LA VERITE SUR LE BILAN DES SOCIALISTES – LE SENEGAL AU 1ER AVRIL 2000 - DEUXIEME PARTIE : DES RESULTATS TANGIBLES DANS TOUS LES SECTEURS DE LA VIE ECONOMIQUE ET SOCIALE
L’État de la période post-indépendance immédiate se veut un État-providence qui entend occuper une large sphère de la vie économique et sociale planifier en fixant les objectifs de manière directive et en définissant les moyens de manière rigide ; fournir des services à la population agricole en décidant du choix des spéculations ; intervenir dans les activités commerciales de l’import-export au commerce de détail ; orienter et encadrer le crédit ; fixer les prix ; régir le mouvement des produits de base d’une région à l’autre ; fixer des quotas d’importation et de commercialisation de certains produits ; prendre en charge les fournitures scolaires, les médicaments, etc.
Bien entendu, ce modèle n’a pas pu survivre aux difficultés nées des premiers chocs - interne (sécheresse) et externe (crise des matières premières) - de la fin des années 60 et du début des années 70.
Parallèlement, le secteur parapublic, jusque-là limité à l’agriculture, aux mines, aux banques et au commerce de certains produits stratégiques, s’étend, tous azimuts, aux secteurs stratégiques (eau, électricité), au tourisme, à la publicité, aux assurances, aux huileries, etc.
Avec la crise économique, le déficit structurel de l’État et celui chronique du secteur parapublic s’agrègent et créent une accumulation d’arriérés intérieurs et extérieurs qui, à son tour, entraîne la création d’une chaîne d’illiquidité financière de plus en plus étirée. Cette situation se prolongera jusqu’aux premiers retournements des années 80, avec l’entrée en jeu des programmes d’ajustement, instruments nouveaux qui prônent un État modeste, fidèle au concept de «moins d’État et mieux d’Etat» cher au Président Abdou DIOUF.
L’État fait alors sa cure d’amaigrissement en commençant par la réduction des subventions au secteur parapublic et le gel des dépenses de fonctionnement du budget central. On peut dire, en substance, qu’aux résultats en dents de scie faits de progrès suivis de stagnation’ puis de reculs, enregistrés durant les années 80 et le début des années 90, succèdent alors, depuis 1993, des performances chaque jour consolidées
Cette mutation a été confortée, entre autres, par l’apparition d’un État stratège qui innove autant dans la philosophie d’ensemble, les doctrines d’intervention que dans les approches sectorielles.
L’ensemble des partenaires de l’État se voient assigner un rôle dynamique dans le nouveau processus (entreprises privées et ménages, consommateurs et producteurs, syndicats de travailleurs et syndicats patronaux, organisations non gouvernementales), tandis que l’Etat et les collectivités locales se donnent des habits neufs d’impulseurs, de catalyseurs et de facilitateurs. Tous ces acteurs coexistent, dans une complémentarité respectueuse de la pluralité des intérêts et de la convergence des objectifs majeurs. Ces derniers sont coordonnés par l’Etat qui opère, en parfait consensus, avec le secteur privé promu moteur de la croissance.
Les maîtres-mots de cette nouvelle doctrine, testés à chaque étape, sont compétitivité, liberté et loyauté, concurrence, privatisation, transparence, caractère impersonnel, définition préalable et lisibilité des avantages et des incitations dans les secteurs économiques ; mais aussi, solidarité et égalité devant les conditions et discrimination positive, efficience et productivité dans les secteurs sociaux.
Quant aux populations, leurs attentes sont multiples qui portent, notamment, sur la santé, une bonne éducation, un emploi et un revenu adaptés, un habitat décent, l’électrification, l’eau potable, des routes et le téléphone, sans oublier les possibilités d’exprimer tous leurs talents dans les domaines artistique, culturel et sportif.
Pour un pays en développement, répondre à toutes ces attentes est un énorme défi. L’important est alors de définir une méthode rationnelle, puis de mettre en oeuvre, selon une programmation précise, des actions de rattrapage, dans l’équité et la transparence et dans le souci de maîtriser les coûts unitaires.
C’est dans cet esprit que les autorités ont travaillé, aussi bien pour développer les ressources humaines et augmenter la production que pour renforcer, sur toute l’étendue du territoire national, le réseau d’infrastructures et d’équipements collectifs. Des politiques transversales ont été conduites pour satisfaire ces attentes. Au-delà du cadrage macro-économique, ces politiques touchent au développement social érigé en sur priorité, à la libéralisation de la production et des services, des activités professionnelles et des importations, des exportations et des prix, à l’aménagement du territoire, à la lutte contre la pauvreté et à la bonne gouvernance.
Enfin, l’approche nouvelle .a pris largement appui sur les programmes d’ajustement sectoriels, avant de déboucher sur les programmes de développement sectoriels, cadres privilégiés pour initier les réformes fondamentales nécessaires et lancer les investissements publics et privés d’accompagnement.
Au bout du compte, après une période continue de déclinaison régulière et homogène de cette approche, le constat suivant peut être fait au 1 AVRIL 2000, l’équipe entrante a trouvé en place :
1. Un capital humain valorisé,
2. Des secteurs productifs relancés,
3. Un secteur des services en plein essor,
4. Des infrastructures d’un bon niveau général et en expansion,
5. Un cadre de vie amélioré.
I - UN CAPITAL HUMAIN VALORISÉ
Le développement du capital humain est un facteur-clé de succès dans la conquête du progrès économique et social puisqu’il intéresse l’homme, acteur et cible à la fois, à travers les multiples facettes que sont les fonctions de conservation du bien-être physique et mental (santé), d’acquisition du savoir et du savoir faire (éducation et formation), d’impression du génie et de représentation de l’esprit de civilisation du groupe social (culture), d’occupation professionnelle et de retraite de sa population active (travail, emploi et protection sociale), de protection et de promotion de ses composantes sociales défavorisées ou vulnérables (femmes, jeunes, personnes du troisième âge et personnes handicapées).
