAS) et des autorités rurales (Association des présidents de Conseil rural), des semenciers (UNIS), des collecteurs (coopératives et OPS), des huiliers (SONACOS), des importateurs d’huile raffinée, des fournisseurs d’intrants (engrais, produits phytosanitaires, matériels agricoles, etc.), ainsi que des transporteurs et autres prestataires de services.Dans la filière du coton, l’ouverture du capital de la SODEFITEX aux producteurs cotonniers et aux travailleurs a été autorisée par une loi déjà votée par l’Assemblée nationale.A cet égard, il convient de préciser que la mise en application effective de la loi sus-évoquée a été retardée en raison des résultats catastrophiques de la production coton-graine de la campagne 1998-99.S’agissant de la filière rizicole, la mise en œuvre du PASA s’est traduite par :
—la suppression de la Caisse de Péréquation et de Stabilisation des Prix (CPSP)
—le retrait de la SAED de la collecte et de la transformation du paddy;
—la libéralisation des importations et des prix, assortie d’une protection tarifaire du riz local.Après la mise en œuvre de ces différentes réformes, les structures du Ministère de l’Agriculture se sont efforcées, en rapport avec les partenaires au développement, de concevoir, d’évaluer, de rechercher le financement et d’exécuter les multiples programmes et projets de développement agricole dont l’ensemble constitue le Programme d’investissement du secteur agricole (PISA).Sur la base des orientations et réformes du PASA, le PISA vise à la réalisation des actions stratégiques ci-après
—la mise en place de services agricoles adaptés au contexte de désengagement de l’état des activités marchandes, de responsabilisation accrue des acteurs à la hase, de partenariat avec les collectivités locales décentralisées et les organisations de producteurs
—la création, en milieu rural, d’infrastructures et d’équipements de base, structurants et collectifs
—la promotion de l’agriculture irriguée par la maîtrise de l’eau ;
—l’appui au secteur privé
—la préservation de l’environnement et la gestion durable des ressources naturelles, notamment la restauration et la conservation de la fertilité des sols
—le renforcement des capacités des collectivités locales et des organisations paysannes.
La levée progressive des entraves au décollage du secteur sera assurée par deux programmes : le Programme des services agricoles et des organisations de producteurs (PSAOP) et le Programme national d’infrastructures rurales (PN IR).Le PSAOP et le PNIR sont les programmes d’exécution, respectivement, de la Lettre de politique de développement institutionnel et de la Lettre de politique de développement rural décentralisé
Ils sont exposés, avec plus de détails, dans la troisième partie.
B–élevage : des développements récents prometteurs
L’élevage a été élevé, en 1998 au rang de département autonome, sur demande pressante des éleveurs
Des «opérations sauvegarde du bétail» ont permis de sauver une partie non négligeable des sujets et de faire face aux soudures sévères de mai à juillet jusqu’à ce que les aliments de bétail fabriqués industriellement à partir de résidus agricoles soient à meilleure portée de la bourse de l’éleveur.
Le Gouvernement, depuis 1993, a retenu les nouvelles orientations de libéralisation et de privatisation, d’intensification et de modernisation, de spécialisation des rôles entre l’état et le secteur privé, de renouveau du service public de santé animale et d’amélioration des races par croisement et par insémination artificielle.
La SERAS a été privatisée, la SODESP a été mise en vente l’Etat s'est désengagé des activités de médecine et de pharmacie vétérinaires au bénéfice de praticiens privés installés grâce notamment à des fonds de garantie mis en place à la CNCA par les projets PAPEL et PARC ; des Maisons des éleveurs et des Directoires régionaux de femmes ont été mis sur pied et appropriés par les cibles intéressées.Les investissements publics nécessaires ont été considérablement augmentés par un autofinancement de l’état inscrit, annuellement, dans les budgets, mais aussi par des financements extérieurs notamment celui de la BAD à travers le projet PAPEL qui s’est achevé en 1999 et qui a été reconduit en 2000, et le Programme d’aménagement et de développement villageois d’un montant de 7 milliards de F.CFA démarré dans la zone sylvo-pastorale en 2000.En outre, le Programme national d’insémination artificielle qui porte, en 1999 et 2000, sur 10000 sujets, connaît un succès notable, l’objectif étant d’arriver, à terme, à 50000 opérations réussies pour permettre au Sénégal de s’auto-suffire en lait.Des méthodes modernes seront promues dans l’aviculture et l’apiculture sous forme, respectivement, de poulaillers améliorés et de ruches modernes tandis que des sujets améliorés sont importés et testés comme le coq raceur et la chèvre laitière.Par ailleurs, notre pays a été déclaré provisoirement indemne de la peste bovine.
Dans le sous-secteur avicole, il a défini un programme de lutte contre la maladie de Newcastle financé à compter de l’exercice budgétaire 2000.Le Sénégal, qui est presque autosuffisant en viande, reste encore gros importateur net de lait, ce qui ne devrait plus durer très longtemps.