A. Santé : des performances avérées et reconnues
Le meilleur de ce qui se fait en Afrique subsaharienne - Des frayeurs dans un passé récent - Des progrès fulgurants - Des performances avérées et saluées par la communauté internationale - Une marge notable d’amélioration.
Le secteur de la santé est un de ceux qui ont le plus subi les contrecoups de la crise économique et financière avec la baisse des taux d’allocations ordinaires du budget qui a, un moment, avoisiné 5 %. Cela ne pouvait manquer d’avoir un impact négatif sur le recrutement du personnel ainsi que sur la mise en place et l’équipement des différents types de structures cases de santé, postes de santé, centres de santé et hôpitaux.
Malgré tout, le secteur a reçu le bénéfice du premier programme sectoriel de notre pays, l’un des premiers en Afrique.
Le Plan national de développement sanitaire et social (PNDS - 1998/2007) a été le cadre de définition de nouvelles orientations en matière de santé publique. Il trace les grandes lignes de la politique du secteur.
Les principales mesures entreprises dans le secteur concernent :
. la réforme du système hospitalier
. la politique pharmaceutique,
. le système de financement du secteur,
. l’accélération du rythme des investissements en infrastructures et en ressources humaines.
La première étape de la réforme hospitalière a été franchie avec l’adoption, par l’Assemblée nationale, le 12 février 1998, de deux lois. L’une relative à la création, à l’organisation et au fonctionnement des établissements de santé et l’autre portant réforme hospitalière.
Cette réforme vise à améliorer les performances des hôpitaux et des structures spécialisées et a retenu, dans ce cadre, d’assainir la gestion des établissements hospitaliers et de garantir leur viabilité financière à long terme. Les hôpitaux sont tenus d’élaborer un projet d’établissement qui définit les objectifs généraux en matière de soins infirmiers, d’enseignement, de recherche, de formation, de politique sociale, de gestion administrative et financière et de système d’information. Le financement des projets d’établissement devait intervenir, dès l’an 2000, après leur validation, les fonds nécessaires étant prévus dans le cadre du PDIS.
Six hôpitaux sont déjà érigés en Établissements publics hospitaliers de santé (A. Le Dantec, Fann, Albert Royer, Grand-Yoff, Saint-Louis et Kaolack) et leurs conseils d’administration ont été constitués.
Au lendemain de la dévaluation, des efforts importants ont été accomplis pour rendre accessibles les médicaments. Le Gouvernement a mis en oeuvre, pendant trois années, une subvention au profit des médicaments vendus dans les officines privées. Parallèlement, il a engagé une politique de développement des génériques et des médicaments en conditionnement hospitalier, dans le respect de la sécurité des malades.
En fin 1994, un appel d’offres a été lancé pour l’approvisionnement du pays en génériques, pour toute la liste des médicaments dits essentiels dressée par l’OMS.
La mise en oeuvre de ces mesures a permis la disponibilité sur le marché de 400 médicaments essentiels génériques. Enfin, le laboratoire de la Direction de la Pharmacie a été équipé pour mieux contrôler les médicaments importés.
Par ailleurs, des mesures réglementaires ont été prises pour accroître l’accessibilité géographique des médicaments, aussi bien en zone urbaine que rurale. Le nombre de 294 officines de pharmacie créées, depuis janvier 1994, témoigne de l’importance des avancées dans ce domaine.
Le PNDS a introduit une nouvelle vision intégrée du financement du secteur de la santé. Le Gouvernement s’est résolument engagé dans le financement du secteur par l’augmentation continue de la part de la santé dans le budget de l’État : de 5,3 % en 1993 (11,9 milliards de FCFA en valeur absolue), cette part a été portée à 7,7% en 2000 (27,1 milliards en 2000), avec l’objectif d’atteindre en 2002 le taux de 9% fixé par l’OMS. Ainsi, entre 1993 et 2000, le budget de la santé a plus que doublé en valeur absolue.
Avec l’achèvement des réalisations en cours à Fatick et Kolda, toutes les régions seront normalement dotées d’un hôpital régional à la fin de l’an 2000. Parallèlement, la construction d’un deuxième hôpital à Ziguinchor est assez avancée. Au total, dix huit hôpitaux seront en service en 2001. Les travaux de rénovation des laboratoires de biochimie et de biologie de l’Hôpital A. Le Dantec ont démarré. II en est de même des services de chirurgie cardiaque et de neurochirurgie à l’Hôpital de Fann. La construction de l’Hôpital de Pikine devait démarrer avant la fin de l’an 2000. La rénovation de l’Hôpital de Louga était prévue en 2000, après celle déjà réalisée des hôpitaux de Kaolack et Thiès.
Pour les centres de santé, l’objectif est d’en doter chaque district sanitaire. 69 centres de santé publics sont ouverts et, si on y ajoute ceux du privé, le nombre de centres de santé est de 112. Entre 1993 et 2000, dix-neuf (19) nouveaux centres de santé auront été construits.
Le PDIS avait prévu la construction de quatre (4) nouveaux centres de santé. Celui de Saint-Louis est déjà réalisé et il restait ceux de Darou Khoudoss, Thionck Essyl et Samine, prévus pour l’an 2000.
Sur les 20 centres de santé dont la réhabilitation est prévue dans le cadre du PDIS, huit sont des reconstructions. Le Centre de santé de Sédhiou est déjà reconstruit et les travaux ont commencé pour celui de Linguère, tandis que ceux de Gossas, Sokone, Nioro, Kaffrine, Vélingara et Foundiougne sont prévus pour 2000.
Parmi les 12 autres à réhabiliter, la réalisation des travaux nécessaires était programmée en 2000 pour le centre de santé de Thiès et en 2001 pour les autres (Mbao, Guédiawaye, K.oungheul, Kolda, Kébémer, Matam, Richard Toli, Podor, Bakel, Goudiry et Kédougou).
S’agissant des postes de santé, 356 nouveaux ont été construits entre 1993 et 2000. Sur les 245 postes de santé dont la construction était programmée d’ici 2002, (dont 40 à Dakar, 28 à Diourbel, 7 à Fatick, 7 à Louga, 48 à Kaolack, 27 à Kolda, ii à Saint Louis, 30 à Tambacounda, 42 à Thiès et 5 à Ziguinchor), 39 sont déjà construits en 1998 et 1999. Sur les 166 postes de santé à rénover (dont 38 à Tambacounda, 25 à Diourbel, 20 à Kolda, 19 à Saint Louis, 18 à Kaolack, 16 à Fatick, 14 à Louga, 11 à Ziguinchor et 5 à Thiès), 109 l’ont déjà été ou sont en train de l’être.
En outre, le dossier pour la construction de postes de santé dans les régions de Diourbel et Kolda sur financement du Fonds local de développement canado- sénégalais était en cours de finalisation.
Il s’agit de construire, dans la région de Diourbel, quatre (4) postes de santé (dans les districts de Mbacké, Bambey, Diourhel et Touba) et, dans la région de Kolda, cinq (5) postes de santé (dans les districts de Kolda, Vélingara et Sédhiou).
En sus de ces ressources concentrées dans les zones rurales, un programme additionnel de postes de santé, essentiellement urbains, a été arrêté pour la construction, en 2001 et 2002, de 65 postes de santé dans les régions de Dakar, Thiès, Kaolack et Tambacounda.
La construction des 10 secteurs des grandes endémies est en cours, sauf pour Kolda et Saint-Louis. Les études ont démarré pour laconstruction du siège du Ministère de la Santé sur le site de Fann.
Concernant les ressources humaines, un effort important a été effectué pour combler le déficit en personnel, évalué à environ 2000 agents en 1996. Entre 1997 et 1999, 541 agents ont été recrutés. Bien entendu, tous les besoins en recrutement et en formation des personnels sanitaires sont loin d’être satisfaits. Conscient de cela, l’État a pris l’engagement de recruter un minimum de 250 agents par an, pendant la durée du programme, sans préjudice du remplacement des départs accidentels d’effectifs. Cet effort de l’Etat doit être complété par les collectivités locales, les comités de santé et les conseils d’administration des hôpitaux.
Le Programme national d’éradication du ver de Guinée a permis de faire passer le nombre de cas de 1341 en 1991 à zéro cas en 1998, et de faire ainsi inscrire le Sénégal sur la liste des pays ayant contribué à l’éradication de cette maladie sur le Continent africain.
La lutte contre l’onchocercose, inscrite dans le cadre d’un programme regroupant onze (11) pays de la sous-région, a permis d’enregistrer un taux de prévalence actuel de 2,5%, niveau faible qui élimine tout risque de cécité.
La lutte contre le SIDA a mis en exergue les succès de l’approche sénégalaise cités en référence dans le monde. Le Programme national de lutte contre le SIDA a introduit le traitement par des antirétroviraux, à des coûts réduits, grâce à une subvention de l’État inscrite à compter du budget 1999 et appelée à croître dans les limites permises par l’équilibre général des dotations affectées à la lutte contre les autres maladies. La lutte contre la malnutrition des enfants et des femmes allaitantes, ainsi que la santé de la reproduction, ont enregistré aussi des résultats satisfaisants, notamment sous l’égide du Programme de nutrition communautaire qui a permis de toucher 20% des enfants de moins de trois (3) ans (soit près de 200000) et 37% des femmes enceintes, allaitantes et de mères d’enfants (soit plus de 25000).
Grâce à l’ensemble des politiques et actions menées, les indicateurs de santé ont connu une constante amélioration en particulier, l’espérance de vie à la naissance est passée, entre 1993 et 1997, de 50 à 52 ans.
En conclusion, on peut noter que, nonobstant un croît démographique élevé (17% environ entre 1993 et 2000), le Sénégal satisfait relativement aux normes mondiales avec la réduction du nombre d’habitants
- par médecin de 11068 en 1993 à 10185 habitants en 1999;
- par poste de santé, de 8600 à 7500;
- par centre de santé, de 84290 à 84190,
Au demeurant, les performances enregistrées dans le domaine de la santé ont été positivement saluées et appréciées par la communauté internationale. Elles ont valu au Sénégal de se hisser à la 59eme place mondiale et à la 4eme place africaine derrière la Tunisie, le Maroc et les Seychelles. En outre, notre pays dispose d’une marge notable de progrès d’ici la fin du PDIS.
B. Éducation et Formation : des progrès amples et rassurants
Recul inquiétant - Vigoureuse reprise en main - Des progrès amples et rassurants.
Si le capital humain est, comme il a été dit plus haut, un facteur-clé de succès, le développement de l’éducation et de la formation, à n’en pas douter, constitue un paramètre déterminant des performances économiques et sociales de demain. Depuis son indépendance, notre pays a connu une évolution erratique de ses résultats en matière de scolarisation, de formation professionnelle, d’enseignement supérieur et d’alphabétisation.
Globalement, en dépit de la constance des moyens respectables affectés en permanence au secteur malgré la crise, les pesanteurs, rigidités et distorsions persistantes n’ont permis d’obtenir que des résultats moyens qui sont ensuite devenus médiocres jusqu’en 1993. Dans le détail, la scolarisation des enfants enregistre d’abord une stagnation puis un recul jusqu’à un taux brut de 54 % en 1993. La formation professionnelle et l’enseignement technique restent, tout au long de cette période, les parents pauvres du secteur en termes d’allocation et, par conséquent, d’effectifs. L’enseignement supérieur absorbe une grande part du budget du secteur sans afficher des résultats éloquents dans les dernières années. L’alphabétisation des adultes ne décolle pas et reste même figée au niveau très faible de 26,9 % ; enfin, l’hégémonie des frais de personnel interdit toute amélioration notable des allocations de matériel et d’équipement.