C – Pêche un secteur-vedette d’exportation
Un secteur-vedette d’exportation prêt à lancer son programme sectoriel de gestion durable des ressources.Notre pays a très tôt investi dans le développement du secteur ; d’abord, par un appui constant à la modernisation de la pêche traditionnelle, restée dominante dans les captures et les débarquements ensuite, par l’appui au secteur industriel et aux exportateurs, grâce à des réformes économiques incitatives sous forme de facilités fiscales ou douanières ainsi que par un programme intensif d’équipement en amont (thoniers et autres bateaux de pêche) et en aval (frigorifiques, quais de pêche).
Le secteur parapublic de la pêche, constitué d’un armement national et d’unités industrielles de transformation du thon, a été, ensuite, soit liquidé et rétrocédé au secteur privé, soit restructuré par la cession de parts au secteur privé alors émergent.Les résultats ont été éloquents la pêche artisanale comme la pêche industrielle ont vu leurs productions augmenter parallèlement pour satisfaire la consommation des ménages et les exportations.
Ces dernières supplanteront même celles des produits arachidiers au premier poste à l’exportation.
D – Industrie : une base élargie
Une participation marquée à la modernisation de l’économie - un double défi à relever: mondialisation et intégration économique africaine.Une opération stratégique de fusion par absorption de la CSPT par les ICS renforcera la tendance et parachèvera le redressement spectaculaire du secteur qui, par la même occasion, double ses capacités de production et d’exportation.
La SOCOCIM sortira de sa situation de non-compétitivité après un investissement adéquat de hausse de capacité, amorti avant sa privatisation. Après la dévaluation, un second investissement en cours d’achèvement double ses capacités de production.Le secteur cimentier s’enrichit même d’un projet de deuxième cimenterie dont le financement était entièrement bouclé en fin 1999 et dont les travaux de construction ont démarré en début 2000.De même, après la réévaluation et le réaménagement de sa convention spéciale, la CSS a effectué des investissements de modernisation qui ne permettent pas encore de réaliser la couverture totale des besoins du marché, malgré des rendements de la culture de la canne à sucre parmi les plus élevés au monde.
Le secteur industriel a beaucoup servi à la modernisation de l’économie en termes de contribution au PIB, de création d’emplois stables et de versement de contributions fiscales.
Pour améliorer le dispositif institutionnel, une Bourse de sous-traitance et de partenariat est prête à démarrer et l ’Institut sénégalais de normalisation est en état avancé de réforme.Cette démarche, poursuivie, devrait aboutir progressivement à créer les conditions d’une augmentation sensible de l’investissement industriel local et étranger dans notre pays, sous l’égide de la future Agence de promotion des investissements et des exportations (APIX).
E – Mines : un potentiel quasi intact
Outre la privatisation de la SSPT (Société sénégalaise des phosphates de Thiès) en 1998, le secteur des phosphates a connu, en 1996, l’opération de fusion susmentionnée.Cette nouvelle société émarge au premier rang des entreprises sénégalaises par la production, le chiffre d’affaires et les exportations.
Elle est en passe de consolider cette position avec le doublement de la production d’acide phosphorique prévu dès mi-2001, production appelée à être sécurisée par la mise en service du gisement de Tobène, après les investissements en cours.
Avec ce projet, notre pays accroît le volume, la valeur et la qualité de ses exportations.Par contre, l’exploitation des gisements des autres produits que sont l’or, le fer, les phosphates de Matam, la tourbe et le pétrole n’est pas encore intervenue ; ce qui laisse à notre pays un énorme potentiel non encore entamé.Le gisement de minerai de fer de la Falémé est estimé à 300 millions de tonnes prouvées exploitables sur 20 à 30 années, moyennant un investissement de 300 millions de dollars US pour la mine, montant auquel il faut ajouter ceux que requiert la réalisation, d’une part, de près de 300 km de nouvelles voies fer - rées jusqu’à Tambacounda et, d’autre part, d’un port minéralier à Bargny.
Quant à l’or, le gisement de Sabodala recèle près de 13 tonnes de métal prouvées et environ 17 tonnes de réserves supposées après l’étude complémentaire intervenue en 1994.
De sérieux indices d’autres gisements ont amené plusieurs investisseurs dans le secteur aurifère de notre pays si bien que trente cinq (35) permis de recherche et d’exploitation ont été attribués à diverses entreprises minières dont plusieurs sont de rang mondial.Les phosphates de Matam constituent un gisement de 40 millions de tonnes, dépourvu de cadmium, fortement soluble et assimilable comme fertilisant.
Le pétrole et le gaz ont fait l’objet, dans les dernières années, d’une recherche plus active et plus prometteuse, rendue possible par l’évolution considérable des techniques de forage
Les gisements découverts dans le «dome flore» n’ont pas encore pu donner naissance à un projet viable, techniquement et financièrement, mais le Vénézuela a accepté de contribuer à leur exploitation, à travers un projet d’assistance.
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