A partir de 1993, s’ouvre une période de reprise en main lucide et vigoureuse pendant que s’estompe la courbe du désespoir et que se dessine une nouvelle trajectoire qui consacre un redressement puis une envolée ferme et forte des principaux indicateurs.
Dès lors, sous l’égide du PDRH2 et d’autres initiatives hardies prises par les autorités, sur les volets du recrutement et des constructions scolaires, le taux de scolarisation atteint des progressions annuelles voisines de 3 points en moyenne. L’enseignement technique et la formation professionnelle font l’objet d’une étude diagnostique lucide et pertinente qui ouvre la voie à des programmes d’inversion de tendances, concomitamment à l’amélioration des dotations budgétaires et à la création de nouveaux établissements dans les zones périphériques.
Le taux d’alphabétisation des adultes progresse encore plus fortement, en augmentant de 5% en moyenne annuelle grâce à des programmes spécifiques (PAPA et PAPF) mis en oeuvre avec l’appui de la Banque mondiale et du Canada.
Enfin, l’enseignement supérieur réalise un ajustement et une restructuration de ses activités et opérations avant de retomber dans le cycle de résistances, de différés, puis de remise en cause des réformes de fond pourtant arrêtées consensuellement dans le cadre du Programme d’amélioration de l’enseignement supérieur (PAES).
Compte tenu de l’importance qu’il accorde au développement des ressources humaines, le Gouvernement a fait passer le budget de l’Éducation nationale de 27% du budget de fonctionnement de l’État en 1993, à 34% en 1999.
Malgré une conjonction de facteurs peu favorables liés à la crise financière puis à la dévaluation du franc CFA, le secteur de l’Education fait des progrès immenses, tant en quantité qu’en qualité.
Le Gouvernement a pu mettre en oeuvre le Projet des Volontaires de l’Éducation qui permet d’injecter, dans le système éducatif, 1200 volontaires par an et d’atténuer les disparités régionales dans l’utilisation du personnel enseignant. Ainsi, 12632 enseignants - maîtres et volontaires - ont été recrutés dans l’enseignement élémentaire pendant que les manuels de l’INEADE sont passés de 2 à 31. Un statut du contractuel a été défini et consacré sur le plan réglementaire.
Par ailleurs, un ambitieux programme de construction de salles de classe a été exécuté grâce à l’augmentation sensible des crédits du budget d’équipement ; cela a permis de construire en moins de sept ans, l’équivalent des trois quarts du parc de salles de classe existant en 1993, soit 7621 salles de classe nouvelles, dont 2020 en 1998 et 1999 sur fonds propres de État. En 2000, la construction d’un millier de salles de classe additionnelles était budgétisée sur un financement de l’État. Le succès de cette politique se lit dans l’augmentation sensible du taux brut de scolarisation (TBS) qui est estimé à 69% pour 1999-2000 alors qu’il n’était que de 54,3% en 1993-94 et de 57% en 1996-97. Dans le même temps, la scolarisation et le maintien des filles à l’école s’effectuent dans une proportion très satisfaisante le pourcentage de 45,2% des effectifs de l’enseignement élémentaire en 1993, ne cesse de progresser.
Si la tendance ainsi décrite se poursuit, le TBS dépassera 80% en 2003-2004 de sorte que la scolarisation universelle sera effective au plus tard en l’an 2008.
Le taux d’analphabétisme de 48,9%, à fin 1999, est très révélateur des efforts réalisés quand on sait qu’il était de 73% en 1983. Environ 12 milliards de F.CFA ont été investis, entre 1995 et 2000, dans le sous-secteur de l’alphabétisation auquel il est assigné l’objectif d’alphabétiser, chaque année, 120000 auditeurs au moins.
Or, entre 1993 et 1999, le nombre annuel d’auditeurs a plus que quadruplé en passant de 44800 à 184900, sous l’effet de plusieurs projets et programmes. Plus de 6000 moniteurs d’alphabétisation ont été recrutés dans ce cadre.
Les dernières statistiques révèlent qu’entre 1993 et 1998, plus de 723991 personnes ont été alphabétisées de manière fonctionnelle avec une dominante femme (73,5%). Pour l’Enseignement moyen et secondaire général, 14 nouveaux lycées ont été construits. Cela a permis d’avoir 41 lycées publics dans l’ensemble du pays et aussi de doter chaque département d’au moins un lycée public.
De plus, 43 nouveaux CEM publics ont été inaugurés, portant leur nombre total à 170. N’eût été le problème d’insuffisance d’effectifs à scolariser à certains endroits et le changement de statut de quelques localités, le Gouvernement aurait pu atteindre, dès 1999, son objectif d’ériger un collège d’enseignement moyen dans chaque arrondissement. Les recrutements d’enseignants dans le cycle moyen et secondaire ont représenté 4958 professeurs et vacataires, tandis que l’effectif des inspecteurs a augmenté de 110 éléments dans la période.
Enfin, l’introduction de l’informatique et de l’Internet, dans les lycées, collèges et écoles primaires, est en cours d’extension après le succès enregistré lors de la phase-pilote
Pour l’Enseignement technique et la Formation professionnelle dont les infrastructures et les équipements sont les plus chers de tout le système éducatif, la préoccupation dominante a Consisté à développer des filières porteuses, en partenariat avec le secteur privé. Un lycée technique agricole a été créé à Bignona et un lycée minier à Kédougou pour favoriser l’exploitation des potentialités locales de chaque région.
C’est cette même politique qui inspire la création progressive d’un Centre universitaire régional (C.U.R.) dans chaque région. Entre 2000 et 2008, il est prévu la construction de cinq (5) C.U.R. pour désengorger les universités et pour équilibrer, ipso facto, la carte universitaire du Sénégal.
Ainsi, chaque région pourra former, en deux (2) ans, des bacheliers, dans une filière professionnalisante (D.E.U.T.) conforme aux potentialités locales. Les premières expériences-pilotes concernent les centres universitaires régionaux de Bambey et Ziguinchor.
Le Programme d’amélioration de l’enseignement supérieur (PAES) a permis d’esquisser une vision cohérente et de mobiliser des ressources importantes pour les investissements dans le secteur. Il a été ainsi possible de construire de nouveaux pavillons et d’en rénover d’autres ; de réaliser l’extension, la réhabilitation et l’équipement de la bibliothèque de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar et d’appuyer la Bibliothèque de l’Université de Saint-Louis. Dans le même temps, le personnel de l’Université a pu bénéficier d’une formation de pointe et le statut du personnel administratif et technique des universités a été consacré, avec des avantages sociaux additionnels.
De plus, 22 nouveaux instituts supérieurs et universités privés ont été créés, offrant des opportunités supplémentaires d'inscription aux étudiants potentiels. Aujourd’hui, l’Enseignement supérieur privé connaît un développement fulgurant (avec un total de 40 établissements d’enseignement supérieur autorisés dont certains reconnus). C’est dire qu’il offre une option crédible à côté de l’université publique. Ces établissements accueillent de plus en plus d’étudiants venant de pays étrangers.
Au total donc, tout le système éducatif a connu des changements positifs crédibles. Ces derniers ont aidé le Gouvernement à préparer et à conclure, avant le 1 AVRIL 2000, un important programme sectoriel décennal appelé PDEF (Programme décennal de l’éducation et de la formation) dont notre pays a été l’un des tout premiers à se doter. Le PDEF est le cadre de référence et de pilotage de la gestion et de l’administration du système éducatif dans les dix (10) prochaines années. Il doit permettre raisonnablement à notre pays, avant la fin de la présente décennie, d’offrir à chaque jeune Sénégalais la possibilité d’aller à l’école et, en fin de compte, d’effectuer un minimum de 10 années scolaires.
C. Culture une éclosion de nouveaux sous-secteurs porteurs - Une importance historique
Des mutations difficiles - Une approche adaptée - Des perspectives intéressantes - De nouveaux arts-vedettes - Un rang qui se maintient
Partie intégrante de l’identité et de l’image du Sénégal, la culture a très tôt bénéficié du soutien agissant de l’État. D’abord, avec le Président, Senghor puis, dans un style rénové, avec le Président Abdou Diouf.
Ainsi, si l’on met l’accent sur la politique culturelle pendant la dernière décennie, en particulier durant le septennat 1993- 2000, on remarquera :
- qu’elle s’est appuyée sur une vision claire
- qu’elle a ciblé des objectifs stratégiques pertinents qui empruntent des axes principaux déclinés à leur tour dans une Lettre de politique de développement
- qu’elle a atteint des résultats encourageants qui ont commencé à produire leurs effets, en attendant le meilleur pour demain.
Les objectifs stratégiques de la politique culturelle seront articulés en plan d’activités d’une Lettre de politique de développement du secteur, ce qui est une première en Afrique.
- . sur le plan du calendrier culturel : organisation régulière de la Panafricaine des arts plastiques contemporains, plus communément appelée Biennale de Dakar, qui figure, à présent, parmi les rendez-vous culturels majeurs en Afrique et dans le monde; sur un plan plus ponctuel, programmation (1 janvier 2000 - 31 décembre 2000) et début de réalisation fidèle jusqu’au 1er avril des manifestations préparatoires du nouveau millénaire
- . sur le plan de l’action internationale participation active au réseau international de 38 pays sur les politiques culturelles créé à l’initiative du Canada pour réfléchir sur la diversité culturelle dans un contexte de mondialisation
- . sur le plan des structures
- création d’un village des Arts longtemps réclamé par les artistes - création et équipement de centres culturels régionaux polyvalents à Dakar, Diourbel et Kaolack dotés d’unités de tournage audio-visuelles, de bancs de montage et de matériels de projection et de sonorisation
- création en cours, en 2000, des centres de Kolda et Tambacounda et programmée pour ceux de Ziguinchor et Louga, en 2001, Saint-Louis, Thiés et Fatick, en 2002;
- réaffectation de l’ex-Musée dynamique qui abrite provisoirement la Cour de cassation ,
- affectation de la Résidence de Médina, ex-Palais national, rééquipée pour servir de Maison de la Culture
- rénovation complète du Théâtre national Daniel Sorano;
- équipement de l’orchestre national du Sénégal;
- fusion des écoles de formation dans les métiers de la culture avec une mise en cohérence pédagogique e administrative déjà réalisée, la mise en cohérence géographique étant en instance de réalisation ;
- obtention et mobilisation du financement pour la création d’une Bibliothèque nationale dont le site est réservé et le projet architectural retenu après appel d’offres;
- sur le plan des œuvres majeures
- réalisation de la réplique du Mémorial de Gorée, sur le Castel de l’île et recherche de financement en cours, sous l’égide de l’UNESCO, pour l’original, appelé à figurer parmi les merveilles du monde
- définition des prototypes pour le mobilier national, après une sélection opérée parmi les designers ayant soumissionné à un appel d’offres relancé;
- réalisation des logotypes des ministères, après un appel d’offres national.
Du point de vue du financement du secteur, plusieurs projets et programmes ont été lancés, en dehors du Fonds d’aide à la Culture régulièrement budgétisé. Ce sont :
- Le Programme de soutien aux initiatives culturelles (PSIC)
Mis en place avec le soutien de l’Union européenne, en 1995, le PSIC s’est révélé un précieux instrument d’appui au développement culturel à la base, au point que l’expérience a servi, par la suite, pour d’autres pays africains.
- Le Programme de soutien à l’action culturelle (PSAC)
Réceptacle de l’ensemble des projets inscrits au titre du programme indicatif national du 8’ FED dans le secteur de la culture, le PSAC bénéficie d’une enveloppe globale de 1,248 milliard de F.CFA répartie sur trois ans et financée par l’Union européenne.
- Le Projet d’appui au développement culturel (PADC)
Financé par la France avec une enveloppe de 600 millions F.CFA étalée sur trois ans, ce projet de développement culturel comprend trois volets d’appui relatifs, respectivement, à la formation des professionnels des métiers de la culture, au renforcement des capacités opérationnelles des intervenants du secteur et à la politique d’aide aux créateurs.
- Le Projet «Réalités virtuelles»
C’est là un projet novateur financé à hauteur des deux tiers par le Canada et l’Agence intergouvernementale de la Francophonie. Il permet, à partir de la Galerie nationale, de mettre en ligne, sur Internet, les musées et les créations artistiques du Sénégal. LE SÉNÉGAL AU 1 AVRIL 2000
A tous ces programmes et projets, le Gouvernement ne pouvait manquer d’ajouter un programme sectoriel après que ses initiatives furent couronnées de succès en direction de la Banque mondiale qui inaugurait là ses tout premiers financements en faveur de la culture, à la suite du brillant plaidoyer fait par le Président Abdou DIOUF en faveur de ce secteur, à la rencontre de Dakar de juin 1998 entre le Président de la Banque mondiale et des chefs d’État africains.
Ainsi est amorcé le PRODEC (Programme de développement de la culture) dont il sera fait état par ailleurs.
D. Jeunesse : responsabilisation Sport pluridisciplinarité et pratique de masse
L’État du Sénégal, depuis l’indépendance, a choisi le pari d’une jeunesse responsable, parce qu’éclairée et responsabilisée, qui développe sa personnalité et effectue ses choix d’idéal de société, en toute liberté.
C’est ainsi, qu’après plusieurs essais, il a relevé le défi de la mise sur pied d’un Conseil national de la jeunesse fonctionnant sur des bases non politiques et se déterminant, en toute autonomie, par rapport aux enjeux et aux défis de son temps. La création du Service civique national et du Corps des volontaires d’appui à la gestion urbaine obéit à la même philosophie qui appelle au réarmement moral et à la mobilisation citoyenne autour des tâches primordiales de développement.
Quant au sport, son essence est de développer chez les pratiquants, chez les jeunes notamment, le culte de l’effort et de la performance jusque dans la vie en famille et en Société. L’éducation physique et sportive aide les sujets jeunes et adultes à se hisser à ce niveau d’exigence.
L’Etat s’est attelé à la revitalisation du mouvement associatif sous l’égide du CNOSS (Comité national olympique du sport sénégalais), à la réhabilitation du sport scolaire et universitaire (UASSU) qui a beaucoup régressé, à la relance des sports de haute compétition, à la rationalisation, sur une base concertée, de notre participation aux compétitions africaines et mondiales.
De 1993 à 2000, en matière d’équipement et d’infrastructures sportives, l’objectif poursuivi par le Gouvernement s’inscrivait toujours dans l’orientation qui vise : à doter chacune des capitales régionales d’un stade gazonné et éclairé, en commençant par la réhabilitation des stades Lamine GUEYE, Léopold Sédar SENGHOR et Demba DIOP, pour près de 600 millions de F.CFA à construire un stade avec une tribune, une aire de jeu et une piste d’athlétisme, pour chaque département ; à mettre en place, dans chaque arrondissement, un terrain avec des plateaux par discipline.
Au moment de la relève, il existe 15 stades dans les différentes régions du pays et près de 80 plateaux multifonctionnels de basket-ball, hand-ball, volley-ball financés, en 1997, par le budget national, pour près de 1 milliard de F.CFA.
Sur le plan national, la réalisation des grands chantiers du chef de l’État a donné naissance à la piscine olympique dont les travaux sont en voie d’achèvement.
Pour ce qui concerne l’hippodrome et l’arène de lutte traditionnelle, les dossiers d’appels d’offres sont déjà préparés et les financements mobilisés.
A coté de ces actions générales, deux plans de relance du football et de l’athlétisme ont été mis en œuvre sur financement de l’État et autour des axes suivants :
- création de 5 centres départementaux et régionaux de perfectionnement,’
- réfection et redémarrage du Collège des Espoirs
- formation d’entraîneurs et nomination d’instructeurs
- organisation de championnats multi et pluri-catégoriels et de championnats scolaires et universitaires ;
- appui à l’élite participant aux compétitions internationales. A l’égard de la jeunesse, à coté des actions récurrentes de promotion de l’éducation sexuelle des adolescents, le Gouvernement a initié, en direction des A.S.C. (Associations sportives et culturelles), un programme de financement de projets pilotés de concert avec l’ODCAV.
De même, il a été développé et évalué positivement un programme- test de formation aux métiers du sport avec l’aide de la France, en commençant par la fabrication de ballons par des milliers de jeunes formés. Programmé pour être élargi à une vaste échelle, à partir des A.S.C, ce projet, de même que celui de fabrication de filets de sport, peut nous permettre de disposer d’une masse critique d’ouvriers du sport aptes à susciter la délocalisation d’industries du sport. Des contacts ont été pris dans ce sens et doivent être poursuivis.
TRAVAIL des acquis sociaux indéniables, un standard élevé - EMPLOI après la crise, une reprise amorcée - PROTECTION SOCIALE: des institutions redressées, une réflexion stratégique sur les réformes
L’État n’est pas resté les bras croisés ; il a initié plusieurs types d’expériences organiques (Délégation à l’Insertion, à la Réinsertion et à l’Emploi, Commissariat à l’Emploi, Délégation à l’Emploi, Ministère chargé de l’Emploi) et fonctionnelles (GOPEC, Opérations Maîtrisards, Fonds pour l’insertion et la réinsertion des rapatriés de Mauritanie, Départs volontaires, etc.). Malgré les difficultés, il y a eu quelques succès, même s’ils n’ont pas toujours été à la mesure des défis à relever, faute de pérennité.
Dans le domaine du travail et de la sécurité sociale, les réformes majeures sont définies et mises en oeuvre, au cours de ces dernières années, dans le souci de préserver les acquis sociaux mais aussi de promouvoir l’emploi tout en régissant le travail. Les plus importantes ont ainsi permis l’élaboration de nouvelles conventions collectives. Hôtellerie, bâtiment et travaux publics, enseignement privé, journalistes et techniciens assimilés. La ratification de la convention n° 141 relative à l’organisation des travailleurs ruraux :
- la conclusion de conventions bilatérales de sécurité sociale avec des pays amis
- la ratification de la convention n° 138 de l’OIT sur l’âge minimum d’admission à l’emploi;
- la ratification de la convention n° 182 sur les pires formes de travail des enfants;
- la définition et la mise en oeuvre d’un programme national de lutte contre les pires formes du travail des enfants
- la réalisation et la publication de l’enquête de représentativité des syndicats ;
- l’extension de la protection sociale au secteur informel . l’élaboration d’une politique nationale d’amélioration du milieu et des conditions de travail;
- l’autonomisation des institutions de prévoyance sociale désormais gérées par les partenaires sociaux avec l’assistance de 1 ’Etat
- l’élaboration et l’adoption d’un nouveau code du travail dont les principales innovations portent sur : l’affirmation du droit du travail ; l’instauration d’un dialogue social dans les entreprises ; la refonte de certaines procédures et leur allégement ; la suppression de toute protection spécifique aux expatriés; l’institution d’une indemnité pour non respect des formes du licenciement; l’institution légale du chômage technique ; l’institution de la mise en disponibilité ; la restauration de l’apprentissage et l’instauration légale de la formation professionnelle , l’accroissement des pouvoirs des partenaires sociaux en matière de salaires ; l’amélioration de la condition de la femme salariée en couches ; l’élargissement du domaine des accords collectifs , la flexibilité de la durée du travail , l’accroissement des compétences des délégués du personnel ; l’institution d’un bilan social ; l’instauration des dispositions pour protéger les travailleurs employés par les entreprises de travail temporaire ; la création d’un référé au niveau du Tribunal du Travail ; le renforcement des pénalités.
L’Agence nationale de l’Emploi, bras séculier de la Direction de l’Emploi, est chargée d’exécuter les programmes arrêtés, en s’appuyant sur des antennes régionales qui doivent être opérationnelles. Mise en place d’une Cellule interministérielle. La mise en place d’une Cellule HIMO (Haute Intensité de Main d’oeuvre) interministérielle a pour objectif d’aider à l’intensification des effets de l’emploi dans les différentes politiques macro-économiques et sectorielles. Il est attendu de cette cellule des résultats à moyen terme, importants pour la stimulation de l’emploi dans les politiques et programmes publics, en inversion de la démarche classique décrite plus haut.
Mise en place d’un Centre national de Production et de Productivité (CNPP) Les travaux relatifs à ce projet se poursuivent au sein du Comité technique tripartite.
La politique nationale de l’emploi a été définie et concrétisée, en 1998, par une Lettre de politique sectorielle qui vise les objectifs que sont :
- la réduction de la pression du chômage en milieu urbain,
- le développement de l’emploi local et le ralentissement de l’exode rural
- l’amélioration du taux d’emploi d’une main-d’œuvre en constante augmentation
- l’amélioration de la qualité de l’emploi.
Le Plan d’action pour l’emploi est articulé autour des cinq axes programmatiques suivants, sur la base des orientations stratégiques et des objectifs spécifiques de la PNE :
- un programme horizontal regroupant l’ensemble des actions multisectorielles pour la promotion de l’emploi
- un programme d’emploi du secteur moderne;
- un programme de promotion de l’emploi dans le secteur rural et le secteur informel urbain et péri-urbain
- un programme de promotion de l’emploi pour les groupes cibles ;
- un programme de renforcement des capacités de gestion publique de l’emploi.
Le Projet «Place aux jeunes» renferme les composantes suivantes, déjà identifiées :
- Composante 1 : Appui aux initiatives locales des organisations du mouvement associatif pour l’emploi des jeunes (Projet-test ASC)
Le projet a pour objectif la création de 3000 GIE de jeunes adossés à des ASC. Doté d’un budget global d’un milliard de F.CFA, sur deux ans, il est inscrit au PTIP 1999-2001. Une enquête a été réalisée pour détecter les activités porteuses des ASC. Il est retenu que 80 % des projets d’insertion seront en milieu rural.
- Composante 2 : Appui à l’insertion et à la réinsertion socioprofessionnelles des jeunes libérés du service militaire.
L’étude du projet a été menée par la Direction de l’Emploi, en relation avec l’État Major Général des Armées, notamment la Division Recrutement/Mobilisation et les services centraux du Ministère des Forces armées. Le coût global de ce projet est chiffré à 2,250 milliards de F.CFA destinés à la création de près de 250 petites entreprises d’un coût moyen de 10 millions de F.CFA, par projet. Sa durée est de deux ans.
- Composante 3 : Appui à l’insertion des jeunes apprentis.
Elle vise l’insertion de 5000 jeunes apprentis, la première année et de 7000 la deuxième année, aussi bien en milieu urbain qu’en zone rurale. Elle privilégiera les créneaux porteurs tels que la menuiserie bois et métallique, la confection, la cordonnerie et la transformation.
Une première application a été lancée avec le Rotary par la sélection de 3000 jeunes qui, à la fin de leur cycle, seront dotés gratuitement d’une trousse à outils.
- Composante 4 : Stages en entreprises et stages de pré-insertion dans le secteur public
L’objectif visé est de placer 2000 postes de stages en entreprise la première année et, par la suite, 5000 postes de stages de pré-insertion dans le secteur public de la santé, de l’éducation, des collectivités locales, de l’environnement, etc.
- Composante 5 : Formation et insertion des Diplômés des Instituts et Universités arabes
Ce projet destiné à réduire, voire éliminer le chômage des diplômés des Instituts et Universités arabes, en les préparant à un emploi salarié ou non salarié, vient d’entrer dans sa phase active ; il comporte une phase pilote et une phase-programme.
E - Développement social: de l’assistance à la promotion des droits
LUTTE CONTRE LA PAUVRETÉ : d’une approche ponctuelle à une stratégie multisectorielle - FEMMES : Un renforcement des capacités qui commence à porter ses fruits - ENFANTS: priorité à l’enfance en danger - HANDICAPES: assistance et insertion
Lutte contre la pauvreté
Sous l’égide du PNUD, un Programme élargi de lutte contre la pauvreté a été lancé en prenant appui sur une étude du profil de la pauvreté destinée à identifier aussi bien les origines et les causes que les manifestations et les poches de localisation les plus criardes. Ainsi, sur la base d’un instrument nouveau, le Fonds de développement local, conçu avec une large participation des populations, les départements classés les plus pauvres (Kédougou, Bambey, etc.) reçoivent des financements destinés à faire reculer la pauvreté, selon les propres priorités des populations locales.
La Femme
Entre 1993 et 1999 :
- le taux de scolarisation des jeunes filles est passé de 45,9% à 58,1% et le pourcentage de filles dans les effectif de l’élémentaire ne cesse de progresser;
- près de 8000 femmes adultes des groupements de promotion féminine ont été alphabétisées;
- l’indice de fécondité est passé de 6 enfants par femme en 1993 à 5,7 dès 1997; la mortalité maternelle a baissé à 510 femmes sur 100000 naissances, taux jugé encore insupportable.
L’équipement des communautés urbaines et rurales, destiné à réduire, voire à éliminer la pénibilité du travail ménager, a connu des avancées unanimement constatées en termes de forages, de puits, de pompes manuelles et électriques, de moulins à mil, de moteurs hors-bord de pêche et de claies de séchage, de garderies d’enfants, d’unités de transformation de fruits et légumes, de boutiques villageoises, de latrines et de cases-foyers.
En matière de promotion économique directe, les résultats ne se sont pas fait attendre avec des progrès enregistrés dans maints domaines: très grand dynamisme associatif (6000 associations de promotion féminine regroupant 1050000 membres) développement rapide du micro-crédit et succès prometteur du mouvement de mutualisation.
Ces dernières années, particulièrement entre 1999 et 2000, l’État a consenti des efforts importants de dotations de près d’un milliard de francs CFA sur le budget national d’équipement en faveur du micro-crédit et de l’investissement en matériel ménager et sur le budget de fonctionnement en faveur du Fonds d’action pour la femme, revu en hausse.
Parallèlement, deux fonds, le Projet d’appui aux groupements féminins financé par la B.A.D et le volet promotion du statut de la femme inclus dans le PDRH1 financé par la Banque mondiale, ont fonctionné dans les 10 régions, à raison de cinq par fonds, pour l’octroi de concours aux femmes. Aujourd’hui arrivés à terme, ces mécanismes seront reconduits et amplifiés dans le cadre des programmes sectoriels dédiés à la lutte contre la pauvreté.
En matière de promotion politique et de renforcement du leadership des femmes et par comparaison à la situation de la première décennie de l’indépendance, on peut noter que, dans les cercles de décisions politiques, les femmes ont sensiblement accru leur poids au 31 mars 2000 avec 5 femmes ministres à des postes cruciaux sur 31(15,6%), 19 députés sur 140 (14%), 12 sénateurs sur 60 (1817c), 4 femmes maires d’arrondissement sur 43 (10%), 2 femmes maires de ville sur 60 (3,3%), 158 conseillères municipales sur 2442 (6,6%) et 1043 conseillères rurales sur 9052 (11,52%).
L’Enfance
Concernant les enfants, la mise en place du dispositif juridique de protection a déjà été évoquée dans la première partie de ce rapport. Au titre des actions majeures du septennat, beaucoup parmi celles qui ont été réalisées en faveur des femmes ont eu un impact réel sur les enfants. Nonobstant cet aspect, des actions spécifiques ont été conduites, notamment en direction des enfants en danger. Ainsi, 36000 enfants ont été encadrés et assistés dont 30000 talibés, 2500 domestiques, 2000 apprentis et 1500 enfants de la rue. Parallèlement, une réflexion a été engagée pour articuler l’école coranique avec le système d’enseignement classique en commençant les futures expériences-pilotes par les régions de Diourbel et de Kaolack.
Les Handicapés
L’approche traditionnelle d’assistance a été poursuivie et intensifiée avec des financements du budget de fonctionnement de l’État, ouverts en 1999 et 2000. Mais, durant les dernières années, l’accent a été mis sur la promotion et l’insertion économiques à travers le financement spécifique de projets par le budget national d’investissement et par le volet social du Programme de développement intégré de la santé (PDIS) pour 395 millions de FCFA, au cours de la période 1998-2000. La priorité est donc, à présent, d’organiser l’insertion des handicapés dans la vie économique et sociale, par une jonction des efforts de l’État, des collectivités locales, du patronat et des syndicats de travailleurs.
A suivre - A venir ... II. DES SECTEURS PRODUCTIFS RELANCÉS
Source : "Le Sénégal au 1er avril 2000" (Rapport de Mamadou Lamine Loum sur l'état du pays au moment de l'alternance)
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